Municipales : à Marseille, EELV n’attend pas l’union de la gauche pour se lancer
Europe Écologie-Les Verts (EELV) a décidé de se lancer dans la campagne pour les municipales à Marseille en construisant sans...

Municipales : à Marseille, EELV n’attend pas l’union de la gauche pour se lancer

Europe Écologie-Les Verts (EELV) a décidé de se lancer dans la campagne pour les municipales à Marseille en construisant sans...
Public Sénat

Par Francois BECKER

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Europe Écologie-Les Verts (EELV) a décidé de se lancer dans la campagne pour les municipales à Marseille en construisant sans attendre sa "liste écolo-citoyenne", une douche froide pour ceux qui tablaient sur une alliance des forces de gauche.

Dans la deuxième ville de France, les partis de gauche et des collectifs d'habitants et de militants discutent depuis des semaines d'une alliance pour présenter une liste unique, seul espoir à leurs yeux de succéder à la droite, très installée : le maire LR Jean-Claude Gaudin laissera son fauteuil après 25 ans de mandat.

Le PS, La France Insoumise ou les communistes notamment semblaient s'y être résolus et des discussions ont lieu.

Mais lassés de négociations qui piétinent, et voyant se multiplier les entrées en campagne, avec déjà deux candidats lancés dans la course à l'investiture LR, comme chez LREM, et un candidat à l'extrême-droite, les adhérents EELV ont voté en assemblée générale à 80% pour une liste "écolo-citoyenne", sur un programme centré sur l'écologie, a indiqué à l'AFP Sébastien Barles. A 46 ans, cet ancien assistant parlementaire européen, qui présentait cette motion, a été désigné tête de liste.

"On considère que la ville peut être renversée autour de l'écologie. Elle permet de ramener les abstentionnistes et les déçus de 50 ans d'incurie municipale aux urnes. On aimerait que nos partenaires l'entendent", a-t-il ajouté.

EELV, dont moins d'une centaine d'adhérents étaient présents lors du vote, revendique déjà l'appui de plusieurs petits partis écologistes comme Urgence Écologie et de représentants de la société civile, et discute avec d'autres comme Génération.s. Et "la porte n'est pas fermée" aux autres partis, soutient M. Barles.

"Je ne sais pas s'il y aura une liste ou deux listes (à gauche - ndlr) mais il faut éviter qu'on se divise", a-t-il ajouté, pointant le risque du Rassemblement national, qui détient déjà une mairie de secteur.

- "Ranger les drapeaux" -

Mais à gauche, après des semaines de tentatives pour "dépasser les partis en rangeant les drapeaux" selon les mots du chef de file du PS à la ville Benoît Payan, cette décision est une douche froide pour beaucoup.

"Je respecte ce choix mais je le regrette", a déclaré M. Payan à l'AFP: "On partage un constat, une vision et des solutions dans la ville la plus polluée du pays". "Je ne peux pas croire qu'une question de partis nous sépare. On tend la main, il faut qu'on soit les uns et les autres à la hauteur de l'enjeu", a-t-il ajouté.

À La France Insoumise aussi, l'un des chefs de file de la "fédération populaire", Mohamed Bensaada, regrette un vote qui "complique la donne" pour la gauche, mais veut "continuer à discuter". Cette décision "divise la gauche mais aussi l’écologie", a ajouté l'autre cheffe de file de LFI, Sophie Camard, une ancienne d'EELV, députée suppléante de Jean-Luc Mélenchon.

Le député François-Michel Lambert, dont le parti, l'UDE (Union Démocrates Écologites), discutait avec le reste de la gauche, dénonce la "suffisance et les turpitudes" d'EELV, qui "préfère la défaite du camp du progrès au profit des conservateurs et des lobbys". "Marseille, c'est 1.500 personnes délogées, l'absence de piscine, les écoles dégradées, la pollution. Si (Sébastien Barles) pense que tout seul, il peut le faire, ça lui appartient".

Sur le reste de l'échiquier politique, trois candidats sont déjà partis en campagne : le sénateur Les Républicains Bruno Gilles, la présidente LR du département Martine Vassal et le sénateur Rassemblement national Stéphane Ravier. La majorité présidentielle n'a pas encore désigné son candidat, mais le député Said Ahamada et l'ex-président de l'université Aix-Marseille Yvon Berland sont candidats à l'investiture LREM.

Partager cet article

Dans la même thématique

Municipales : à Marseille, EELV n’attend pas l’union de la gauche pour se lancer
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le