Présidentielle: la droitisation de l’électorat fonctionnaire se confirme
La droitisation de l'électorat fonctionnaire semble se confirmer à travers l'ancrage électoral du Front national et la défection...

Présidentielle: la droitisation de l’électorat fonctionnaire se confirme

La droitisation de l'électorat fonctionnaire semble se confirmer à travers l'ancrage électoral du Front national et la défection...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La droitisation de l'électorat fonctionnaire semble se confirmer à travers l'ancrage électoral du Front national et la défection persistante pour le candidat socialiste, selon une enquête du Cevipof publiée mardi, qui constate aussi un net recul de François Fillon et l'émergence d'un vote centriste.

Dans l'hypothèse d'une candidature de François Bayrou, Marine Le Pen enregistre 19,4 % des intentions de vote dans la fonction publique d'Etat (FPE), 20,2% dans la fonction publique territoriale (FPT) et 22,7% dans la fonction publique hospitalière (FPH).

Elle arrive en tête des intentions de vote dans les catégories C et B, les plus modestes. Par métiers, elle obtient 7,5% des intentions de vote chez les enseignants et 47,8% chez les policiers et militaires.

La candidate du Front national progresse dans les trois fonctions publiques depuis décembre 2016, selon cette enquête du Cevipof menée en plusieurs vagues depuis décembre 2015.

François Fillon perd en revanche beaucoup de terrain, "notamment dans la FPH qui reste la fonction publique la plus orientée vers la droite parlementaire et le centre", selon Luc Rouban du Cevipof. Il passe de 21% d'intentions de vote en décembre 2016 à 13% (12,6% dans la FPE, 11,5% dans la FPT et 13,2% dans la FPH).

En revanche, Emmanuel Macron, crédité de 22,3% dans la FPE, 22% dans la FPT, et 21,8% dans la FPH, semble profiter de cette situation. "On voit émerger un vote centriste". Même si son électorat est "instable", Emmanuel Macron est "porteur d'une vision d'une plus grande autonomie dans l'appareil d'Etat qui plaît à beaucoup d'enseignants (près de la moitié des agents de la FPE, ndlr), il est aussi sur le terrain du libéralisme culturel, et il échappe au phénomène de polarisation qu'ont pu produire les primaires à gauche comme à droite", analyse M. Rouban.

Dans l'hypothèse d'une candidature de François Bayrou, les deux candidats centristes attirent à eux 36% des intentions de vote contre 25% en décembre 2016, souligne cet analyste.

En revanche, Benoît Hamon, crédité de 18,8% dans la FPE, de 19,4% dans la FPT, et de 17,3% dans la FPH, "ne réussit pas à compenser l'affaissement électoral du parti socialiste chez les fonctionnaires", selon Luc Rouban.

"Il est a peu près à la moitié du score que François Hollande avait atteint au premier tour de l'élection présidentielle de 2012 chez ces mêmes fonctionnaires (35% FPE, 32% FPT et 29% FPH)", ajoute l'analyste.

Le candidat du PS gagne cependant quelques voix au détriment de Jean-Luc Mélenchon qui perd cinq points dans la FPT où il est crédité de 13%, dans la FPE (12%) et dans la FPH (12,5%). La candidature de Jean-Luc Mélenchon régresse notamment dans le monde enseignant qui le crédite de 14,5% des intentions de vote contre 19% en décembre et 23,3% pour Benoît Hamon.

Les résultats reposent sur deux vagues de l'enquête électorale française réalisée entre le 2 et le 8 décembre 2016 et entre le 7 et le 13 février 2017 auprès de 18.013 et 15.874 personnes interrogées selon la méthode des quotas.

Partager cet article

Dans la même thématique

Présidentielle: la droitisation de l’électorat fonctionnaire se confirme
5min

Politique

Affaire Lyhanna : « Les hommes se servent, utilisent et abusent du corps des femmes et des enfants en toute impunité », dénonce la sénatrice Laurence Rossignol (PS)

À l’unisson de la gauche, la sénatrice socialiste Laurence Rossignol pointe ce vendredi, sur Public Sénat, le manque d’éducation et de prévention face aux violences masculines dans le sillage du meurtre de la jeune Lyhanna. Elle regrette le manque de moyens d’enquête pour les crimes sur enfants, mais n’appelle pas à la démission du garde des Sceaux Gérald Darmanin.

Le

PARIS, Affaire Lyhanna, Manifestation interdite place Vendome.
6min

Politique

Affaire Lyhanna : que proposent les partis face aux « dysfonctionnements » de la justice ?

Les ratés judiciaires entourant le meurtre de la jeune Lyhanna n’en finissent plus de susciter l’indignation de tout le pays. Dès lors, la classe politique est amenée à se positionner. Alors que Sébastien Lecornu a présenté ses premières mesures, la gauche fustige le manque de moyens de la Justice et la droite épingle le laxisme des magistrats. Tour d’horizons des différentes propositions du gouvernement et des partis politiques.

Le