Politique
La SNCF a inauguré une nouvelle offre premium dans les TGV Paris-Lyon réservée aux passagers de plus de 12 ans. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer une tendance à l’exclusion des enfants et, par ricochet, des familles.
Le
Par Nils Buchsbaum
Temps de lecture :
4 min
Publié le
L’épisode de l’attaque au produit toxique sera le premier d’une longue série, jusqu’à ce début d’année 2021 où l’on suit quasiment en direct sur Internet ses procès et les perquisitions aux domiciles de ses proches. Des vidéos devenues virales, postées sur les réseaux sociaux pour alerter sur les agissements de l’administration Poutine. « Navalny est très bien adapté aux médias numériques, il n’a pas seulement un message politique, institutionnel, déclare Clémentine Fauconnier. Il met aussi en scène des valeurs et des qualités qui peuvent parler à beaucoup, comme le courage ou l’humour. Bref, il suscite l’émotion ». Les dirigeants russes, eux, semblent avoir mis beaucoup de temps à comprendre qu’il se passait quelque chose sur internet. La politologue explique : « L’internet russe a été très libre, maintenant il est en train d’être mis un petit peu sous contrôle mais il reste relativement libre par rapport à d’autres médias, comme la télévision publique. C’est un aspect sur lequel le Kremlin a été dépassé ces derniers temps ». La politiste Marie Mendras abonde dans ce sens : « Navalny est en train de gagner la bataille de la communication. Il réussit à montrer que le seul recours de Poutine est la répression policière et judiciaire ».
Mais le risque à se mettre en scène de cette façon ne serait-il pas de provoquer une forme de culte de la personnalité ? Pour l’instant selon Marie Mendras, ce n’est pas le cas : « Navalny a compris qu’il ne fallait pas jouer le culte de la personnalité. Des changements vont arriver en Russie dans les années qui viennent mais il faut que cela soit des changements sociaux, institutionnels et de mentalités ». Elle insiste : « Il ne faut pas dire Navalny va remplacer Poutine ».
Une analyse que relativise cependant le journaliste Piotr Smolar car « au-delà du cercle des convaincus par Navalny, il y a tous ces autres russes qui restent passifs. Popularité ne veut pas forcément dire soutien et soutien ne veut pas toujours dire engagement dans la rue ». Jusqu’où ira la vague Navalny et qu’elle sera son impact sur la société russe ? Le 2 février, ce dernier est condamné à deux ans et huit mois de prison ferme. Ses soutiens quant à eux, accusent le coup de la répression. Pour éviter de nouvelles arrestations de masse, parfois suivies de condamnations, les leaders du Fonds de Lutte contre la Corruption (FBK) de Navalny ont suspendu les appels aux manifestations dans la rue.