Emmanuel Macron a terminé vendredi son voyage de quatre jours à Mayotte et La Réunion en annonçant un fonds d'aide à l’agriculture de l'île,...
Pique-nique et aides à l’agriculture pour la fin du voyage de Macron à La Réunion
Emmanuel Macron a terminé vendredi son voyage de quatre jours à Mayotte et La Réunion en annonçant un fonds d'aide à l’agriculture de l'île,...
Par Cécile AZZARO
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Emmanuel Macron a terminé vendredi son voyage de quatre jours à Mayotte et La Réunion en annonçant un fonds d'aide à l’agriculture de l'île, après l'important plan pour l'emploi dévoilé la veille, afin d'apaiser les "grandes difficultés et tensions" que le chef de l'Etat a pu constater dans ce territoire grevé par le chômage et la pauvreté.
Ses dernières 24 heures dans l'Océan indien ont été ternies par des heurts qui ont éclaté jeudi soir au nord de l'île entre une centaine de jeunes et des forces de l'ordre dans la commune du Port, à 20 km de Saint-Denis et plus d'une dizaine de voitures brûlées. Dans le quartier du Chaudron à Saint-Denis, un fast-food à été caillassé.
Des violences que le président de la République a condamnées vendredi. "La violence n'a jamais permis d'accélérer les choses", elle "n'apporte aucune solution". Ces violences "je les condamne et je les regrette", a-t-il déclaré dans sa conférence de presse finale. Je veux m'attaquer à la racine de ces difficultés" que "je ne mésestime pas", a-t-il cependant assuré.
Vendredi, le chef de l'Etat s'est rendu dans une ferme de Petite-Ile, au sud de La Réunion, pour échanger avec les représentants des filières agricoles, qui représentent 40.000 emplois et participer à un pique-nique créole sur la plage.
Le président Emmanuel Maron (c), la ministre du Travail Muriel Pénicaud (g) et la ministre des Outre-mer Annick Girardin visitent une ferme, le 25 octobre 2019 à Petite-Ile, à La Réunion
AFP
Il leur a promis de 40 à 45 millions d'euros les aides à l'agriculture locales, regroupées dans un fonds, avec quatre objectifs: "l'autonomie alimentaire d'ici 2030" dans l'île, de 70% actuellement; un plan "zéro leucose bovine" pour éradiquer cette maladie qui touche tout le cheptel, la modernisation de la filière canne à sucre et le développement de filière nouvelles, comme les plantes médicinales. Les aides aux agriculteurs seront déplafonnées, a-t-il encore promis.
Le chef de l'Etat s'est pourtant défendu de faire une politique du carnet de chèques et assuré vouloir apporter une vision à long terme, dans une île où cohabitent pacifiquement les religions -- "il y a quelques jours, l'évêque a remis à un imam la Légion d'honneur, tout un symbole", a-t-il souri -- mais qui, selon lui, "peut basculer" avec l’émergence de "l'islamisme radical".
- Résilience -
"La région a des potentialités incroyable mais la population va plus que doubler dans les 20 ans qui viennent. L'islamisme radical est en train de rentrer par certains petits bouts. Et donc cette région peut basculer si on n'y prend pas garde, si on n'aide pas nos territoires à construire un avenir pour les jeunes".
"Mais j'ai trouvé ici une force d'âme et une résilience", a-t-il dit, citant aussi "la ferveur incroyable" pour la République qu'il a vu à Mayotte, illustrée par une Marseillaise chantée dans un village.
La veille, Emmanuel Macron était allé rencontrer des Réunionnais lors d'une visite surprise dans un quartier rénové de Saint-Denis, où des habitants en grandes difficultés l'ont interpelé sans ménagement.
Le président Emmanuel Macron parle avec des habitants du quartier rénové des Camélias, le 24 octobre 2019 à Saint-Denis-de-la-Réunion
AFP
"Y a pas de travail, Monsieur. Comment on fait avec 790 euros par mois ?" lui a demandé une femme. "Je suis au chômage, je suis au bout", lui a lancé une autre, au bord des larmes, dont le chef de l'Etat a transmis le dossier au préfet. Plusieurs l'ont accusé de venir chercher des voix. "Mais je ne suis candidat à rien!", a rétorqué le président.
Marine Le Pen, arrivée en tête aux européennes à la Réunion et Mayotte, a estimé vendredi sur France 2 qu'il s'agissait "d'un voyage électoraliste".
Emmanuel Macron lors d'un meeting devant la Préfecture de La Reunion, le 24 octobre 2019
AFP
Dans ce territoire de plus de 850.000 habitants, dont 40% vivent sous le seuil de pauvreté, il a dévoilé jeudi un vaste plan pour l'emploi et la formation de 700 millions d'euros sur 3 ans.
Notamment, le dispositif des emplois francs qui octroie une prime aux employeurs de chômeurs sera étendu à toute l'île, le cumul du RSA et de l'emploi à temps partiel autorisé et 12.000 emplois aidés par an maintenus. Le RSA, jusqu’ici à la charge du département, sera à partir de 2020 payé par l'Etat.
Ces aides s'ajouteront à l'exonération des charges patronales jusqu'à deux fois le SMIC dans certains secteurs, une mesure pour l'outre mer votée jeudi par l'Assemblée.
Comme il achevait son séjour, le Piton de la Fournaise est entré en éruption, pour la 5e fois de l'année.
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.