Macron propose de travailler plus pour payer moins d’impôts
Emmanuel Macron a proposé jeudi de réduire "significativement" l'impôt sur le revenu pour répondre à "l'injustice fiscale"...

Macron propose de travailler plus pour payer moins d’impôts

Emmanuel Macron a proposé jeudi de réduire "significativement" l'impôt sur le revenu pour répondre à "l'injustice fiscale"...
Public Sénat

Par Antonio RODRIGUEZ

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Emmanuel Macron a proposé jeudi de réduire "significativement" l'impôt sur le revenu pour répondre à "l'injustice fiscale" dénoncée lors du grand débat, mais en appelant les Français à travailler plus pour financer cette baisse, tout en justifiant sa suppression de l'ISF.

"Je ne veux pas de hausse d'impôts et je veux des baisses pour ceux qui travaillent en réduisant significativement l'impôt sur le revenu", a-t-il affirmé lors de sa conférence de presse organisée à l'issue du grand débat national pour répondre à la crise des "gilets jaunes".

Le président de la République était attendu sur la question de la baisse de l'impôt sur le revenu, jugée prioritaire par 18,8% des participants au grand débat et adoubée par plusieurs ministres, dont celui des Finances Bruno Le Maire.

"J'ai demandé au gouvernement de mettre en oeuvre cette baisse d'impôt en la finançant par la suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises, la nécessité de travailler davantage et des réductions de notre dépense publique", a expliqué M. Macron.

Le président a estimé à environ cinq milliards d'euros la baisse de l'impôt sur le revenu, qui rapporte plus de 75 milliards par an à l'Etat, soit environ 13%.

"Autour de cinq milliards, je pense que ce serait une bonne chose", a-t-il affirmé, tout en laissant au gouvernement le soin de "définir le quantum".

Pour financer cette mesure, il a évoqué l'allongement de la durée de cotisation pour le départ en retraite, sans toucher pour autant à l'âge légal qui est actuellement de 62 ans ni supprimer un jour férié, des pistes évoquées par la presse au cours des derniers jours.

"Travailler plus, ça peut se faire d'une autre manière, (comme) allonger la durée des cotisations et de laisser le libre choix", a-t-il soutenu. Cette "option permet de dégager des économies pour réinvestir dans des baisses d'impôts", a-t-il ajouté.

Pour financer cette mesure, le président a évoqué d'autres pistes pour les financer, notamment la réduction des niches fiscales dont bénéficient les entreprises. "Pas celles des ménages ou des particuliers", a-t-il assuré.

- Des organismes "inutiles" -

M. Macron a notamment rappelé que les entreprises bénéficiaient déjà d'une baisse de l'impôt sur les sociétés, qui doit être ramené à 25%, soit la moyenne européenne, à la fin du quinquennat en 2022.

"Il me semble que la meilleure orientation pour répondre aux besoins de justice fiscale n'est pas d'augmenter les impôts de tel ou tel, mais plutôt de baisser les impôts pour un maximum de nos concitoyens, en particulier pour celles et ceux qui travaillent", a-t-il affirmé, en se référant spécifiquement aux classes moyennes.

Le président a également insisté sur le besoin de réduire la dépense publique pour que "les baisses d'impôt d'aujourd'hui ne soient pas financées par de la dette supplémentaire".

"Il y a beaucoup d'organismes dont j'ai demandé la fermeture au gouvernement", a-t-il souligné, sans donner de précision. Le Premier ministre Edouard Philippe "est en train de piloter ce travail", a-t-il ajouté.

"On a énormément gardé d'organismes inutiles, de comités, de structures: il faut que l'on réduise tout cela massivement", a-t-il assuré.

M. Macron a toutefois défendu la suppression de l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) dès le début de son quinquennat, une mesure souvent critiquée lors du grand débat et lors des manifestations des gilets jaunes.

A ses yeux, il s'agit d'une "réforme pour produire, pas une réforme pour les plus fortunés". Il a toutefois souligné que la suppression de l'ISF serait "évaluée en 2020". "Nous regarderons son efficacité. Si elle n'est pas efficace, nous la corrigerons", a-t-il assuré.

D'une manière générale, M. Macron a assuré avoir "déjà baissé significativement" les impôts "dans des proportions non négligeables durant ces deux premières années qui touchent nos concitoyens et les entreprises".

Le chef de l'Etat a d'ailleurs rappelé la suppression progressive de la taxe d'habitation sur le quinquennat ou encore "la défiscalisation et désocialisation" des heures supplémentaires annoncées en décembre pour répondre à la crise des gilets jaunes.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
10min

Politique

« Il faut qu’il abatte son jeu et rentre sur le terrain » : Bruno Retailleau pourrait être candidat officiel des LR pour 2027 dès dimanche

Les militants LR sont appelés à choisir le mode de désignation de leur candidat ce week-end. Mais entre primaire fermée, primaire semi-ouverte et président du parti propulsé candidat, c’est la troisième option qui tient la corde. De quoi permettre au président des LR de lancer le second étage de la fusée et dévoiler son programme « de rupture ». Un meeting est en préparation avant l’été. Il pourrait se faire au Parc floral de Paris, le 20 juin.

Le

Macron propose de travailler plus pour payer moins d’impôts
4min

Politique

Loi-cadre sur les transports : « Nous allons donner des moyens supplémentaires pour investir dans les transports », promet le ministre Philippe Tabarot

Alors que le projet de loi-cadre sur les transports est examiné en séance au Sénat, Philippe Tabarot a égrené les grandes lignes de « son » texte, jeudi 16 avril, au micro de Public Sénat. Le ministre des transports veut assurer la pérennité des financements du secteur, notamment via les recettes des péages autoroutiers et un nouveau contrat avec SNCF Réseau.

Le

Marine Le Pen and Jordan Bardella Hold Campaign Rally in Chalons-en-Champagne
6min

Politique

Présidentielle : « Une inclinaison libérale plus prononcée au RN, incarnée par Jordan Bardella, ne sera pas forcément de nature à rebuter son électorat »

Jeudi et vendredi, les cadres du RN se retrouvent dans un lieu secret pour « un séminaire présidentiel ». Le parti, qui est toujours suspendu à la décision de la Cour d’appel sur l’inéligibilité de Marine Le Pen, n’est pas encore tout à fait en ordre de marche. Au fil des mois, Jordan Bardella semble s’éloigner de la ligne souverainiste et étatiste prônée lors des précédentes campagnes présidentielles. Faut-il y voir un antagonisme ou une manière d'accéder à un dernier territoire de conquête électorale ?

Le