Pesticides: « On suit strictement des avis scientifiques », affirme Elisabeth Borne
Le gouvernement a suivi "strictement" des avis scientifiques pour proposer une distance minimale de 5 à 10 mètres entre les...

Pesticides: « On suit strictement des avis scientifiques », affirme Elisabeth Borne

Le gouvernement a suivi "strictement" des avis scientifiques pour proposer une distance minimale de 5 à 10 mètres entre les...
Public Sénat

Par Propos recueillis par Taimaz SZIRNIKS

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3 min

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Le gouvernement a suivi "strictement" des avis scientifiques pour proposer une distance minimale de 5 à 10 mètres entre les habitations et les zones d'épandage de produits phytosanitaires, assure à l'AFP la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne.

Q: Ces "5 à 10 mètres", selon les cultures, que le gouvernement propose sont-elles des distances de sécurité définitives ?

R: "Ces distances ne sortent pas d’un chapeau, elles ont été rendues publiques en juin par un comité d'experts scientifiques. Ils proposent des distances minimales de 10 mètres pour les cultures hautes et de 5 mètres pour les autres cultures. Des chartes seront discutées localement pour adapter ces distances.

Il est important qu’on puisse repartager ces avis, que l’Anses puisse réexpliquer la façon dont les distances ont été proposées. L’objectif premier est de protéger les riverains au 1er janvier 2020."

Q: Ces distances sont jugées insuffisantes par les écologistes: c'est une défaite du ministère de la Transition écologique face à l'Agriculture?

R: "C’est un enjeu de santé publique, un enjeu trop important pour qu’on soit dans les polémiques et les caricatures. Nous sommes partis de l’avis de l’Anses qui se fonde sur l’avis d’experts indépendants pour faire des recommandations, et qu'on suit strictement. C’est la première fois qu’on va mettre en place des distances minimales et on est un des seuls pays à le faire en Europe!

Ce n’est pas la victoire ou la défaite de tel ou tel ministère. Que dirait-on si c’est l'un d'eux qui définit les distances ? C’est le rôle de l'Anses de faire des propositions. Ce sera réévalué régulièrement. On est ouverts à toutes les nouvelles données dont pourraient disposer les scientifiques."

Q: Vous comprenez la déception de certains maires, qui ont pris des arrêtés anti-pesticides?

R: "Le président de la République a dit au maire de Langouët qu’il partage sa préoccupation, je peux dire que je partage aussi cette préoccupation des maires de protéger les riverains.

On peut rééchanger sur la façon dont ces distances ont été proposées par l’Anses, sur les avis qui existent. Tout cela doit faire l’objet de la plus grande transparence.

Je suis très ouverte par exemple à ce qu’on refasse rapidement une étude pour regarder la situation dans les différents pays européens et qu’on s’assure qu’on est bien dans les meilleures pratiques en Europe.

Il y a plusieurs enjeux : la protection des riverains, et le travail de fond qu’on doit faire pour accompagner les agriculteurs afin qu’ils utilisent de moins en moins de pesticides de synthèse. Certaines démarches ont des résultats, pas toujours à la hauteur de ce que l’on souhaite. On va accompagner au mieux les agriculteurs, avec (le ministre de l'Agriculture) Didier Guillaume, pour qu’ils utilisent de moins en moins de pesticides."

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