Pour l’ancienne ministre italienne de l’intégration Cécile Kyenge : « On a abandonné l’Italie »
Après l’annulation de la rencontre entre le ministre de l’Économie Bruno Le Maire et son homologue italien, la crise s’envenime entre Rome et Paris. Au centre de la discorde, l’attitude à adopter face à la crise migratoire, et le sort réservé aux 629 migrants pris en charge par l’Aquarius. Entre devoir d’humanité, et nécessité de reformer le système d’asile européen, le débat est ouvert entre les eurodéputés.

Pour l’ancienne ministre italienne de l’intégration Cécile Kyenge : « On a abandonné l’Italie »

Après l’annulation de la rencontre entre le ministre de l’Économie Bruno Le Maire et son homologue italien, la crise s’envenime entre Rome et Paris. Au centre de la discorde, l’attitude à adopter face à la crise migratoire, et le sort réservé aux 629 migrants pris en charge par l’Aquarius. Entre devoir d’humanité, et nécessité de reformer le système d’asile européen, le débat est ouvert entre les eurodéputés.
Public Sénat

Par Alexandre Delrieu

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Pour Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur italien, les 600 migrants récupérés au large des côtes Libyennes ne sont pas les bienvenus en Italie. Faute de les accueillir, Emmanuel Macron qui n’a pas ouvert les ports français, a dénoncé le cynisme du gouvernement de Giuseppe Conte.

« L’Europe doit récupérer ses valeurs »

Pour l’eurodéputée socialiste italienne et ancienne ministre de l’Intégration Cécile Kyenge, il est urgent que l’Europe « récupère ses valeurs » et trouve des solutions pour accueillir les migrants. Après avoir trop longtemps négligé la question migratoire et « abandonné l’Italie », l’ancienne ministre du gouvernement Letta de 2013 à 2014 estime que l’Europe doit aujourd’hui « prendre ses responsabilités » et met en garde. Si l’Europe doit trouver une solution politique, cela « ne peut pas se faire sur le dos de 629 personnes qui sont en danger dans la mer ».

« Les peuples européens veulent garder leur identité »

Pour le député européen FN Gilles Lebreton, les États d’Europe ne peuvent pas accueillir tous les migrants. Ils doivent coopérer avec les pays d’origine. « La véritable façon de traiter les flux migratoires c’est justement de les endiguer, de passer des accords avec les États de départ pour qu’ils les gardent sur place moyennant bien sûr une aide financière de notre part ».

Si  l’eurodéputé conservateur français Philippe Juvin reconnaît que les situations d’urgence comme celle de l’Aquarius ne devraient pas faire débat pour des questions élémentaires d’humanité, il souligne également la nécessité de travailler en amont des flux migratoires. « Comment fait-on pour faire en sorte que les hommes et les femmes qui quittent le continent car ils ne s’y sentent pas en sécurité, décident d’y rester ? ».

Le système d’asile européen en question

Si la nécessité de réformer le système d’asile européen, régi par le règlement de Dublin III, semble faire consensus, les pistes avancées divergent. « Le règlement de Dublin [qui prévoit que le dossier d’immigré soit traité par l’État par lequel il est arrivé, ndlr]  n’est plus viable en réalité puisqu’il fait peser une charge trop lourde sur les États de premier accueil, et donc notamment sur l’Italie qui se trouve donc en charge d’une trop grande quantité de migrants », estime Gilles Lebreton.

Pour un système plus efficace, Philippe Juvin propose notamment de « renforcer le contrôle aux frontières », d’ « accélérer dans chaque pays l’étude des dossiers individuels pour les demandes d’asile », et d’avoir un recours plus systématique aux mesures de rétention administrative prévues par la réglementation européenne.

Retrouvez l'émission Europe Hebdo, présentée par Nora Hamadi, vendredi à 18h30, dimanche 20 janvier à 12h30, lundi à 2h30 et mardi 5h30 sur Public Sénat.

Partager cet article

Dans la même thématique

Emmanuel Macron chairs G7 leaders’ videoconference on economic impact of Iran war
3min

Politique

Guerre en Iran : Emmanuel Macron confirme le déblocage de 400 millions de barils de pétrole issus des réserves stratégiques

Le président français s’est entretenu avec les représentants du G7, ce mercredi 11 mars, dans un contexte de guerre inflammable en Iran. A l’issue de cette réunion, il a confirmé le déblocage de 400 millions de barils de pétrole des réserves stratégiques par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) en réponse au blocage du détroit stratégique d’Ormuz. Sur la Russie, il a précisé qu’« aucune sanction » ne serait levée à l’encontre du pays agresseur de l’Ukraine.

Le

Capture
5min

Politique

Municipales 2026 : A son tour, le PS accuse LR de « fusion par la base » avec le RN

Après la conférence de presse de Bruno Retailleau, au cours de laquelle il a présenté les « accords de la honte », ces alliances entre le PS et LFI pour les municipales, les socialistes lui ont rendu la pareille. Lors d’un exercice similaire ce matin, ils ont présenté des chiffres démontrant selon eux l’avènement d’une « fusion par la base » entre la droite et l’extrême-droite. Des données réfutées par LR, qui permettent difficilement de conclure à une collusion entre le parti et le RN, mais qui traduisent un glissement vers l’extrême-droite des militants de droite sur le terrain.

Le

Maire et echarpe tricolore
5min

Politique

Municipales 2026 : combien touche un maire dans l’exercice de son mandat ?

Les maires des 35 000 communes de France, ainsi que leurs adjoints, perçoivent une indemnité qui va de quelques centaines d’euros à plusieurs milliers d’euros par mois selon la taille de la commune. L’immense majorité d’entre eux touche une rémunération qui ne dépasse pas les 2 000 euros net par mois. Explication.

Le

Elections Legislatives bureau de vote a Nice
8min

Politique

Municipales 2026 : à quelques jours du scrutin, … que disent les derniers sondages ?

À quelques jours du premier tour des élections municipales, le paysage politique des grandes métropoles françaises reste particulièrement mouvant. Dans plusieurs villes clés, les équilibres sont fragiles, les alliances incertaines et les seconds tours encore très ouverts. Droite, gauche, centre et extrême se disputent des bastions historiques dans des configurations souvent inédites.

Le