Philippe Madrelle, le doyen du Sénat, est mort
Ancien poids lourd de la Gironde, Philippe Madrelle a passé près de quarante ans au Palais du Luxembourg. Le plus vieux sénateur de la Haute assemblée était un compagnon de longue date de la gauche.  

Philippe Madrelle, le doyen du Sénat, est mort

Ancien poids lourd de la Gironde, Philippe Madrelle a passé près de quarante ans au Palais du Luxembourg. Le plus vieux sénateur de la Haute assemblée était un compagnon de longue date de la gauche.  
Public Sénat

Par Marie-Pierre Bourgeois

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Le sénateur et ancien président du conseil général de Gironde est décédé le mardi 27 août à 82 ans.

Doyen du Sénat, Philippe Madrelle entame une très longue carrière politique dès 28 ans. Résistant, membre de la SFIO, ce fils d’un maire d’une petite commune de Gironde devient conseiller municipal en 1965 à Ambarès-et-Lagrave, dans les environs de Bordeaux.

Alors professeur d’anglais dans le secondaire, il est désigné suppléant du député de la Gironde, René Cassagne. A son décès, Philippe Madrelle rentre au Palais Bourbon et devient en 1968, à 31 ans, le plus jeune député de France. Il se rapproche lors de son passage à l’Assemblée nationale de François Mitterrand, alors député de la Nièvre, et devient huit ans plus tard maire de Carbon-Blanc.

La même année, Philippe Madrelle est élu président du conseil général de la Gironde et créé le fond départemental d’aide à l’équipement des communes, un dispositif qui permet alors à chaque conseiller général de redistribuer des fonds dans son canton.

En quittant l’Assemblée nationale, Philippe Madrelle devient sénateur en 1980. Encouragé par le Président de la République, François Mitterrand, et fervent soutien des premières lois de décentralisation, il devient président de la région Aquitaine de 1981 à 1985.

Mentor politique, le sénateur forme dans son cabinet des futures têtes d’affiches politiques comme les anciens parlementaires Gilles Savary et Alain Anziani ou encore Alain Rousset, le président du conseil régional de Nouvelle Aquitaine. « Il a eu la vista politique en créant une pépinière de talents » explique l’une de ses proches, Françoise Cartron, sénatrice (LREM) de la Gironde.

Décédé le 27 août d’un cancer, Philippe Madrelle avait annoncé il y a plusieurs semaines ne pas se représenter en 2020.

Un élu de « l’ancien monde »

Elu au Sénat depuis 39 ans sans interruption, « avec son décès, nous changeons d’époque » reconnaît l’ancienne socialiste Françoise Cartron. « Il incarnait l’homme politique de ces quarante dernières années, où le cumul des mandats était la norme. Sa vie est un témoignage de ce que pouvait être un élu local. »

Nathalie Delattre, sénatrice RDSE de la Gironde, salue, elle « un homme qui a toujours placé la défense de son département en tête de ses priorités ». Tout en reconnaissant que son parcours de cumulard ne « fait plus rêver les jeunes générations en politique. »

Philippe Madrelle était d’ailleurs conscient d’appartenir à « l’ancien monde ». « Un tel parcours ne sera bientôt plus possible (…) Nous abordons une nouvelle époque de la vie politique » avait-t-il ainsi déclaré à la tribune lors de la séance inaugurale de la dernière mandature en 2017 au titre de doyen du Sénat.

Les hommages se sont multipliés ces dernières heures. A commencer par celui de François Hollande qui s’était rendu en Gironde en 2018 pour fêter les cinquante années de vie politique de Philippe Madrelle.

L’ancien Président de la République était accompagné de Patrick Kanner, le président du groupe socialiste au Sénat, qui a, lui aussi, regretté la disparition de Philippe Madrelle.

Le Président du Sénat, Gérard Larcher, a également communiqué sur les réseaux sociaux.

Un éloge funèbre sera prononcé dans l’hémicycle au début de la session ordinaire.

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