« On ne peut pas continuer à accepter que l’on dise que les agriculteurs sont des empoisonneurs », s’exclame Didier Guillaume
Le ministre de l’Agriculture s’est élevé, sur le plateau d’Audition publique, contre le discours de « dénigrement » d’une « infime minorité » de citoyens mettant en cause régulièrement le modèle de production des producteurs français.

« On ne peut pas continuer à accepter que l’on dise que les agriculteurs sont des empoisonneurs », s’exclame Didier Guillaume

Le ministre de l’Agriculture s’est élevé, sur le plateau d’Audition publique, contre le discours de « dénigrement » d’une « infime minorité » de citoyens mettant en cause régulièrement le modèle de production des producteurs français.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Citoyens lambdas, associations, ONG : tout le monde en a pris pour son grade. Le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a exprimé sa colère, sur Public Sénat, LCP et sur le Figaro Live, contre le discours de « dénigrement » frappant les agriculteurs français. Ce qu’on appelle en bon français « l’agri-bashing ». Après la démonstration de force des producteurs, emmenés par la FNSEA, le premier syndicat du secteur, le ministre se propose d’être un « bouclier » pour la profession.  « On ne peut pas continuer à accepter – par un certain nombre de nos concitoyens, pas par tous, une infime minorité – de sans cesse critiquer les agriculteurs, de dire que ce sont des pollueurs, des empoisonneurs. Ce n’est pas vrai, quand on sait que notre agriculture est une des plus durables du monde et quand on sait que l’alimentation qui en est issue, elle est saine, sûre et tracée », a-t-il insisté.

Sans réaction, le danger est, ni plus ni moins, la disparition de l’agriculture française, selon lui. « À force, on contribue à faire en sorte que demain il n’y ait plus d’alimentation et d’agriculture françaises ! »

Loi agriculture et alimentation : « ça ne marche pas car ça démarre »

Promettant une campagne d’ « information » pour soutenir l’agriculture française et la promotion des produits nationaux, le ministre s’est aussi exprimé sur le revenu des agriculteurs. Ce sera l’autre grand thème de la rencontre, ce mardi 3 décembre, entre le Premier ministre, Didier Guillaume et la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles). Le ministre a refusé de constater un « échec » du gouvernement dans le déséquilibre des relations entre agriculteurs et distributeurs, que la loi Agriculture et alimentation est censée avoir corrigé. Or, un rapport du Sénat considère qu’on est loin du compte sur cette ambition.

Pour Didier Guillaume, l’explication est toute trouvée : la loi n’a qu’un an, et le retour sur expérience est prématuré après la promulgation récente. « Ça ne marche pas car ça démarre là », martèle-t-il. Le prochain bilan est attendu bientôt. Un nouveau cycle de négociation sur les prix s’est engagé avec les distributeurs et doit s’achever fin février. Il n’empêche, pour l’heure, « la loi est une loi d’équilibre », considère le ministre.

Partager cet article

Dans la même thématique

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le

Macron Sénat 3 ok
14min

Politique

[Série 3/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : lors du second quinquennat, « le Sénat est un peu le roi du pétrole »

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffements, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après sa réélection historique en 2022, Emmanuel Macron n’a qu’une majorité relative, l’obligeant à composer avec les LR pour obtenir des majorités. Le Sénat y trouvera son intérêt et un pouvoir d’influence. Après la dissolution manquée en 2024, la droite entre au gouvernement et fait partie de la majorité. L’opposant d’hier se retrouve aux côtés des macronistes, tout en gardant ses distances.

Le

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le