Nupes : « La gauche ne doit pas se mettre à l’ombre d’un populiste », avertit Michaël Delafosse (PS)
Invité de la matinale de Public Sénat, le maire PS de Montpellier n’a pas ménagé ses critiques vis-à-vis de la coalition de gauche, dénonçant notamment « l’outrance » des insoumis pendant les débats à l’Assemblée nationale sur les retraites. Il appelle les socialistes à porter une opposition moins bruyante que celle de leurs partenaires, et plus responsable.

Nupes : « La gauche ne doit pas se mettre à l’ombre d’un populiste », avertit Michaël Delafosse (PS)

Invité de la matinale de Public Sénat, le maire PS de Montpellier n’a pas ménagé ses critiques vis-à-vis de la coalition de gauche, dénonçant notamment « l’outrance » des insoumis pendant les débats à l’Assemblée nationale sur les retraites. Il appelle les socialistes à porter une opposition moins bruyante que celle de leurs partenaires, et plus responsable.
Romain David

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Les débats chaotiques à l’Assemblée nationale sur la réforme des retraites ont mis à rude épreuve la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (Nupes). LFI, qui a opté pour une stratégie d’obstruction parlementaire, a mis en porte-à-faux ses partenaires de gauche, notamment les socialistes, qui espéraient un débat sur certains points clefs du texte, tel que l’article 7 qui repousse l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Invité ce mardi de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat, le socialiste Michaël Delafosse a voulu dénoncer le « populisme de gauche » du parti de Jean-Luc Mélenchon. « L’Assemblée comme le Sénat sont des lieux de l’éloquence, où par le verbe on expose ses idées et ses contradictions, mais ce n’est pas le lieu de l’outrance. On peut avoir des désaccords politiques, mais on ne traite pas un ministre d’assassin, on ne le caricature pas. La gauche ne peut pas être cela, sinon elle est condamnée à témoigner sur les bancs de l’opposition et ne sera pas une force d’alternance pour améliorer la vie des gens », a voulu avertir le maire de Montpellier.

« Pour moi il est très clair que si les socialistes composent avec des forces d’outrance, qui font l’éloge de la violence, qui applaudissent Monsieur Quatennens, condamné par la justice pour avoir battu qui a sa femme, on ne va pas s’en sortir. Les gens veulent de la clarté », poursuit ce proche de Carole Delga, la présidente PS de la région Occitanie et l’une des figures critiques de la coalition de gauche.

« Il faut que la gauche s’affirme en fidélité à son histoire, dans le respect des valeurs démocratiques »

Pourtant, Michaël Delafosse réfute l’idée de gauches absolument irréconciliables, mais estime que les tenants d’une ligne plus modérée, notamment les sociaux-démocrates, ne sont pas suffisamment écoutés. « La gauche a toujours eu des débats, mais il y a une gauche qui ne doit pas se taire, c’est celle des socialistes. Elle ne doit pas se mettre à l’ombre d’un populiste. Elle doit être dans la clarté », martèle l’édile.

Il évoque notamment la législative partielle qui se tiendra dans l’Ariège les 26 mars et 2 avril prochains, et son soutien à Martine Froger, candidate PS dissidente face à Bénédicte Taurine, la candidate LFI-Nupes, pourtant soutenue par la direction du PS. « Olivier Faure a tort », lâche Michaël Delafosse. « Dans l’Ariège, il n’y a pas de risque d’extrême droite. Il faut que la gauche s’affirme en fidélité à son histoire, dans le respect des valeurs démocratiques ».

La nouvelle direction du PS

Au lendemain d’un congrès houleux, marqué par de nombreuses contestations autour de la réélection du premier secrétaire Olivier Faure, un accord passé entre ce dernier et ses principaux opposants a permis de faire retomber les tensions. Son principal challenger, Nicolas Mayer-Rossignol, a été nommé « premier secrétaire délégué » du parti, tandis qu’Hélène Geoffroy, soutenue par d’anciennes figures du quinquennat de François Hollande, a pris la présidence du conseil national, sorte de parlement du parti.

Interrogé sur l’efficacité de cet attelage, Michaël Delafosse a laissé planer un long silence, avant de balayer « Il est temps que le collectif reprenne force ». Et d’ajouter : « Je pense qu’Olivier Faure a tout intérêt à travailler de manière claire avec Nicolas Mayer-Rossignol pour avancer. Il faut qu’il fasse un peu plus d’efforts. »

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