Stanislas Guerini : « Emmanuel Macron profitera de tous les interstices de son agenda pour aller à la rencontre des Français »
Invité de Public Sénat lundi matin, Stanislas Guerini, le délégué général de La République en marche, a laissé entendre qu’Emmanuel Macron pourrait faire campagne sans meeting. Le président-candidat devrait toutefois participer à des émissions télévisées.

Stanislas Guerini : « Emmanuel Macron profitera de tous les interstices de son agenda pour aller à la rencontre des Français »

Invité de Public Sénat lundi matin, Stanislas Guerini, le délégué général de La République en marche, a laissé entendre qu’Emmanuel Macron pourrait faire campagne sans meeting. Le président-candidat devrait toutefois participer à des émissions télévisées.
Romain David

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Officiellement candidat à sa réélection, Emmanuel Macron va désormais devoir alterner entre son costume de chef d’Etat, confronté à une crise internationale inédite en Europe depuis la fin de la guerre froide, et ses habits de candidat, auquel il ne reste plus qu’un mois pour faire campagne. Mais face à la gravité de la situation en Ukraine, il y a fort à parier que le premier l’emporte sur le second. « Dans ce contexte, dévier de ses responsabilités ne serait pas très compréhensible », a estimé lundi matin Stanislas Guerini, le délégué général de La République en marche, qui était invité de « Bonjour chez vous ! », la matinale de Public Sénat. Néanmoins, « Emmanuel Macron profitera de tous les interstices que l’agenda international et son agenda de président de la République lui offrent pour aller à la rencontre des Français », promet-il. « Il lui faudra beaucoup d’agilité pour pouvoir profiter des moments qui lui seront offerts. »

Le chef de l’Etat ne fera pas la campagne électorale qu’il entendait mener. Un premier meeting, prévu samedi dernier à Marseille a été annulé. Un second, annoncé pour le 12, également à Marseille, pourrait connaître le même sort. « Nous ne l’avons pas confirmé », indique Stanislas Guerini, qui laisse entendre que les équipes de La République en marche planchent sur une campagne sans réunion publique. « Je ne dis pas qu’il n’y aura pas de rassemblements dans cette campagne, nuance le député de Paris, mais chacun peut comprendre qu’un format de meeting 100 % classique, avec que des partisans, est une forme qui ne correspond pas exactement à ce que nous sommes en train de vivre. »

« Je n’ai jamais vu le chef de l’Etat ne pas accepter d’avoir des moments de dialogue »

Depuis qu’Emmanuel Macron a levé le voile sur ses intentions, sous la forme d’une « Lettre aux Français », diffusée jeudi soir sur Internet et reprise le lendemain par les quotidiens de la presse régionale, nombre de ses concurrents dans la course à l’Elysée craignent que le président sortant n’utilise le contexte international pour escamoter le débat d’idées. « Peut-être qu’il participera à des émissions », veut rassurer Stanislas Guerini. « L’ensemble des chaînes font des propositions, je n’ai jamais vu le chef de l’Etat ne pas accepter d’avoir des moments de dialogue, de confrontation, de ‘controverse’ pour reprendre ses mots. »

Interrogé sur l’équipe autour du candidat-président, et l’absence pour le moment de directeur de campagne, alors que le nom de Julien Denormandie, l’actuel ministre de l’Agriculture, a beaucoup circulé dans la presse, Stanislas Guerini botte en touche : « Dans une élection présidentielle, le principal décideur c’est le candidat ».

Départ de Nathalie Elimas

Ecartée du gouvernement suite à des accusations de harcèlement, Nathalie Elimas, l’ex-secrétaire d’État à l’Education prioritaire, a indiqué au Parisien son intention de se consacrer à la campagne présidentielle. Une annonce qui semble laisser perplexe Stanislas Guerini. Aura-t-elle une place au sein de l’équipe de campagne ? « Je ne suis pas persuadé », admet le patron de LREM. « Si elle souhaite s’engager, évidemment, qu’elle puisse le faire ! Mais je crois que si les choses se sont réglées de cette façon-là, avec une enquête interne et une décision de sortie du gouvernement, c’est qu’il devait y avoir matière pour qu’elle puisse sortir du gouvernement », glisse notre invité. Et de conclure : « Je crois que quand on plaide l’exemplarité, il faut qu’elle puisse s’appliquer. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Stanislas Guerini : « Emmanuel Macron profitera de tous les interstices de son agenda pour aller à la rencontre des Français »
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Stanislas Guerini : « Emmanuel Macron profitera de tous les interstices de son agenda pour aller à la rencontre des Français »
3min

Politique

Industrie musicale : « il n’y a plus de coup de cœur, on regarde le nombre de followers », La Grande Sophie

Trente ans de carrière, artiste inclassable, la Grande Sophie se tourne aujourd’hui vers la comédie musicale avec un nouveau spectacle inspiré de son premier livre « Tous les jours Suzanne ». Une nouvelle aventure qui caractérise à merveille son envie insatiable de créer. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle se livre sur son passé, son rapport à l’industrie musicale et sa relation particulière avec Françoise Hardy.

Le

Stanislas Guerini : « Emmanuel Macron profitera de tous les interstices de son agenda pour aller à la rencontre des Français »
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le