Manifestation féministe: politiques et militantes dénoncent des « violences policières »
Personnalités politiques et associations féministes se sont indignées dimanche de "violences policières" en marge d'une...

Manifestation féministe: politiques et militantes dénoncent des « violences policières »

Personnalités politiques et associations féministes se sont indignées dimanche de "violences policières" en marge d'une...
Public Sénat

Par Katell PRIGENT, Claire GALLEN

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Personnalités politiques et associations féministes se sont indignées dimanche de "violences policières" en marge d'une manifestation "féministe et antiraciste" organisée samedi soir à Paris, à la veille de la journée internationale des femmes.

Neuf personnes ont été interpellées, dont sept ont fait l'objet de gardes à vue qui ont toutes été levées dimanche soir. "Aucune poursuite n'a été engagée à ce stade", a précisé le parquet.

Le ministre de l'Intérieur a demandé à la préfecture de police un rapport sur cette manifestation, a indiqué l'entourage de Christophe Castaner.

Cette "marche nocturne", "pour un féminisme populaire antiraciste", était organisée par des collectifs militants, distincts de ceux ayant appelé à la marche des "Grandes gagnantes" de dimanche après-midi, pour la journée internationale des droits des femmes.

Selon la préfecture de police, la manifestation, partie à 20H00 de la place des Fêtes (19e arrondissement), "a rassemblé plusieurs milliers de personnes" et "s'est déroulée, pour la majeure partie de son parcours, dans une ambiance calme".

Il s'agissait d'une manifestation "non mixte", c'est-à-dire réservée aux femmes ou aux transsexuelles, selon l'appel publié sur le site internet paris.demosphere.net

Le préfet de police Didier Lallement a déploré, dans un communiqué, que "la fin de cette manifestation, pourtant régulièrement déclarée, ait été entachée d'incidents" qui sont "manifestement le fait d'individus ayant pour seul but de provoquer les forces de l'ordre et de perturber le bon déroulé de l’événement".

De nombreuses vidéos ont été postées sur les réseaux sociaux, montrant par exemple les manifestantes chanter "nous sommes fortes, nous sommes fières, et féministes et radicales et en colère", face à des CRS tentant de les contenir avec leurs boucliers.

Sur une autre, on voit les forces de l'ordre obligeant les manifestantes à entrer dans une bouche de métro en les traînant sur les marches.

Selon la PP, "à aucun moment" les organisateurs "ne sont entrés en contact avec les représentants des forces de l'ordre" malgré "de nombreux appels téléphoniques". La préfecture assure aussi qu'à la fin du cortège, "malgré l'appel à la dispersion, un groupe de plusieurs centaines de manifestants ne l'ont intentionnellement pas respecté et ont forcé le barrage des forces de l’ordre" qui "ont alors dû utiliser des moyens lacrymogènes" pour les repousser.

- "Incompréhensible" -

Les réactions étaient nombreuses dimanche.

"Je suis atterrée de voir que le ministère de l'Intérieur a choisi de déployer des moyens pour réprimer les femmes plutôt que de renforcer les moyens de lutte contre les violences machistes", s'est indignée sur twitter la présidente de la Fondation des femmes Anne-Cécile Mailfert.

"Des féministes ont été frappées par les forces de l'ordre alors qu'elles manifestaient - notamment - contre les violences sexuelles", a affirmé de son côté la militante Caroline De Haas, du collectif #NousToutes.

Les politiques aussi ont réagi, jusque dans les rangs de la majorité. "Soutien aux manifestant.e.s de la #marchefeministe. Aux rapports devront cette fois suivre des décisions et des sanctions", a affirmé sur twitter le député LREM Aurélien Taché.

"Toutes les femmes doivent pouvoir manifester pacifiquement pour faire respecter leurs droits!", a tweeté la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa.

La maire de Paris Anne Hidalgo, candidate à sa réélection, s'est dite "choquée" par des "violences inadmissibles et incompréhensibles".

"Ce qui choque, c'est votre +choix politique+ à une semaine du scrutin" de "soutenir des manifestants qui ont copieusement insulté policiers et gendarmes chargés d'encadrer la manifestation, infestée par la haine", a répliqué le syndicat SCPN des commissaires de la police nationale.

Le secrétaire national d'EELV Julien Bayou a fustigé des "violences policières absolument injustifiables", tandis que le patron de LFI Jean-Luc Mélencon a estimé dans un tweet que "les exactions du préfet Lallement ne sont plus supportables dans une république démocratique".

Parmi les dizaines de milliers de femmes qui ont défilé partout en France dimanche, certaines se sont émues des violences survenues la veille. "Lallement, homme violent", fustigeaient des pancartes place de la République à Paris. "Féministes violentées, préfet limogé", demandait un autre slogan.

kap-ab-cg-bl/blb/dlm

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