Pourra-t-on encore parler d’« assurance-chômage » ?
Les invités de l’émission « On va plus loin » débattent de l’assurance-chômage, alors que les annonces du gouvernement faites la semaine dernière, suscitent toujours une forte opposition des partenaires sociaux.

Pourra-t-on encore parler d’« assurance-chômage » ?

Les invités de l’émission « On va plus loin » débattent de l’assurance-chômage, alors que les annonces du gouvernement faites la semaine dernière, suscitent toujours une forte opposition des partenaires sociaux.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Mardi 25 et mercredi 26 juin, les syndicats défilent contre la réforme de l’assurance-chômage. Cette réforme du gouvernement suscite de fortes critiques, notamment de la part de Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, qui a dénoncé le cynisme du gouvernement.

« La colère des partenaires sociaux vient du fait qu’ils n’ont pas réussi à trouver un accord entre eux pendant 5 mois » estime Martin Lévrier, sénateur (LREM) des Yvelines, sur le plateau d’« On va plus loin ». « Et je dis bien, malheureusement. J’aurais préféré qu’ils trouvent un accord (…)  Dans ces cas-là, le gouvernement prend la main, ce qu’il a fait. Il a pris des décisions (…) L’assurance-chômage aujourd’hui, c’est rentrer dans une logique de l’assurance vers du travail. »

« La logique (…) était plutôt d’ordre libéral » lui rétorque Michel Larive, député (LFI) de l’Ariège. « C’est une logique où l’on dit « il faut aller chercher 3,4 milliards d’euros » (…) Là, on transforme l’emploi en job, on transforme le service public en un outil répressif et on transforme le chômeur en coupable de sa situation. On est très très loin du principe de l’assurance-chômage, un principe de solidarité. »

Pour Baptiste Legrand, journaliste au service éco de l’Obs, le problème n’est pas qu’il n’y ait pas d’offres d’emploi proposées aux chômeurs : « Il y a du boulot mais est-ce que ce sont des offres de qualité ? Ce n’est pas parce qu’il y a du travail que c’est un travail intéressant. Si les entreprises ont du mal à recruter c’est peut-être aussi parce que leurs offres ne sont pas assez bien payées ou dans des conditions difficiles etc. Dans d’autres secteurs, c’est un problème de formation (…) Est-ce qu’il suffit de traverser la rue pour retrouver un travail ? C’est sans doute plus compliqué que cela. Le pari du gouvernement c’est qu’en durcissant les conditions d’accès aux allocations du chômage, les chômeurs seront contraints d’accepter plus rapidement une offre de travail. »

Christian Saint-Étienne, économiste et professeur d'économie au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM), estime qu’en faisant la comparaison avec d’autres pays étrangers, « c’est plutôt soft ce qui vient d’être fait » en France : « On va passer de 4 à 6 mois de travail, sur les 24 derniers [mois]. En Allemagne (…) C’est 12 mois sur 24. ». Toutefois, l’économiste explique qu’il reste des inconnues : « Il y a quand même beaucoup d’interrogations sur le chômage, notamment [pour] les gens peu qualifiés. Dans les zones peu favorisées, les gens ne trouvent pas de boulot. » C’est pourquoi, pour Christian Saint-Étienne, cette réforme ne peut réussir que « si dans le même temps, l’on met l’accent sur la formation ».

 

Vous pouvez voir et revoir ce débat, en intégralité :

OVPL. Débat sur l'assurance-chômage (en intégralité)
25:25

Partager cet article

Dans la même thématique

Le pape Léon XIV, le cardinal Jean-Marc Aveline et le président Emmanuel Macron lors de la réunion ‘Aux racines de l’Europe: pour la paix et l’unité’ au centre de conférences Robert Schuman à Metz
5min

Politique

À Metz, Léon XIV place l’Europe face à son histoire et à sa responsabilité pour la paix

La visite apostolique du Pape Léon XIV en France s’achève ce lundi 28 septembre à Metz. Pour son dernier jour en France, lundi 28 septembre, le pape Léon XIV a choisi Metz plutôt que Strasbourg ou Bruxelles pour prononcer un discours consacré à l’avenir de l’Europe. Sur les terres de Robert Schuman, le souverain pontife a appelé les Européens à renouer avec l’esprit de dialogue, le droit international et la construction patiente de la paix.

Le

La Seyne-sur-Mer RN party’s President Jordan Bardella
6min

Politique

RN au Sénat : le groupe va-t-il dépasser les 15 sénateurs grâce à des ralliements en provenance de la droite ?

C'est l'un des grands enseignements des élections sénatoriales. Avec neuf sénateurs élus dimanche soir, qui viendront rejoindre les trois sénateurs élus en 2023, le Rassemblement national dépasse à lui seul la barre des 10 élus et aura un groupe. Un groupe qui accueillera également deux sénateurs ciottistes élus dans les Alpes-Maritimes et Sylvie Goy-Chavent, qui siégeait jusqu'ici au groupe LR. Avec au minimum 15 sénateurs, le groupe RN sera représenté au bureau de la chambre haute.

Le

La Seyne-sur-Mer RN party’s President Jordan Bardella
3min

Politique

Écrits antisémites : Jordan Bardella conteste « formellement » les accusations, Marine Le Pen évoque « un faux dont Mediapart a le secret »

Mis en cause par Mediapart pour des écrits antisémites datant de 2013, le président du RN, Jordan Bardella « conteste formellement » les accusations. La candidate à la présidentielle du RN, Marine Le Pen affirme pour sa part que « ça ne peut être qu’un faux, qu’une barbouzerie dont Mediapart a le secret ».

Le