Parcoursup : « 25% des filières ont eu recours à des algorithmes locaux » affirme Pierre Ouzoulias
Alors que les étudiants peuvent s'inscrire dès ce mardi 22 janvier sur la plateforme d'admission post-bac, Parcoursup, la polémique autour des algorithmes locaux continue après que le Défenseur des droits, Jacques Toubon a émis des critiques et recommandations sur la plateforme

Parcoursup : « 25% des filières ont eu recours à des algorithmes locaux » affirme Pierre Ouzoulias

Alors que les étudiants peuvent s'inscrire dès ce mardi 22 janvier sur la plateforme d'admission post-bac, Parcoursup, la polémique autour des algorithmes locaux continue après que le Défenseur des droits, Jacques Toubon a émis des critiques et recommandations sur la plateforme
Public Sénat

Par Yann Quercia

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Coup d’envoi aujourd’hui pour le lancement de la deuxième édition de Parcoursup.  Les futurs bacheliers et les étudiants en réorientation peuvent saisir leurs souhaits de formation dans l’enseignement supérieur. La plateforme, qui a suscité de nombreuses critiques l’année dernière avait conduit au printemps à une large mobilisation des étudiants, qui lui reprochaient d’instaurer la sélection à l’entrée à l’université.

Hier, le Défenseur des droits Jacques Toubon a émis des critiques et recommandations pour Parcoursup. Selon lui, tous les candidats devraient être en mesure de connaître « le contenu exact et la manière précise d'évaluation de leur candidature, (...) en amont du processus ». Il demande au gouvernement de prendre « les mesures nécessaires, d'ordre législatif et d'ordre réglementaire afin de rendre publiques toutes les informations relatives au traitement, y compris algorithmique, et à l'évaluation des dossiers des candidats par les commissions locales des établissements ».

« Ce ne sont pas des recommandations, ce sont des injonctions »

Le Défenseur des droits avait été saisi le 18 juin 2018 du sujet par plusieurs syndicats étudiants et enseignants, ainsi que le sénateur communiste des Hauts-de-Seine, Pierre Ouzoulias, et de Stéphane Troussel, le président PS du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis. Pierre Ouzoulias réagit pour Public Sénat à ces recommandations : « Ce ne sont pas des recommandations, ce sont des injonctions et il demande que la ministre présente ses mesures dans deux mois. »

Pierre Ouzoulias regrette qu’il ait fallu presque une année pour obtenir des réponses : « Je suis satisfait mais aussi désolé. Satisfait parce que ça fait un an que nous disons que ce système est complètement opaque. La ministre a remplacé le tirage au sort d’APB par l’opacité. Cela fait un an que nous demandons des documents à la ministre, que M. Toubon a obtenus et qui lui permettent aujourd’hui de fonder son avis. Je suis triste car un parlementaire est obligé de passer par le défenseur des droits pour contrôler l’action du gouvernement. »

Le sénateur communiste affirme que 25% des filières ont eu recours à des algorithmes locaux : « Il n’est pas normal que pendant un an, il ait été affirmé que les algorithmes locaux n’existaient pas alors que maintenant on a appris qu’il y en avait dans environ 25 % des filières. » Ce chiffre a été donné par le sénateur LREM Antoine Karam la semaine dernière, à l’occasion d’un débat au Sénat sur le bilan de l’application de Parcoursup : « Mais seules 25 % des formations ont recours à un outil d'aide à la décision. Le calendrier sera accéléré en 2019. »

Sur le lycée d'origine, l'un des critères de sélection, Jacques Toubon estime qu'une majorité d'établissements n'a pas explicitement détaillé ses modalités de traitement. Il estime que départager les candidats peut être considéré comme une pratique discriminatoire. « Je pense qu’il faut revenir à une pratique simple qui était le baccalauréat, anonyme. » affirme Pierre Ouzoulias. Il conclut : « Avec Parcousup, le baccalauréat n’est plus une référence : ce qui compte ce sont les notes du lycée et dans ce cas-là, le risque est celui de la sélection sociale.»

 « C’est une question récurrente qui relève en fait de chaque établissement »

A la sortie des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, ce mardi, la ministre de l’Enseignement Supérieur, Frédérique Vidal a été interrogée sur cette question « des algorithmes locaux ».

« C’est une question récurrente qui relève en fait de chaque établissement (…) ce qu’il faut bien comprendre, c’est que chaque année les populations de futurs étudiants qui souhaitent s’inscrire sont différentes. Ce qui est important, c’est que les critères d’examen soient connus, ce qui est le cas cette année. Ensuite, les jurys délibèrent. Cette délibération, il est difficile de savoir à l’avance comment elle va se dérouler, tant qu’on ne connaît pas les candidats. Sur ce sujet, ce qui est vraiment important, c’est de rappeler que les filières sélectives continuent de sélectionner au travers de la plateforme Parcoursup comme elles le faisaient auparavant »

Existe-t-il des algorithmes locaux ? : "C'est une question récurrente qui relève de chaque établissement et qui a été confirmée par plusieurs expertises" affirme Frédérique Vidal
01:33

 

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