Plan de relance : les entreprises réclament plus de concertation avec les territoires
Réunis dans une table ronde au Sénat, les représentants des entreprises françaises ont dressé le bilan économique du secteur, au lendemain de la crise, et demandé au gouvernement des mesures d’accompagnement pour la suite, qui impliqueraient les acteurs territoriaux.

Plan de relance : les entreprises réclament plus de concertation avec les territoires

Réunis dans une table ronde au Sénat, les représentants des entreprises françaises ont dressé le bilan économique du secteur, au lendemain de la crise, et demandé au gouvernement des mesures d’accompagnement pour la suite, qui impliqueraient les acteurs territoriaux.
Public Sénat

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Après la crise, la relance. Ce mercredi, la relance économique des entreprises françaises était à l’ordre du jour, au Sénat. Une table ronde, organisée par la délégation sénatoriale aux entreprises, réunissait les différents représentants des entreprises françaises pour faire le bilan sur la situation économique de ces acteurs économiques. « L’objectif est de préparer les travaux législatifs des prochaines semaines, en faisant entendre les voix des entreprises », revendique sa présidente Elisabeth Lamure. « Il est nécessaire que nous échangions, pour que le Sénat puisse contribuer à améliorer le contexte normatif et budgétaire dans lequel les entreprises exercent leurs activités. »

Car, au lendemain de la crise sanitaire, les entreprises françaises, touchées de plein fouet, présentent un sombre bilan. « Aujourd’hui 95% des entreprises se considèrent touchées directement par cette crise sanitaire, beaucoup ont été impactées par l’obligation de fermeture », avance Joël Fourny, président des Chambres de Métiers et de l’Artisanat (CMA) France. « Les derniers sondages de nos adhérents ne sont pas encourageants », renchérit Olivier Schiller, administrateur du Mouvement des Entreprises de Taille Intermédiaire (METI). « Nous prévoyons une baisse du chiffre d’affaire de 15% des entreprises sondées, et 44% d’entre elles vont être en perte. Ces entreprises abordent la période à venir avec beaucoup d’incertitude et d’inquiétude. »

Un bilan très hétérogène

Pourtant, dans plusieurs secteurs, la reprise d’activité a montré un dynamisme plus fort que ce qui était attendu, au lendemain du confinement et pendant l’été, et les mesures d’accompagnement mises en place par le gouvernement au moment de la crise a permis à beaucoup d’entreprises de rester à flot. « Globalement, la Banque de France fait état d’une reprise plus vigoureuse que ce qui était attendu, mais cette reprise est assortie d’une grande dispersion selon les activités », nuance Pierre Goguet, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) France. « Nous ne pouvons plus raisonner sur des moyennes. Il faut être plus fin selon les territoires, les secteurs et les entreprises. Par exemple, le secteur du tourisme a extrêmement bien marché, cet été, sur les côtes, mais à Paris ou à Lourdes, le secteur est sinistré. » « La situation des entreprises est très hétérogène », abonde François Asselin, président de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME). « Au niveau macro, on peut se féliciter, c’est moins pire que pire. Mais le bilan diffère d’un secteur à un autre, ou d’une situation territoriale à une autre. »

Si tous les représentants des entreprises s’accordent sur l’efficacité des mesures d’accompagnement mises en place pendant la crise sanitaire, notamment le prêt garanti par l’Etat (PGE), la plupart d’entre eux s’inquiètent de la manière dont les entreprises vont devoir gérer l’après, avec la reprise du calendrier des échéances de paiement. « Certaines entreprises, dont le modèle économique est pourtant tout à fait viable, ne pourront pas faire face à ce mur de dettes qui les attend. Nous avons donc soumis à l’exécutif la proposition de réfléchir à un prêt de consolidation, qui regrouperait l’ensemble de leurs dettes pour pouvoir les étaler jusqu’à dix ans. » « 70% des entreprises de taille intermédiaire ont bénéficié du PGE, et un quart d’entre elles auront des difficultés à le rembourser. Il faut un dispositif qui prenne le relai au PGE », avance Olivier Schiller.

« On veut savoir qui pilote, comment ça va se passer »

Le plan de relance, dévoilé récemment par le gouvernement, suscite, quant à lui, l’inquiétude des représentants des entreprises. « Concernant le plan de relance, on peut avoir les meilleures intentions du monde, si l’intendance ne suit pas, ça ne vaut rien », lâche François Asselin. « On ne peut pas s’adresser aux 1,8 million de PME depuis Bercy, il faut s’appuyer sur les territoires et les élus du territoire. Et, de ce côté, on est en attente forte d’une méthodologie. On veut savoir qui pilote, comment ça va se passer. Il faut qu’on en sache plus, et rapidement, car si la mise en place n’est pas rapide, les PME et TPE vont en subir les conséquences. » Un avis partagé par Joël Fourny qui revendique, lui aussi, une concertation plus forte avec les territoires. « Comment ce plan va-t-il se mettre en œuvre, concrètement, sur les territoires ? », interroge ce dernier. « Les chambres consulaires et autres acteurs locaux devront jouer un rôle essentiel. Il faut mettre en interaction les dispositifs d’Etat et les dispositifs complémentaires au niveau régional. » Unanimement, les représentants des entreprises le demandent donc : « il est urgent de rétablir le lien de confiance devant la période à venir ».

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Plan de relance : les entreprises réclament plus de concertation avec les territoires
4min

Politique

« Le surtourisme transforme les villes en musée » alerte Daniel Salmon, sénateur écologiste 

Avec plus de 10 millions de visiteurs par an, Montmartre est devenu l’un des sites les plus visités de France. Une surfréquentation qui ne va pas sans poser de problèmes pour les quelques 27 000 habitants qui résident à l’année dans ce quartier de la capitale. Anne Renaudie, habitante de Montmartre, raconte les difficultés de cette cohabitation dans l’émission Dialogue Citoyen présentée par Quentin Calmet.

Le

Plan de relance : les entreprises réclament plus de concertation avec les territoires
5min

Politique

Affaire Lyhanna : « Les hommes se servent, utilisent et abusent du corps des femmes et des enfants en toute impunité », dénonce la sénatrice Laurence Rossignol (PS)

À l’unisson de la gauche, la sénatrice socialiste Laurence Rossignol pointe ce vendredi, sur Public Sénat, le manque d’éducation et de prévention face aux violences masculines dans le sillage du meurtre de la jeune Lyhanna. Elle regrette le manque de moyens d’enquête pour les crimes sur enfants, mais n’appelle pas à la démission du garde des Sceaux Gérald Darmanin.

Le