Présidence des LR : qui sont les soutiens d’Eric Ciotti, de Bruno Retailleau… et que va faire Aurélien Pradié ?
A quelques jours du second tour qui doit départager Eric Ciotti et Bruno Retailleau pour prendre la tête des LR, le président du groupe LR du Sénat voit Xavier Bertrand lui apporter son soutien. Si Aurélien Pradié pourrait ne pas exprimer de préférence, l’un de ses proches, le député Raphaël Schellenberger, annonce à publicsenat.fr qu’il « votera Eric Ciotti ». Le point sur les soutiens des deux camps.

Présidence des LR : qui sont les soutiens d’Eric Ciotti, de Bruno Retailleau… et que va faire Aurélien Pradié ?

A quelques jours du second tour qui doit départager Eric Ciotti et Bruno Retailleau pour prendre la tête des LR, le président du groupe LR du Sénat voit Xavier Bertrand lui apporter son soutien. Si Aurélien Pradié pourrait ne pas exprimer de préférence, l’un de ses proches, le député Raphaël Schellenberger, annonce à publicsenat.fr qu’il « votera Eric Ciotti ». Le point sur les soutiens des deux camps.
François Vignal

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« Dès ce soir, la compétition est rouverte ». Dimanche soir, juste après l’annonce des résultats du premier tour du scrutin interne pour la présidence des LR, Annie Genevard, présidente par intérim du parti, ouvrait cette campagne d’entre-deux tours. Une courte campagne, car le second tour, qui doit départager Eric Ciotti, arrivé en tête avec 42,73 % des voix, de Bruno Retailleau, second, avec 34,45 % des suffrages, se tient le week-end prochain, les 10 et 11 décembre.

Sur le papier, le député LR des Alpes-Maritimes aborde cette semaine dans la meilleure position. Ses soutiens se montraient confiants dimanche soir et ne cachaient pas leur sourire. Du côté du président du groupe LR du Sénat, on mise sur une dynamique qui serait meilleure. D’après les proches de Bruno Retailleau, Eric Ciotti aurait atteint son « plafond de verre » et aurait peu de réserves de voix. Les regards des deux camps se tournent évidemment vers le troisième homme, Aurélien Pradié, fort de ses 22,29 %. 5.382 voix exactement séparent les deux finalistes, alors que le député du Lot a totalisé 14.765 suffrages.

Lire aussi » Présidence des LR : Ciotti en tête et confiant, Retailleau espère créer la dynamique, Pradié en faiseur de roi

Si ce sont les 91.109 adhérents qui font l’élection, les deux camps peuvent afficher des soutiens de poids chez les élus. Qui supporte qui ? Le point, à cinq jours du scrutin qui déterminera en partie l’avenir des LR.

Les soutiens d’Eric Ciotti

On l’aura compris, Eric Ciotti soutient Laurent Wauquiez et réciproquement. Le député des Alpes-Maritimes plaide pour une désignation rapide du candidat LR à la présidentielle, et en l’occurrence, à ses yeux, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Ce dernier a exprimé son soutien à Eric Ciotti pour la campagne le 20 octobre dernier dans Le Figaro. Laurent Wauquiez entend pousser son candidat jusqu’au bout. Il participera jeudi à un meeting de soutien à Eric Ciotti, à Paris, selon un journaliste du Parisien.

Parmi les soutiens d’Eric Ciotti, on peut citer plusieurs personnalités qui ont été proches de Nicolas Sarkozy, comme les députés européens Nadine Morano et Brice Hortefeux, ou encore Frédéric Péchenard, vice-président de la région Ile-de-France. Guilhem Carayon, président des jeunes LR, lui a apporté son soutien.

Sa directrice de campagne est une fidèle, la sénatrice Alexandra Borchio-Fontimp, élue dans son département des Alpes-Maritimes. On peut encore citer l’eurodéputé Geoffroy Didier, ex-responsable de la communication de la campagne présidentielle de Valérie Pécresse.

Bien qu’il soit largement minoritaire chez les sénateurs LR, Eric Ciotti compte « une quinzaine » de soutiens, sur les 145 membres du groupe au Sénat, selon un supporteur du député. On compte notamment Alain Joyandet, Valérie Boyer, Laurent Duplomb, Philippe Tabarot et Henri Leroy, tous deux sénateurs des Alpes-Maritimes, Christine Bonfanti-Dossat, ou encore Sylviane Noël, Alain Houpert ou Sylvie Goy-Chavent, soit une partie du « Club des libertés » (rassemblés autour d’Alain Joyandet), qui s’était fait remarquer notamment pour avoir dénoncé le passe sanitaire.

Du côté du groupe LR de l’Assemblée, c’est l’inverse. Eric Ciotti jouit d’une majorité d’appuis. Selon L’Opinion, à la mi-octobre, sur 62 membres, on comptait 24 députés en faveur du questeur de l’Assemblée.

Les soutiens de Bruno Retailleau

Le président du groupe LR du Sénat peut déjà compter sur une grande majorité de son groupe, qui est derrière lui. Avant d’annoncer sa candidature, il s’était assuré de l’appui d’une bonne partie de ses troupes. Le président du Sénat, Gérard Larcher, lui a aussi apporté son soutien.

Le directeur de campagne de Bruno Retailleau est Othman Nasrou, qui avait été tenté d’être candidat lui-même. François-Xavier Bellamy, que Laurent Wauquiez avait poussé à mener la liste LR des européennes en 2019, supporte le sénateur de Vendée. Ils partagent les mêmes valeurs conservatrices sur les sujets de société. L’ex-député Julien Aubert, qui avec Oser la France défend une ligne souverainiste, est venu aussi renforcer l’équipe. Sans oublier François Fillon, qui lui a exprimé son soutien dans un tweet. Bruno Retailleau était son fidèle bras droit pendant la campagne présidentielle de 2017, avant d’hériter de son micro-parti Force Républicaine.

Lire aussi >> Présidence de LR : « Si nous nous divisons, nous n’aurons aucune chance de survivre », alerte François-Xavier Bellamy

Durant cet entre-deux tours, Bruno Retailleau voit arriver un soutien de taille, avec Xavier Bertrand. Le président des Hauts-de-France, qui a voté Aurélien Pradié au premier tour, a fait savoir à plusieurs journalistes, dès dimanche soir, qu’il voterait pour le sénateur de Vendée. « C’est une personnalité politique qui compte. C’est ce qu’on appelle un poids lourd », apprécie un lieutenant de Bruno Retailleau. L’empressement d’Eric Ciotti pour désigner Laurent Wauquiez candidat en 2027, alors que Xavier Bertrand n’a pas écarté toute ambition nationale, n’est peut-être pas pour rien dans ce soutien.

Au sein du groupe LR du Sénat, Bruno Retailleau jouit de nombreux soutiens, comme son porte-parole Stéphane Le Rudulier, qui avait soutenu Eric Ciotti lors de la primaire pour la présidentielle, les vice-présidents du groupe, Dominique Estrosi Sassone et Philippe Mouiller, les présidentes de commission Sophie Primas et Catherine Deroche, l’ancien ministre Roger Karoutchi, ou encore Max Brisson, Jérôme Bascher, Jacqueline Eustache Brinio, Laurence Garnier. On peut citer aussi deux élus des Hauts de France, l’ancien ministre Marc-Philippe Daubresse et le président de commission François Rapin, qui avaient tous deux soutenu Xavier Bertrand. A l’Assemblée, on ne comptait en octobre que six soutiens de Bruno Retailleau en revanche.

Quelle position pour Aurélien Pradié ?

Reste une question essentielle : que va faire Aurélien Pradié ? Il n’a pour l’heure pas donner de consigne de vote. « Sa position de sagesse d’appeler à ne voter pour personne ouvre complètement le second tour », salue un soutien de Bruno Retailleau.

Au soir du second tour, ne boudant pas son plaisir, le député du Lot ne se s’est pas fait prier pour ironiser sur « les mots de remerciement, presque d’amour » exprimés par Eric Ciotti et Bruno Retailleau, qui ont largement cherché à insister sur les points communs. La volonté de donner de la place à la jeunesse, pour le premier, le renouvellement, pour le second.

S’il n’a pas annoncé de préférence pour un candidat, Aurélien Pradié a assuré qu’il allait s’« exprimer » dans « les jours qui viennent ». D’après nos informations, il devrait le faire dès demain, a priori dans un entretien au Figaro. « Je ne suis pas homme à marchander », a prévenu dimanche Aurélien Pradié, qui entend avant tout « faire en sorte que (ses) convictions pèsent ». Un « combat » qu’il va « mener dans les heures, les jours et années à venir ».

Aurélien Pradié devrait en rester à sa ligne. Il ne devrait pas prendre position pour un des deux candidats. Le troisième homme rappellera les sujets qu’il a portés dans la campagne, pour ne pas laisser à d’autres le soin de se les réapproprier, ou de les caricaturer. « Cela ne peut pas être réduit à « il faut mettre des jeunes » », selon un membre de son équipe. Reste à voir si au travers de ses propos, une préférence se dessinera plus en faveur d’un candidat qu’un autre.

Raphaël Schellenberger, soutien d’Aurélien Pradié : « Je voterai Eric Ciotti »

Chez ses soutiens, libre à chacun de prendre position, davantage selon un choix de raison. C’est ce que fait Raphaël Schellenberger. Le député LR du Haut-Rhin fait partie de l’équipe de trentenaires qui étaient derrière le secrétaire général du parti pour la campagne. Il était présent aux côtés d’Aurélien Pradié dimanche soir, au siège des LR, lors de sa prise de parole.

« Moi, je voterai pour celui avec lequel on peut le plus discuter sur la gouvernance, le moins fermé, le moins sectaire. Celui dont les positions ne sont pas à contretemps de la société. Je voterai Eric Ciotti », annonce à publicsenat.fr Raphaël Schellenberger, qui récuse « la ligne très conservatrice » de Bruno Retailleau, qui s’était opposé au mariage pour tous et à la PMA pour toutes. « On est quelques-uns à considérer que la première marche, avant de faire 4,5 % à la présidentielle, c’était les 8 % aux européennes », ajoute le député du Haut-Rhin, en référence au score de François-Xavier Bellamy.

Autre critère qui mène ce soutien d’Aurélien Pradié à choisir Eric Ciotti : « La nécessité d’avoir une gouvernance ouverte et la capacité à construire et à donner du consensus, plutôt que de recevoir des leçons. Eric Ciotti sait faire. On le fréquente à l’Assemblée depuis 5 ans. Il sait dégager des compromis », avance le député. La capacité à rassembler, c’est pourtant aussi l’argument mis en avant par les supporteurs de Bruno Retailleau, dont certains craignent de voir une partie des LR quitter le navire si Eric Ciotti l’emporte, repoussé par la ligne droitière de celui qui avait dit préférer Eric Zemmour à Emmanuel Macron, en cas de second tour…

Il reste quelques jours pour les deux candidats pour convaincre. Si Eric Ciotti tiendra meeting jeudi à Paris donc, Bruno Retailleau devrait le faire mercredi au siège du parti, une réunion relayée en vidéo ailleurs sur le territoire, avant de filer à Marseille jeudi pour une autre réunion publique, dans le Sud, vers les terres d’Eric Ciotti.

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Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. 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