Notre-Dame: des politiques appellent Macron à ne pas « défigurer » la cathédrale
Droite et extrême droite ont appelé jeudi à reconstruire Notre-Dame "à l'identique", sans la "défigurer", François-Xavier Bellamy...

Notre-Dame: des politiques appellent Macron à ne pas « défigurer » la cathédrale

Droite et extrême droite ont appelé jeudi à reconstruire Notre-Dame "à l'identique", sans la "défigurer", François-Xavier Bellamy...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Droite et extrême droite ont appelé jeudi à reconstruire Notre-Dame "à l'identique", sans la "défigurer", François-Xavier Bellamy (LR) exhortant Emmanuel Macron à l'"humilité" et Jordan Bardella (RN) à "arrêter un peu le délire" sur ce projet.

A gauche, Raphaël Glucksmann, tête de liste PS-Place publique pour les européennes, a estimé sur Public Sénat que "ce n'est pas le président de la République qui va décider du temps que prend un chantier", appelant à reconstruire sans "détruire l'âme de Notre-Dame".

Emmanuel Macron souhaite que la cathédrale ravagée lundi par les flammes soit reconstruite dans les cinq ans et qu'"un geste architectural contemporain puisse être envisagé".

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a relayé le hashtag "#TOUCHEPASANOTREDAME", face aux pistes évoquées par le Premier ministre Edouard Philippe pour une éventuelle reconstruction de la flèche effondrée.

"Ils vont nous faire des rooftops (toits-terrasses, NDLR) au-dessus de Notre-Dame?!", a lancé sur LCI M. Bardella, tête de liste du RN pour les élections européennes. "Il faut arrêter un peu le délire: on doit le respect absolu au patrimoine des Français."

Souhaitant que la cathédrale soit reconstruite "à l'identique", il a rejeté toute idée de faire "un espèce de truc d'art contemporain, d'art moderne".

Pour François-Xavier Bellamy, tête de liste des Républicains pour les européennes, "nos gouvernants devraient retrouver un peu d’humilité". "Cette restauration est la mission des architectes formés pour cela, des artisans et des compagnons (...) Un président n’a d’autre responsabilité que de leur donner les moyens de réussir cette mission", a-t-il écrit dans une série de messages postés sur Twitter.

"Avant de nous proclamer bâtisseurs, reconnaissons que nous sommes d’abord héritiers... Il serait tragique qu’au deuil de la destruction succède la manie de la disruption, et que l’orgueil du +nouveau monde+ dénature maintenant le meilleur de l'ancien au lieu de le transmettre", a ajouté l'élu de Versailles.

A un article du Parisien demandant s'il faut reconstruire Notre-Dame à l'identique, le patron de LR, Laurent Wauquiez, a laconiquement répondu dans un tweet: "oui".

"Ne laissons pas (la) mégalomanie (d'Emmanuel Macron, NDLR) défigurer notre cathédrale!", a de son côté réagi Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, en appelant à signer une pétition pour "rebâtir Notre-Dame telle que nous en avons hérité".

En choisissant le délai rapide de cinq ans pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris et en faisant appel à un "concours international d'architecture" pour sa flèche, Emmanuel Macron a déclenché des critiques l'accusant de favoriser un projet qui trahirait sa construction originale.

Le délai a été jugé "réalisable" par plusieurs participants à une réunion avec M. Macron mercredi pour le "lancement de la reconstruction", même s'il est considéré trop court par certains experts extérieurs.

Le débat fait rage entre ceux qui veulent reconstruire à l'identique et ceux qui prônent l'utilisation de matériaux modernes comme le titane pour la toiture ou une architecture plus contemporaine de la flèche.

Partager cet article

Dans la même thématique

Notre-Dame: des politiques appellent Macron à ne pas « défigurer » la cathédrale
7min

Politique

Présidentielle 2027 : pourquoi l’élection française inquiète déjà les Européens

À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).

Le

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le