Mamoudou Gassama : une reconnaissance unanime
Le jeune malien qui a sauvé un enfant samedi dernier, Mamoudou Gassama, a été reçu à l’Élysée lundi matin. À cette occasion, Emmanuel Macron lui a annoncé sa naturalisation, et lui a proposé d’intégrer le service civique des sapeurs-pompiers

Mamoudou Gassama : une reconnaissance unanime

Le jeune malien qui a sauvé un enfant samedi dernier, Mamoudou Gassama, a été reçu à l’Élysée lundi matin. À cette occasion, Emmanuel Macron lui a annoncé sa naturalisation, et lui a proposé d’intégrer le service civique des sapeurs-pompiers
Public Sénat

Par Maud Larivière

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Mamoudou Gassama, un jeune malien de 22 ans, s’est conduit en héros, samedi dernier. La vidéo de son sauvetage d’un petit garçon de 4 ans, suspendu dans le vide, au 4ème étage de son immeuble, a fait des millions de vues. Emmanuel Macron l’a reçu à l’Élysée. Pour le remercier, le Président a confirmé sa naturalisation et a annoncé qu’il allait intégrer le service civique des sapeurs-pompiers.

Si la plupart des politiques félicitent l’acte courageux du jeune homme et appelle à sa naturalisation, certains en profitent pour soulever une incohérence, selon eux, de la politique du gouvernement en matière de traitement des migrants. D’autres dénoncent un formidable coup de com’ de la part du Président de la République.

Bernard Jomier : « Le chef de l’État a eu la bonne réaction »

Mamoudou Gassama : une reconnaissance unanime
03:40

Pour Bernard Jomier, sénateur PS de Paris, cet acte « rempli de courage et d’humanité » inspire « de l’admiration ».

« Le chef de l’État a eu la bonne réaction, il faut la saluer, de le recevoir à l’Élysée, et de dire qu’un être humain, qui se comporte comme ça, un migrant, qui se comporte de cette façon, il fait partie de notre République, parce qu’il en illustre les valeurs à merveille » déclare-t-il au micro de Sénat 360.

« J’espère que cet exemple-là, alors que le Sénat va bientôt étudier la loi « asile et immigration », permettra à chacun , de ne pas oublier, qu’un migrant porte une part d’humanité ».

Certains élus à gauche, ainsi qu’au sein de la majorité présidentielle, dénoncent le durcissement de la politique du gouvernement envers les migrants. C’est notamment ce que pense le sénateur communiste de la Seine-Saint-Denis, Fabien Gay.

Bernard Jomier rejoint cette position, et « particulièrement quand on voit le ministre de l’Inférieur, se féliciter par tweet ». « Moi j’appelle Gérard Collomb, à non pas utiliser les migrants pour embêter Anne Hidalgo, ça c’est le pire du cynisme en politique, mais à prendre exemple sur ce jeune homme, qui  lui, porte mieux que d’autres, les valeurs de notre République » tranche-t-il.

Selon Bernard Jomier, « on oublie que les migrants sont des êtres humains dans le débat actuel qui est extrêmement violent. On ne présente les migrants que comme des fauteurs de troubles, qui viennent déstabiliser notre société ».

Esther Benbassa, sénatrice de Paris, rattaché au groupe communiste, dénonce un coup de communication de la part d’Emmanuel Macron, dans un tweet posté lundi.  

 « Moi je dénonce assez les polémiques et l’instrumentalisation des uns et des autres » conclut le sénateur Jomier.

Son collègue du groupe PS, David Assouline, sénateur de Paris, félicite également Mamadou Gassama. Il va même plus loin et propose qu’il reçoive la Légion d’Honneur.

Ce matin, Sébastien Chenu, député et porte-parole du Front national, invité sur le plateau de Territoires d’Infos, était, lui aussi, en faveur de la naturalisation de Mamadou Gassama.  « Il faut probablement le régulariser, parce qu’il a eu un acte courageux, civique, exemplaire, et il mérite en cela l’accueil et la confiance de notre République, de notre pays » a-t-il déclaré.

Mamoudou Gassama : « Il faut probablement le régulariser » estime Sébastien Chenu
01:10

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le

Macron Sénat 3 ok
14min

Politique

[Série 3/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : lors du second quinquennat, « le Sénat est un peu le roi du pétrole »

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffements, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après sa réélection historique en 2022, Emmanuel Macron n’a qu’une majorité relative, l’obligeant à composer avec les LR pour obtenir des majorités. Le Sénat y trouvera son intérêt et un pouvoir d’influence. Après la dissolution manquée en 2024, la droite entre au gouvernement et fait partie de la majorité. L’opposant d’hier se retrouve aux côtés des macronistes, tout en gardant ses distances.

Le

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le