Marine Le Pen à Metz: des étudiants juifs empêchés de distribuer des tracts, le RN déplore un blessé
Des militants de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) ont été empêchés de distribuer des tracts par le service d'ordre du Rassemblement...

Marine Le Pen à Metz: des étudiants juifs empêchés de distribuer des tracts, le RN déplore un blessé

Des militants de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) ont été empêchés de distribuer des tracts par le service d'ordre du Rassemblement...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Des militants de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) ont été empêchés de distribuer des tracts par le service d'ordre du Rassemblement national, mercredi à Metz, où Marine Le Pen organisait un "banquet patriotique" pour le 1er mai, a-t-on appris de source policière.

Le RN a déploré pour sa part un blessé parmi ses agents de sécurité. Les militants de l'UEJF "se sont montrés violents, blessant sérieusement un membre (du) service de sécurité qui s'est vu donné 30 jours d'ITT" (incapacité totale de travail), a affirmé le parti dans un communiqué.

"Une dizaine de jeunes de l'UEJF ont tenté de tracter aux abords du Parc des expositions (où se déroulait le "banquet" du RN, NDLR). Ils ont été repoussés" par le Département protection sécurité (DPS), le service d'ordre du RN, qui aurait utilisé du gaz lacrymogène, a indiqué à l'AFP une source policière.

Les militants se sont présentés au commissariat de Metz, selon le policier. "Les différentes parties vont être entendues" et "des plaintes devraient être déposées", a-t-il précisé.

L'un des jeunes "s'est plaint d'avoir mal au bras", mais aucun n'a été conduit à l'hôpital, selon lui.

"Nous déposons plainte contre le service d’ordre du RN pour coups et blessures en réunion avec usage d'armes", a tweeté le président de l'UEJF Sacha Ghozlan. "Lacrymogènes, matraques, violences. La justice doit réagir avec fermeté face à ces individus haineux qui veulent faire régner la terreur", a-t-il ajouté.

Une affiche de Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National, et de Jordan Bardella, tête de liste RN pour les Européennes, lors d'un
Une affiche de Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National, et de Jordan Bardella, tête de liste RN pour les Européennes, lors d'un "banquet patriotique", le 1er mai 2019 à Metz
AFP

Le RN a pour sa part écrit que "la police a pris (...) en charge ces nervis" après l'incident et qu'une "plainte pour coups volontaires est déposée".

Selon le parti, "quelques militants de l'UEJF sont venus cet après-midi distribuer un tract provocateur devant le meeting du RN. Ils s'en sont pris aux participants et ont voulu rentrer dans le hall du meeting. Le service de sécurité du RN les a contenus. Ils se sont montrés alors violents". Le RN "condamne fermement ces agissements brutaux et antidémocratiques".

"Des militants du RN pris sur le vif entre haine et brutalité. Soutien aux militants de l'UEJF brutalisés", a twitté la tête de liste de la majorité présidentielle aux européennes Nathalie Loiseau. Elle a relayé des images parcellaires publiées par l'organisation montrant des militants de l'UEJF repoussés manu militari par le service d'ordre du RN et l'un d'eux légèrement blessé.

"Le Rassemblement national a beau chercher à ripoliner sa façade, les couches de peinture ne seront jamais assez épaisses pour masquer sa nature profonde", a réagi dans un communiqué Dominique Sopo, président de SOS Racisme.

Le député LREM de Paris Mounir Mahjoubi a dénoncé sur twitter une "agression violente par les services de sécurité du Rassemblement national de Marine Le Pen ou plutôt sa milice interne".

Le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT Frédéric Potier, et la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) ont aussi exprimé sur Twitter leur "soutien" à l'UEJF et son président.

Marine Le Pen avait déposé une gerbe au pied d'une statue de Jeanne d'Arc, dans la périphérie de Metz, avant de rejoindre "un banquet patriotique" du 1er mai à l'approche des européennes, en compagnie de la tête de liste du RN, Jordan Bardella.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le