Pitié-Salpêtrière: appels à la démission de Castaner et à son audition devant le parlement
Des élus d'opposition ont réclamé vendredi l'audition devant le Parlement de Christophe Castaner, d'autres exigeant la démission du ministre, au...

Pitié-Salpêtrière: appels à la démission de Castaner et à son audition devant le parlement

Des élus d'opposition ont réclamé vendredi l'audition devant le Parlement de Christophe Castaner, d'autres exigeant la démission du ministre, au...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Des élus d'opposition ont réclamé vendredi l'audition devant le Parlement de Christophe Castaner, d'autres exigeant la démission du ministre, au coeur d'une polémique pour ses propos sur une "attaque" de l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière le 1er mai.

Le président des sénateurs PS, Patrick Kanner, a annoncé sur Twitter son intention de solliciter la convocation du ministre devant la commission des Lois du Sénat, "pleinement" justifiée selon lui par "l'analyse objective des faits à la Pitié-Salpêtrière et leurs commentaires pour le moins hasardeux".

Son homologue à l'Assemblée nationale, Valérie Rabault, demande elle aussi l'audition de M. Castaner devant la commission des Lois de l'Assemblée, estimant "nécessaire" que le ministre s'explique sur ses déclarations.

"S'il s'avérait que le ministre de l'Intérieur a relayé sciemment ou pas de fausses informations ou des informations non vérifiées, se trouverait dès lors nécessairement posée la question du maintien de la confiance que lui accordent le président de la République et le Premier ministre, avec les conséquences que cela implique", écrivent les députés PS dans un courrier adressé à la présidente de la commission des Lois de l'Assemblée, Yaël Braun-Pivet (LREM).

De leur côté, Eliane Assassi, présidente des sénateurs CRCE à majorité communiste, et André Chassaigne, président du groupe GDR à l'Assemblée, ont demandé dans un communiqué commun, à la fois "la convocation dans l'urgence du ministre de l'Intérieur par les commissions des lois du Parlement et la création d'une commission d'enquête parlementaire pour que toute la lumière soit faite sur les événements du 1er mai".

"Le ministre de l’Intérieur participe volontairement à l’aggravation des tensions, déjà nourries par le refus du chef de l’État et du gouvernement d’entendre les aspirations populaires", affirment-ils, l'accusant d'être un "provocateur et un manipulateur".

Plusieurs élus ont appelé à la démission du ministre, accusé de mensonges.

Le député du Nord Adrien Quatennens lors d'un meeting de La France Insoumise, le 30 octobre 2018 à Lille
Le député du Nord Adrien Quatennens lors d'un meeting de La France Insoumise, le 30 octobre 2018 à Lille
AFP/Archives

Christophe Castaner "doit partir, il n'est pas à la hauteur de sa fonction, il ne se comporte pas en homme d'État", a affirmé le député LFI du Nord Adrien Quatennens sur BFMTV, dénonçant un "mensonge" du ministre de l'Intérieur.

"Bien sûr qu’il doit démissionner parce qu’aujourd’hui on connait la réalité (...) Il a menti de manière éhontée. Place Beauvau, on a le roi des mythos et la réalité, c’est que le tissu de mensonges est la seule étoffe qui lui aille", s'est pour sa part exclamé le chef de file des communistes aux européennes, Ian Brossat, sur RTL.

"Il a menti, il a voulu manipuler l'opinion, il doit démissionner, ce n'est qu'une longue suite d'incompétences et de mensonges", a accusé le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan. Même exigence du candidat "frexit" aux européennes, Florian Philippot, qui l'accuse d'être "un menteur de l'Intérieur".

Raphaël Glucksmann, tête de liste Place publique/PS, a lui estimé sur France Bleu Périgord que le ministre devait être auditionné.

Tout en dénonçant un "emballement du gouvernement", la tête de liste UDI pour les Européennes, Jean-Christophe Lagarde, a refusé de se joindre aux appels à la démission. Tout comme Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, qui a déploré que M. Castaner ait "surréagi" mais qu'il fallait "en finir avec la culture de l'excuse". Le chef de file des sénateurs LR, Bruno Retailleau, a dit prendre "acte du mea culpa" du ministre.

M. Castaner a reconnu vendredi qu'il n'aurait pas dû employer le terme "attaque" mais "intrusion violente", tout en récusant toute idée de démission.

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS, Conseil constitutionnel, Constitutional Council, Palais Royal
7min

Politique

Le Conseil constitutionnel est-il devenu un arbitre sursollicité ?

Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».

Le

France Wildfires
2min

Politique

La France a demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’UE : en quoi consiste ce dispositif ?

Face à la multiplication des feux en France, en particulier en Gironde et dans les Landes, le président de la République Emmanuel Macron a demandé l’activation du mécanisme de protection civile européen hier soir. Déjà utilisé par le passé à Mayotte ou en Ukraine, ce dispositif permet « de proposer une réponse d’urgence » face aux incendies sur le sol européen.

Le

France Extreme Weather Heat
3min

Politique

Incendie au Cap-Ferret : 10 000 hectares parcourus, 80 maisons brûlées et 40 000 personnes évacuées, « le feu continue de progresser », annonce Laurent Nuñez

Le ministre de l’Intérieur a fait un point de situation, ce vendredi matin, sur « le plus feu gros de la saison » qui menace dangereusement le Cap-Ferret, en Gironde. « Le feu n’est pas maitrisé et continue de progresser », alerte Laurent Nuñez. Au total, 50 000 hectares ont brûlé depuis le début de l’année, « quasiment trois fois » plus que l’an dernier.

Le