Popularité de Jean-Luc Mélenchon : le chiffon rouge agité
Alors que Jean-Luc Mélenchon continue de grimper dans les sondages, la presse de droite tente d’alerter l’opinion sur « un programme délirant », en tombant parfois dans la caricature anticommuniste.

Popularité de Jean-Luc Mélenchon : le chiffon rouge agité

Alors que Jean-Luc Mélenchon continue de grimper dans les sondages, la presse de droite tente d’alerter l’opinion sur « un programme délirant », en tombant parfois dans la caricature anticommuniste.
Alexandre Poussart

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« Le Chavez français ». Voici le nouveau surnom de Jean-Luc Mélenchon trouvé par le journal Le Figaro qui a consacré sa Une, mercredi 12 avril, au candidat de la France Insoumise. Le quotidien de droite tente de lancer l’alerte sur « le programme délirant » de Jean-Luc Mélenchon et agite le chiffon rouge communiste en analysant sa personnalité et ses mesures.

« Maximilien Illitch Mélenchon »

une-melenchon.jpg

Dans son éditorial, Paul-Henri du Limbert rebaptise le candidat Maximilien Illitch Mélenchon en référence à Maximilien Robespierre et Vladimir Illitch Lénine, qui feraient partie du « Panthéon personnel » de Jean-Luc Mélenchon selon l’éditorialiste.

« Voilà un homme prêt à vous injurier si vous lui faites observer que les obsessions de Robespierre ont vite tourné à la psychopathie et qu'il n'a jamais vu un seul prisonnier politique à Cuba. »

Son programme : « Cuba sans le soleil, le rhum et la salsa »

melenchon-castro.jpg

Dans le dossier qui lui est consacré, Jean-Luc Mélenchon est décrit comme un « apôtre des dictateurs révolutionnaires » sud-américains : Fidel Castro, Hugo Chavez. Jean-Luc Mélenchon aurait fait de la statue de Simon Bolivar, dans le XVIIIe arrondissement parisien, son « lieu de pèlerinage ».

Pour le quotidien, le programme de Jean-Luc Mélenchon fait figure de « big bang social d’un autre temps » : retraite à 60 ans, salaires plafonnés de 1 à 20, interdiction des licenciements boursiers. Prolongeant le jeu de mots d’Emmanuel Macron sur la taxe à 75% du candidat Hollande en 2012, le quotidien s’amuse des propositions de La France Insoumise : « c’est Cuba sans le soleil, mais aussi sans le rhum et la salsa. »

Pour Les Echos, Mélenchon incarne « le risque français »

Selon le quotidien économique Les Echos, la montée dans les sondages de Jean-Luc Mélenchon inquiète les investisseurs. L’écart de taux d’intérêt à 10 ans entre la France à l’Allemagne aurait bondi de 10 points. Cette hausse serait survenu après un sondage portant Jean-Luc Mélenchon à 18% d’intentions de vote.

Le programme fiscal du candidat de La France insoumise inquiète les marchés financiers : il prévoit une taxation à presque 100% des revenus supérieurs à 20 fois le revenu médian, qui atteint 1800 euros net par mois en 2017.

La dérision des réseaux sociaux

melenchon-urss.jpg

Les réseaux sociaux n’ont pas tardé à tourner en dérision ces articles de presse anti-Mélenchon. Sur Twitter, l’image de l’Oeil de Sauron, personnage maléfique du Seigneur des Anneaux, est associée au QG de campagne de Jean-Luc Mélenchon avec la mention « Source de l’image : Le Figaro ». Un montage photo présente le candidat de la France insoumise en Godzilla avec le titre « Meluchzilla ».

melenchonzilla.jpg

En 1981, « les chars russes à la Concorde »

Cette inquiétude de la droite rappelle celle de 1981 avant l’élection de François Mitterrand, premier président de la socialiste de la Ve République. Des autocollants de l’Union nationale interuniversitaire annonçaient l’arrivée du collectivisme en France. Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Michel Poniatowski, craignait de voir arriver « les chars russes à la Concorde ».

Pour l’historien spécialiste du socialisme Alain Bergounioux, malgré une très vive critique par la droite du programme de Mitterrand en 1981, il est difficile de comparer la situation à la campagne anti-Mélenchon : « contrairement à Jean-Luc Mélenchon, François Mitterrand avait rompu avec les communistes avec la fin de l’union de la gauche en 1977. Il avait pris ses distances avec Georges Marchais et la droite croyait dans la victoire de Giscard. »

« C’est l’élection de François Mitterrand qui a créé un mouvement de panique dans la société française », raconte Alain Bergounioux. « La fuite des capitaux a duré quelques semaines et puis le paysage politique s’est recomposé. »

Plantu dessinera dans Le Monde « Ca alors ? Le président est socialiste et la Tour Eiffel est toujours à sa place ! »

Pour Alain Bergounioux, « l’arrivée de Mélenchon au second tour pourrait créer un vent de panique beaucoup plus fort qu’en 1981, surtout s’il est accompagné par Marine Le Pen… »

Partager cet article

Dans la même thématique

Popularité de Jean-Luc Mélenchon : le chiffon rouge agité
3min

Politique

« On est en droit de se poser des questions sur l’état mental de Donald Trump », pour Michel Cymes

Doit-on connaitre l’état de santé de ceux qui nous dirigent ? Doit-on évaluer leur santé mentale ? À l’affiche d’une pièce de théâtre, Michel Cymes interroge sur scène la question du secret médical des présidents élus et des candidats à la fonction suprême. Comment s’assurer de leurs capacités mentales et physiques sans trahir le secret médical ? À quelques mois de la prochaine élection présidentielle, il répond aux questions de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.

Le

Popularité de Jean-Luc Mélenchon : le chiffon rouge agité
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Municipales 2026 : comment les résultats dessinent déjà la carte des sénatoriales de septembre

Le Sénat sera renouvelé de moitié en septembre prochain, un scrutin intimement lié à celui des municipales en raison de son corps électoral. Les nouveaux équilibres communaux permettent ainsi d’anticiper sur la future composition de la Chambre haute, entre la résistance de la droite, le recul redouté des socialistes et des écologistes, et les ambitions inédites du RN et de LFI. Décryptage.

Le

EDF Reseau de Transport Electricite de Nice
6min

Politique

Marché européen de l’électricité : sortie ou réforme ? Les paradoxes de la normalisation du RN

Alors que les marchés de l’énergie s’affolent, Jordan Bardella a été attaqué par Bruno Retailleau sur sa proposition de sortie du marché européen de l’électricité. Le président du Rassemblement national estime défendre une simple « remise en cause des règles de fixation du prix » sans sortir du marché, illustrant ainsi la stratégie « attrape-tout » du RN, cherchant à la fois à contenter le grand patronat et son électorat populaire.

Le