Port du masque obligatoire : les maires en première ligne
C’était une volonté du « Monsieur déconfinement » du gouvernement, Jean Castex. Le nouveau Premier ministre met aujourd’hui en avant le « couple maire-préfet » dans la gestion de la crise du Covid-19.

Port du masque obligatoire : les maires en première ligne

C’était une volonté du « Monsieur déconfinement » du gouvernement, Jean Castex. Le nouveau Premier ministre met aujourd’hui en avant le « couple maire-préfet » dans la gestion de la crise du Covid-19.
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Après Nice, Tours ou encore Lille, Paris annonce que le port du masque sera désormais obligatoire dans certaines zones de la capitale. L'arrêté sera publié « en début de semaine prochaine », a appris franceinfo.

Le texte précisera la liste des lieux concernés par cette mesure. Il pourrait notamment s’agir des quais de Seine, des parcs, de certaines rues commerçantes ou encore des marchés découverts.

La maire de Paris, Anne Hildago, avait adressé une demande au préfet de police de Paris, Didier Lallement, ce mardi. Une illustration du fameux « couple maire-préfet », voulu par le nouveau Premier ministre, Jean Castex, du temps où il endossait encore ses habits du « Monsieur déconfinement du gouvernement ».

Plus de 1200 communes concernées

Mais un rapide coup d’œil à la carte de France suffit à mesurer les disparités entre les territoires. D’après un décompte – non exhaustif – réalisé par Le Monde, « au moins 1233 communes » étaient concernées par des obligations de porter un masque en extérieur.

Parmi elles, on dénombre notamment 69 villes de Mayenne, où le virus circule activement. Mais également d’autres agglomérations, pour l’heure relativement épargnées par l’épidémie, comme Orléans.

« Nous avons pris un arrêté rendant obligatoire le port du masque dans les endroits où il y a peu de distanciation physique possible », explique Florent Montillot, premier maire adjoint d’Orléans, en charge de la santé et de la sécurité, citant notamment « la douzaine de marchés » découverts et les « bords de Loire, qui sont très prisés de 21 heures au petit matin par les jeunes ».

« On voit bien que l’État refile le bébé aux collectivités locales »

« Fruit d’une connaissance de terrain », cet arrêté relève tout autant, pour l’élu, d’une « mesure de prévention et de précaution que d'une mesure pédagogique ». Le nombre de touristes a explosé en juillet, +100% par rapport à l’an passé, tandis que le taux de reproduction (le nombre de nouveaux cas qu’une seule personne contagieuse va générer en moyenne) est passé de 1 à la sortie du confinement à 2,3 aujourd’hui. « On essaie de bien expliquer qu’il y a une nécessité de bien se protéger et de protéger les autres », déclare Florent Montillot.

Pour la première fois depuis le début de l’épidémie de Covid-19, les mairies se retrouvent officiellement en première ligne. Tandis que certains arrêtés municipaux avaient été retoqués durant la période du confinement, le gouvernement fait aujourd’hui des collectivités territoriales les vedettes de la sortie de crise… quitte à se « défausser » sur les élus locaux, estime le sénateur (LR), Jean-François Husson. 

« Ce n’est pas idiot de se dire qu’il faut être plus draconien dans les zones avec clusters », admet le parlementaire de Meurthe-et-Moselle. « Mais on voit bien que l’État refile le bébé aux collectivités locales qui se retrouvent avec des dépenses supplémentaires ».

« Le gouvernement a beaucoup appris de ses erreurs »

Critiqué en raison de la pénurie de masques et sa gestion jacobine de la crise, le gouvernement verrait d’un très bon œil ces maires qui souhaitent incarner l’après confinement. « Il ne faudrait pas que cela se retourne contre les maires, en termes financier, et de désamour de la part de leurs administrés », prévient cependant Jean-François Husson.

« La pire des erreurs serait d’avoir des affrontements politiques ou politiciens sur ce sujet », analyse l’adjoint au maire d’Orléans, Florent Montillot. Mais « le gouvernement a beaucoup appris de ses erreurs et de ses échecs », estime-t-il évoquant la « guerre des masques » et de nombreux « revirements » dans la communication gouvernementale.

« On commence enfin à comprendre que des initiatives peuvent être prises beaucoup plus rapidement par les collectivités locales », se réjouit-il, soulignant la qualité de ses relations avec la préfecture.

Les « recommandations » du chef de l’Etat

Le gouvernement pourra-t-il rester sur cette ligne de crête très longtemps ? Le Premier ministre, en déplacement à Lille, ce lundi, a soigneusement évité les questions des journalistes concernant une éventuelle généralisation du port du masque.

Emmanuel Macron a quant à lui déclaré, ce vendredi, depuis Beyrouth sur BFM TV : « Je crois que maintenant il faut prendre l’habitude de porter ce masque. […] Et je recommanderai à chacun, quand on ne peut pas respecter les distances de sécurité, de mettre un masque par précaution. »

Des « recommandations » au niveau national et des « obligations » au niveau local… peut-être a-t-il inventé là le nouveau « en même temps » de son quinquennat ? « La semaine prochaine, nous tiendrons un Conseil de Défense. Je recommande la plus grande vigilance », a conclu le chef de l’Etat.

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