Municipales: déménager la Gare de l’Est, « totalement irréaliste », juge Pécresse
La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse a jugé lundi "totalement irréaliste" la proposition du candidat LREM...

Municipales: déménager la Gare de l’Est, « totalement irréaliste », juge Pécresse

La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse a jugé lundi "totalement irréaliste" la proposition du candidat LREM...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse a jugé lundi "totalement irréaliste" la proposition du candidat LREM aux municipales à Paris Benjamin Griveaux de déménager la Gare de l'Est.

"Ce projet n'est ni nécessaire, ni souhaitable", a réagi sur LCI Mme Pécresse, par ailleurs présidente d'Ile-de-France Mobilités.

Côté coût, le chiffre de 1,5 milliard d'euros avancé par le candidat est "totalement fantaisiste", a-t-elle souligné, l'estimant plutôt à "au moins une dizaine de milliards".

Cela induirait en outre "une période de travaux ingérable", pendant "20 ans", avec la coupure de "la circulation sur les rails de la Gare de l'Est pendant des années", a-t-elle ajouté en ironisant sur "le moratoire sur les travaux dans Paris" que M. Griveaux défend aussi.

Mais "c'est surtout une preuve de mépris donnée à tous les Seine-et-Marnais, les habitants de l'Est de l'Ile-de-France", qui doivent continuer à pouvoir "arriver dans Paris" centre.

Si l'idée de créer "un poumon vert" dans Paris est "un but respectable", et si M. Griveaux "a 10 milliards d'euros à investir", mieux vaut selon Mme Pécresse "couvrir une partie du périphérique, couvrir les voies ferrées dans Paris et planter des espaces verts" dessus.

L'idée d'un déménagement a été critiquée aussi par des élus LREM de l'est de la France, dont Alain Fontanel, premier adjoint au maire de Strasbourg, pour qui c'est "une vraie schnaps idée", un "non-sens sur le fond comme sur la méthode".

Fabienne Keller, députée européenne Renew et vice-présidente d'Agir, a dénoncé "une très mauvaise idée". "Une liaison efficace entre Strasbourg, capitale européenne, et Paris est primordiale!", a-t-elle tweeté lundi.

Le candidat EELV à la mairie de Paris David Belliard a de son côté dénoncé "un projet pharaonique", "trop cher", qui "ne répond pas à l'urgence climatique".

"C'est un projet d'un autre temps", a-t-il estimé sur Public Sénat, en appelant à "revenir à une ville à taille humaine". Il a évoqué son propre projet de remettre au jour la rivière Bièvre enterrée sous les rues de Paris, un projet réalisable "pendant ce mandat" et pour "50 millions d'euros".

SUD-Rail dans un communiqué a qualifié d'"inepties" l'idée de M. Griveaux de déménager la Gare de l'Est, qui "dessert un dense réseau ferroviaire". L'évolution des transports "ne consiste pas à éloigner des centres-villes les gares et les lignes ferroviaires mais bien à les y ancrer", ajoute SUD-Rail. Avec ce projet, M. Griveaux "montre qu'il ne connaît rien aux réseaux ferrés et plus généralement aux transports en commun, pas plus qu'à l'aménagement du territoire ou aux nécessités écologiques", tacle le syndicat.

M. Griveaux a proposé dimanche de déménager la Gare de l'Est aux portes de la capitale ou en banlieue, par exemple Porte de la Villette, libérant ainsi 30 hectares pour créer un " Central Park parisien".

Quelques heures plus tôt, le candidat LREM dissident Cédric Villani avait fait auprès de l'AFP sa propre proposition : déplacer le trafic des Eurostar et Thalys, qui desservent notamment Londres et Bruxelles, de la Gare du Nord à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Partager cet article

Dans la même thématique

Municipales: déménager la Gare de l’Est, « totalement irréaliste », juge Pécresse
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Municipales: déménager la Gare de l’Est, « totalement irréaliste », juge Pécresse
3min

Politique

Industrie musicale : « il n’y a plus de coup de cœur, on regarde le nombre de followers », La Grande Sophie

Trente ans de carrière, artiste inclassable, la Grande Sophie se tourne aujourd’hui vers la comédie musicale avec un nouveau spectacle inspiré de son premier livre « Tous les jours Suzanne ». Une nouvelle aventure qui caractérise à merveille son envie insatiable de créer. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle se livre sur son passé, son rapport à l’industrie musicale et sa relation particulière avec Françoise Hardy.

Le

Municipales: déménager la Gare de l’Est, « totalement irréaliste », juge Pécresse
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le