Polynésie: Gaston Flosse ne peut pas se présenter aux municipales à Papeete
La Cour de cassation a rejeté jeudi le pourvoi de l'ancien président de la Polynésie française Gaston Flosse, qui souhaitait s...

Polynésie: Gaston Flosse ne peut pas se présenter aux municipales à Papeete

La Cour de cassation a rejeté jeudi le pourvoi de l'ancien président de la Polynésie française Gaston Flosse, qui souhaitait s...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La Cour de cassation a rejeté jeudi le pourvoi de l'ancien président de la Polynésie française Gaston Flosse, qui souhaitait s’inscrire sur les listes électorales de Papeete, pour pouvoir être candidat aux municipales dans la commune.

A 88 ans, M. Flosse, qui a également été sénateur, député et maire de Pirae, n’est plus inéligible et veut rebondir en politique.

L'ancien homme fort de Polynésie s'était pourvu en cassation contre le jugement du tribunal de première instance de Papeete, qui avait fin janvier refusé son inscription sur les listes électorales de Papeete, considérant que le local qu'il présentait comme étant son logement ne pouvait être considéré comme sa résidence principale.

M. Flosse affirme résider à Papeete depuis plus de six mois, dans un local de 15 m2 qu’il sous-loue dans la permanence politique de son propre parti, le Tahoeraa.

Mais la mairie de Papeete, puis la justice, ont estimé que ce local ne pouvait être considéré comme sa résidence principale.

Dans son arrêt, la Cour de cassation considère que le tribunal a estimé "dans l’exercice de son pouvoir souverain d’appréciation" que M. Flosse ne justifiait pas d'un domicile réel dans la commune de Papeete.

La Cour note aussi que le tribunal a "légalement justifié sa décision" en considérant que le délai obligatoire de six mois d'habitation dans la commune pour être inscrit sur les listes électorales "n’était pas acquis à la date de la demande d’inscription de M. Flosse" sur les listes électorales.

"La messe n'est pas dite", a réagit l'avocat de Gaston Flosse, Me Dominique Antz, sur la chaine locale TNTV, affirmant qu'il allait ressaisir rapidement le tribunal. "Il est vrai qu’au jour de la demande d’inscription formulée par M. Flosse il n’y avait pas la durée de 6 mois. En vertu de la nouvelle demande d'inscription formulée début février, nous avons la durée de 6 mois", a-t-il expliqué.

Le tribunal de Papeete avait estimé que le local de M. Flosse "ne saurait être qualifié de local d’habitation en l'absence d’aménagement permettant une habitabilité pleine des lieux (absence de cuisine) et de tout caractère privatif des lieux occupés".

M. Flosse avait alors invité la presse à visiter son studio, montrant qu’il disposait d’une cuisine et d’une douche dans un autre espace de la permanence de son parti.

Gaston Flosse a perdu tous ses mandats politiques en 2014, après une peine d'inéligibilité dans une affaire d'emplois fictifs. Il est désormais redevenu éligible, mais toujours poursuivi dans d’autres affaires.

Député, sénateur et secrétaire d'Etat de Jacques Chirac de 1986 à 1988, M. Flosse a été maire près de 35 ans de la ville de Pirae mais n'a pas voulu se représenter dans cette commune. Pirae est aujourd'hui dirigée par le président de la Polynésie française Edouard Fritch, son ancien dauphin devenu son principal adversaire politique.

Gaston Flosse s'est tourné vers Papeete, dont le maire Michel Buillard lui a refusé en début d’année son inscription sur les listes électorales.

Une bataille politique a débuté entre les deux hommes. Gaston Flosse a souligné que plusieurs SDF, ne disposant pas d’un logement à Papeete, étaient pourtant inscrits sur les listes électorales.

Michel Buillard a déposé plainte pour faux et usage de faux, affirmant que le bail de location de l’appartement de Gaston Flosse était un faux.

M. Flosse a répliqué en faisant déposer une requête en radiation des listes électorales contre Michel Buillard, arguant que celui-ci réside en réalité à Pirae.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le