Malaise des policiers : « Aujourd’hui, on n’en peut plus »
Sur le plateau d’ « On va plus loin », Yves Lefebvre, secrétaire général Unité SGP Police FO, explique le malaise des policiers. Il remet également en question la place des officiers de police « qui ne servent plus à rien ».

Malaise des policiers : « Aujourd’hui, on n’en peut plus »

Sur le plateau d’ « On va plus loin », Yves Lefebvre, secrétaire général Unité SGP Police FO, explique le malaise des policiers. Il remet également en question la place des officiers de police « qui ne servent plus à rien ».
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Mardi dernier, la commission d’enquête du Sénat sur « l’état des forces de sécurité intérieure » posait un constat alarmant sur le moral des policiers et leurs difficultés rencontrées au quotidien. Au même moment, un  rapport de l’Inspection générale des polices (IGPN), la police des polices, a mis en lumière une augmentation de 54%  du recours aux armes à feu par les policiers entre 2016 et 2017.

Invité d’ « On va plus loin », Yves Lefebvre, le secrétaire général Unité SGP Police FO, y voit « plusieurs causes » : « Il y a une cause d’épuisement, une cause de menace. J’ai connu la police, qui n’a jamais été la police à papa, mais une police où l’on partait le matin, [et où] loin de nous la pensée que l’on n’allait pas rentrer le soir. Aujourd’hui (…), on sort un gamin de chez lui, de la France rurale, on l’envoie en école de police et on le met dans le 9-3, ce gamin il part tous les matins, la peur au ventre. Il a peur. Ils veulent tous en partir. Quelle est la profession en France, aujourd’hui,  qui accepte de n’avoir qu’un seul week-end toutes les six semaines ? Quelle est la profession en France qui accepte de n’avoir que huit jours de congé entre le 15 juin et le 15 septembre ? Ce sont les gardiens de la paix. Ce sont les seuls aujourd’hui. Alors ces policiers n’en peuvent plus. »

Et il poursuit : « On n’a plus ce policier qui connaissait sa population (…) et qui pouvait détecter d’entrée les signes de radicalisation, de changement d’attitude. Aujourd’hui, un policier, quand il procède à un contrôle, il ne sait pas s’il a en face de lui un délinquant de droit commun, un terroriste [ou] (…) parfois un bon et simple concitoyen. Donc c’est tout ça le malaise. Moi, ça fait cinq ans que je me bats pour faire bouger les lignes. Concilier vie professionnelle et vie familiale. »

Yves Lefebvre est catégorique : Un bon flic ne pourra être un bon flic que s’il est réellement bien dans sa tête. Et aujourd’hui, on n’en peut plus. Ce n’est pas normal. »

Le secrétaire général Unité SGP Police FO remet également en question la place des officiers de police : « On a un corps qui ne sert plus à rien dans la police nationale, c’est le corps des officiers de police. Pourquoi ? Parce qu’on a connu les officiers de police - c’étaient les ex-inspecteurs de police - qui étaient des procéduriers. Aujourd’hui, ils ne sont ni commissaires, ni gardiens de la paix (…) et ils ne veulent plus rien faire. Et ça représente quand même (…) 10 000 fonctionnaires qui ne servent plus à rien. Et ça, il faut oser le dire à un moment donné. »  

 

 

Vous pouvez voir et revoir le débat en intégralité :

OVPL : débat banlieues et malaise des policiers (en intégralité)
28:27

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