Édouard Philippe a livré jeudi soir à un duel glacial au président de LR Laurent Wauquiez, en conclusion d'une "Emission politique" sur France 2...
Pour Philippe, un duel glacial avec Wauquiez après un travail d’explication
Édouard Philippe a livré jeudi soir à un duel glacial au président de LR Laurent Wauquiez, en conclusion d'une "Emission politique" sur France 2...
Par Marc PRÉEL
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Édouard Philippe a livré jeudi soir à un duel glacial au président de LR Laurent Wauquiez, en conclusion d'une "Emission politique" sur France 2 durant laquelle le Premier ministre a tenté de défendre l'action de l'exécutif sur les principaux dossiers chauds.
"Lorsqu'on mène des réformes qui transforment profondément le pays, et qui sont parfois difficiles à réaliser, on peut toujours être confronté à une première phase d'incrédulité, voire de désapprobation (...) Il faut essayer d'y répondre, mais il faut aussi avancer", a plaidé le chef du gouvernement.
"Quand j'étais maire du Havre, il m'est arrivé de prendre des décisions qui étaient spontanément impopulaires, et de les assumer, et de les mettre en œuvre, et de les expliquer, et une fois qu'elles étaient terminées, cela donnait plutôt de bons résultats, y compris électoralement", a conclu le locataire de Matignon.
Le chef du gouvernement, qui s'était déjà frotté à la longue émission du service public il y a un an, a retrouvé le fauteuil de l'invité dans un contexte moins favorable que l'an dernier.
Quelque 47% des personnes interrogés lors d'un sondage final ont trouvé le Premier ministre "convaincant", contre 52% il y a un an, avec un net recul chez les sympathisants de droite.
Démission de Nicolas Hulot, suites de l'affaire Benalla, annonce de départ anticipé et critiques à peine voilées de Gérard Collomb, polémiques sur les petites phrases du président Macron, flottements sur le prélèvement à la source, inquiétudes sur la croissance, grogne des retraités...
Le Premier ministre Edouard Philippe (d) et le président de LR, Laurent Wauquiez lors d'un débat télévisé animé par la journaliste Léa Salamé, le 27 septembre 2018 sur le plateau de "L'émission politique" dans les studios de France 2 à Saint-Cloud
AFP
L'exécutif a tenté de reprendre la main ces dernières semaines, en parlant du fond des réformes, mais chaque séquence ou presque s'est retrouvée parasitée par des imprévus - en dernier lieu l'annonce par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb qu'il quitterait le gouvernement au printemps prochain, afin de se consacrer à la reconquête de la mairie de Lyon en 2020.
Gérard Collomb "n'est pas candidat aujourd'hui, il est pleinement à sa tâche", a insisté jeudi soir le Premier ministre. Ce dernier a par ailleurs souhaité "bonne chance" à l'ex-locataire de Matignon Manuel Valls, lancé dans une inédite candidature à la mairie de Barcelone.
- Vers un chômage dégressif pour les hauts salaires -
Principale annonce sur le volet social: la dégressivité des allocations chômage peut être "envisagée" dans "certains cas", a déclaré le Premier ministre. Alors que le gouvernement prépare une réforme de l'assurance-chômage, il a notamment mentionné les "salaires très élevés" et les personnes à "très forte employabilité". Un risque politique alors que les cadres sont un des piliers électoraux de la majorité.
Edouard Philippe et Laurent Wauquiez sur le plateau de "L'emission politique" de France 2 à Paris, le 27 septembre 2018
AFP
Sur l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes et aux femmes seules, "on peut y aller", a-t-il dit, se disant "à titre personnel (...) plutôt favorable" à quelques mois du débat parlementaire sur cette question sociétale qui divise.
L'objectif de l'émission, selon Matignon, était de "poser le jeu, d'arrêter cette musique politicienne, de parler des sujets des Français", mais aussi de "reprendre le fil du récit du président de la République".
Edouard Philippe, qui s'était activement préparé depuis dimanche, a retrouvé en fin d'émission son ex-camarade de parti Laurent Wauquiez pour un débat inédit. Un débat attendu entre deux quadras et surtout deux droites.
Celle plus modérée de M. Philippe qui, au ban de LR sans en avoir été formellement exclu, n'a adhéré ni à LREM, ni à Agir, ce parti d'ex-LR pro-Macron. Et celle, dure, de M. Wauquiez, qui se veut le héraut d'une droite populaire dont Edouard Philippe et ses amis seraient déconnectés.
Le débat, consacré à l'immigration et l'Europe, a longuement tourné sur le fait de savoir si la France pouvait se permettre de délivrer quelque 250.000 titres de séjour comme l'an dernier.
Un niveau insoutenable pour M. Wauquiez, dont les propositions de quotas d'immigration fixés par le Parlement et de révision du droit du sol ont été repoussées par M. Philippe, qui a défendu la "politique équilibrée" de l'exécutif en matière d'immigration.
"Vous avez un problème avec la vérité, M. Wauquiez", a lancé froidement le Premier ministre quand le président de LR affirmait que la France soutenait l'élargissement de l'Union européenne à l'Albanie. "Vous avez un problème avec la réalité", lui a rétorqué son adversaire sur le même ton.
Le premier ministre a mis sur la table une série de concessions, qui s’adressent surtout au PS, sur le budget. Mais « sur la partie recettes, je reste fortement sur ma faim », pointe le président du groupe PS du Sénat, Patrick Kanner, qui attend des précisions d’ici mardi, notamment sur la taxation des grandes entreprises et des hauts revenus.
Le Premier ministre espère toujours parvenir à un compromis avec les principales forces politiques sur le budget. Il a présenté ce vendredi 16 janvier les mesures clefs d’une nouvelle version du projet de loi de finances, issues de ses échanges avec les forces du bloc central et une partie des oppositions.
Après la signature prévue samedi au Paraguay entre les pays latino-américains du Mercosur et l’Union européenne, les députés européens se prononceront mercredi sur l’opportunité de saisir la Cour de Justice de l’Union européenne contre cet accord controversé. Si la Commission européenne s’est engagée à suspendre l’application provisoire du traité en cas de vote de la résolution, rien pourtant ne l’y oblige.
D’ici la fin de la journée, le Premier ministre présentera des pistes de compromis pour tenter de construire un accord sur le budget. Une dernière tentative pour convaincre le PS de ne pas censurer le gouvernement.