Michel Amiel : « Le Rivotril® n’est pas utilisé pour euthanasier mais pour soulager »
Le gouvernement a autorisé par décret les médecins à prescrire un anesthésiant puissant, le Rivotril®. Ce médicament pourrait être administré en Ehpad pour les personnes atteintes du Covid-19. Un pas vers l’euthanasie dénoncent certains. « Faux », répondent les spécialistes.

Michel Amiel : « Le Rivotril® n’est pas utilisé pour euthanasier mais pour soulager »

Le gouvernement a autorisé par décret les médecins à prescrire un anesthésiant puissant, le Rivotril®. Ce médicament pourrait être administré en Ehpad pour les personnes atteintes du Covid-19. Un pas vers l’euthanasie dénoncent certains. « Faux », répondent les spécialistes.
Public Sénat

Par Jérôme Rabier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Sur les réseaux sociaux, la polémique a pris de l’ampleur. Le gouvernement favoriserait l’euthanasie dans les Ehpad, grâce à un décret pris le 28 mars dernier.  Relayée par certaines personnalités politiques comme les députés Meyer Habib (UDI) et Gilbert Collard (RN) ou encore le sénateur LR Alain Houpert, la rumeur voudrait qu’en autorisant l’utilisation du Rivotril®, un anesthésiant puissant, en dehors du cadre hospitalier, le gouvernement autoriserait de fait l’euthanasie.

 

Une demande des gériatres

 

Le gouvernement n’a pourtant fait que répondre à une demande des gériatres. Dans une lettre ouverte au ministre de la Santé Olivier Véran, datée du 26 mars, ils réclamaient de « mettre à disposition les molécules réservées encore à ce jour au cadre hospitalier », citant notamment le fameux Rivotril®. Dès le 28 mars le gouvernement a répondu à leurs attentes et a pris un décret autorisant la prescription en dehors du cadre hospitalier.  

 

Et aujourd’hui, le président de la société française de gériatrie et gérontologie (SFGG), s’insurge qu’on puisse accuser les médecins de pratiquer l’euthanasie. « Non, il ne s’agit absolument pas d'un cautionnement de l’euthanasie ! » s’émeut Olivier Guérin. « L’usage du Rivotril n’est pas facilité, il faut toujours respecter le même protocole pour sa prescription, y compris lorsqu’il est appliqué comme sédatif pour des patients en soin palliatif. C’est seulement son accès qui est facilité car auparavant il ne pouvait être fourni que par les pharmacies hospitalières. Le décret applique la même chose pour le paracétamol intraveineux. »

 

Une sédation profonde et continue

 

L’anesthésiant, associé a de la morphine, permet de placer les personnes qui s’asphyxient en sédation profonde et continue, une disposition permise depuis la loi du 2 février 2016 sur la fin de vie. Mais pour Michel Amiel, sénateur (Les indépendants) des Bouches-du-Rhône,  qui avait été le rapporteur de cette loi au Sénat, « a défaut de midazolam, on prescrit du Rivotril®, mais pour la même finalité ». Il ajoute que « les détracteurs diront toujours que c’est de l’euthanasie déguisée. Ce sont les mêmes personnes et les mêmes arguments que lors de la discussion parlementaire à l’époque. La sédation profonde et continue n’est pas l’euthanasie » insiste-t-il. « Le Rivotril® n’est pas utilisé pour euthanasier mais pour soulager » ajoute l’élu qui est aussi médecin généraliste à la retraite, mais qui a repris des téléconsultations à titre gracieux pendant cette période.

Partager cet article

Dans la même thématique

Michel Amiel : « Le Rivotril® n’est pas utilisé pour euthanasier mais pour soulager »
4min

Politique

Fin de vie : le Sénat vote un texte vidé de sa substance, la gauche dénonce un « sabotage » de la droite

Dans la nuit, le Sénat a adopté la proposition de loi relative à l’aide à mourir mais en supprimant les deux articles phares, le principe de l’assistance à mourir et ses modalités, rendant le texte inopérant. La majorité sénatoriale s’est divisée sur la version rédigée par la commission des affaires sociales qui préconisait une version de compromis. Le patron de LR, Bruno Retailleau avait indiqué qu’il rejetterait le texte quelle que soit sa rédaction.

Le

Michel Amiel : « Le Rivotril® n’est pas utilisé pour euthanasier mais pour soulager »
3min

Politique

Fin de vie : le Sénat vote le principe « du droit opposable au soulagement » 

Le Sénat a voté en faveur « d’un droit opposable au soulagement » lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Après avoir rejeté l’article qui fixait les conditions, le Sénat est donc également revenu sur le principe de « l’assistance médicale à mourir », défendue par la commission des affaires sociales ». 

Le

Michel Amiel : « Le Rivotril® n’est pas utilisé pour euthanasier mais pour soulager »
4min

Politique

Fin de vie : le Sénat, divisé, vide le texte de sa substance en rejetant l’article phare sur « l’aide à mourir »

Coup de théâtre, mercredi les sénateurs ont rejeté l’article 4, le cœur de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. La commission des affaires sociales avait considérablement réduit la portée du texte en remplaçant un « droit à l’aide à mourir » par « une assistance médicale à mourir », pour les malades dont le pronostic vital » est engagé à très court terme. La majorité sénatoriale divisée n’est pas parvenue à s’entendre sur cette version.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
4min

Politique

Budget : quand Sébastien Lecornu zappe les sénateurs dans sa lettre aux parlementaires…

Suite aux recours au 49.3 par le premier ministre pour faire adopter le budget, Sébastien Lecornu a écrit aux parlementaires pour expliquer les principales mesures de ce budget de compromis. Une lettre envoyée aux seuls députés en réalité. Les sénateurs, eux, ne l’ont pas reçue. Ils devront attendre le retour du texte à la Haute assemblée pour que le premier ministre leur écrive.

Le