Municipales: les guerres fratricides dans la conquête de Paris
Candidat malheureux à l'investiture LREM à la mairie de Paris, Cédric Villani a décidé de se présenter en dissident aux...

Municipales: les guerres fratricides dans la conquête de Paris

Candidat malheureux à l'investiture LREM à la mairie de Paris, Cédric Villani a décidé de se présenter en dissident aux...
Public Sénat

Par Anne-Sophie THILL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Candidat malheureux à l'investiture LREM à la mairie de Paris, Cédric Villani a décidé de se présenter en dissident aux municipales dans la capitale, un choix politique loin d'être inédit mais qui n'a réussi qu'à Jacques Chirac.

- 1977: l'élection du dissident Chirac -

En 1975, le Parlement approuve une réforme du statut de Paris - idée du président Giscard d'Estaing - qui prévoit l'élection d'un maire et de mettre fin à l'exception de la capitale, administrée jusqu'alors par l'Etat. Une rampe de lancement idéale pour l'ancien Premier ministre Jacques Chirac. Peu après avoir créé un nouveau parti -le RPR- l'élu de Corrèze se déclare candidat en janvier 1977, consommant sa rupture avec VGE.

Deux mois plus tard, Jacques Chirac est élu maire de Paris, contre Michel d'Ornano, ministre de l'Industrie et maire de Deauville (Calvados), candidat des Républicains indépendants et soutenu par la majorité présidentielle.

Il reste à l'Hôtel de ville pendant 18 ans, jusqu'en 1995, auteur d'un "grand chelem" dans les 20 arrondissements en 1983 et 1989. Il y construit sa machine de conquête du pouvoir qui le mènera jusqu'au sommet de l'Etat de 1995 à 2007.

- 2001: une brèche pour la victoire de la gauche -

Le 6 avril 1998, l'ancien garde des Sceaux RPR Jacques Toubon, fidèle du président Chirac, se lance dans une guerre ouverte avec l'édile d'alors, Jean Tiberi (RPR). Le maire du XIIIe crée le 6 avril un groupe dissident (P.A.R.I.S.: Paris, audace, rénovation, initiatives, solidarité) au Conseil de Paris, regroupant 33 élus RPR-UDF, pour tenter de renverser Jean Tiberi, déjà menacé par des affaires. Fin juillet, sommé par la direction du RPR de dissoudre ce groupe, sous peine d'exclusion, Jacques Toubon renonce à Paris et rentre dans le rang.

Trois ans plus tard, la candidature de l'ex-président du RPR et ancien ministre Philippe Séguin, investi par le parti, se solde par un échec. M. Séguin, parachuté à Paris, se voit concurrencé par le maire sortant Jean Tiberi, candidat à sa propre succession. Le 12 octobre 2000, Jean Tiberi est exclu pour candidature dissidente. Au nom de la non-ingérence dans les affaires municipales parisiennes, le président Chirac ne départage pas les frères ennemis. Une situation qui a contribué à la défaite de la droite face au socialiste Bertrand Delanoë.

- 2008: multiples contestations à l'UMP -

L'UMP parisienne est plombée par de multiples dissidences contre la candidate UMP (qui succède au RPR) à la mairie de Paris Françoise de Panafieu. Désignée en 2006 par les primaires, la députée-maire du XVIIe est devenue chef de file, après une élection contestée au sein de son propre camp et le retrait de Claude Goasguen, président du groupe UMP au Conseil de Paris, pour le second tour.

Aux municipales, les listes dirigées par Mme de Panafieu sont battues très largement par celles du maire sortant PS Bertrand Delanoë qui a dépassé 57%.

La gauche, sans réussir à récupérer l'un des arrondissements détenus par l'UMP, obtient la majorité absolue, soit le meilleur score qu'elle ait jamais fait dans la capitale.

- 2014: la fronde contre NKM -

La candidate de l'UMP, entrée en lice après les primaires, Nathalie Kosciusko-Morizet fait face à de multiples dissidences dans les arrondissements parisiens. Au point qu'en décembre 2013, l'UMP doive mettre de l'ordre dans ses rangs parisiens en prononçant la suspension de 16 candidats dissidents.

Le même mois, le secrétaire national de l'UMP Charles Beigbeder entre lui aussi en dissidence après son éviction de la deuxième place dans le VIIIe, qui lui garantissait son entrée au Conseil de Paris. L'entrepreneur (divers droite), proche du président Jean-François Copé, constitue un mouvement "Paris Libéré" et lance des listes de droite présentes dans 15 arrondissements parisiens, ce qui lui vaut son exclusion de l'UMP.

Candidat dans le VIIIe, Charles Beigbeder est battu au second tour. Déroute également pour la tête de liste du parti NKM, battue largement par la socialiste Anne Hidalgo (53,34% des voix).

Partager cet article

Dans la même thématique

Pope Leo XIV Welcomed by Emmanuel and Brigitte Macron in Paris
5min

Politique

Visite du pape en France :  Léon XIV est arrivé à Paris, demandez le programme

Top départ ce vendredi pour une visite de quatre jours du pape Léon XIV en France. Accueilli par Emmanuel Macron, ce vendredi matin, le souverain pontife va déambuler au cœur de Paris aujourd’hui, Il célébrera une messe géante place de la Concorde, samedi, avant de se rendre à Lourdes et Metz, dimanche et lundi. Un séjour durant lequel il abordera de multiples thèmes, dont l’intelligence artificielle, la question migratoire ou la lutte contre les violences sexuelles.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
10min

Politique

Sénatoriales : RN, LR, Horizons, PS, LFI… On vous résume les enjeux du scrutin

La moitié des sièges du Sénat sont remis en jeu dimanche. Recul des LR, rapports de force au sein de la majorité sénatoriale, possible groupe RN, PS et écologistes qui veulent limiter la casse et recomposition après 2027… Les enjeux sont multiples pour le dernier scrutin avant la présidentielle.

Le

Prix des carburants records, budget, menace russe, guerre en Iran : les points à retenir de l’interview d’Emmanuel Macron
9min

Politique

Prix des carburants records, budget, menace russe, guerre en Iran : les points à retenir de l’interview d’Emmanuel Macron

« On ne laissera pas les prix s'envoler pour les Français », s’est engagé le président de la République ce soir, lors d’une interview réalisée par TF1 et France 2. Durant quarante minutes, le chef de l’Etat s’est exprimé sur les grands sujets d’inquiétude du moment, dominés par la géopolitique et les conséquences sociales très dures dans le pays.

Le

Denmark Election
4min

Politique

Sondage présidentielle 2027 : Marine Le Pen largement en tête, suivi de Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe à égalité

Politico publie ce jeudi 24 septembre un sondage de Cluster 17 sur les intentions de vote du premier tour de l’élection présidentielle. Marine Le Pen reste largement en tête du premier tour avec 30% des voix. Jean-Luc Mélenchon se situe désormais à 19%, tout comme Édouard Philippe, loin devant Gabriel Attal et Raphaël Glucksmann.

Le