Menacé d'une humiliante cinquième place au premier tour de la présidentielle, le PS espère une large participation à sa primaire des 22 et 29 janvier pour tenter de donner l'élan nécessaire à son candidat, même si le parti affiche des ambitions moindres qu'en 2011.
7.530 bureaux seront ouverts en France et dans les Outre-mer, a annoncé lundi le président du Comité national d'organisation des primaires citoyennes (CNOP) Christophe Borgel.
Un chiffre inférieur d'environ 20% aux 9.400 bureaux de vote de 2011, et de 25% aux 10.228 de la primaire de droite, en novembre. Mais cela devrait être suffisant pour répondre à l'afflux des électeurs, assure M. Borgel, qui met en avant un effort de rationalisation par rapport à la carte de 2011.
"Il n'y a pas de désert de bureaux de vote", a-t-il assuré.
Le PS escompte 1,5 à deux millions d'électeurs -contre 2,7 et 2,9 millions en 2011, et 4,3 et 4,4 millions pour la droite.
Le candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron, le 6 janvier 2017 à Nevers
AFP
Une ambition modeste ? Le Parti socialiste est lucide sur le fait que sa position de challenger de la présidentielle n'encourage pas la mobilisation des électeurs, non plus que le calendrier ultra-serré de la primaire, et le refus d'Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon d'y prendre part.
La participation est pourtant bien l'une des clés du scrutin. "J'espère qu'il y aura beaucoup de participants (...) Pourquoi c'est important ? Parce que le message des électrices et des électeurs qui vont venir, c'est bien sûr le choix de tel ou tel candidat parmi les sept qui sont candidats dans ce premier tour, mais c'est aussi un message global qui est +il faut le rassemblement de la gauche et du camp progressiste dans cette élection présidentielle+", souligne M. Borgel.
Pris en tenaille entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, profondément divisé, le PS semble menacé par son effacement de la scène politique.
- +A quoi bon un candidat du PS+ ? -
"Peut-être que l'on va sortir +Pasokisé+ de l'élection présidentielle", admet le chef de file des frondeurs Christian Paul, en référence à la trajectoire de son jumeau grec, le Pasok, réduit à la portion congrue face à la gauche anti-austérité de Syriza. Le parti grec avait il est vrai bâti une coalition avec la droite.
"Les partis sont mortels", note de son côté un député PS, soutien de Manuel Valls, qui n'exclut pas une "explosion" du parti si la ligne "frondeuse" d'Arnaud Montebourg ou de Benoît Hamon l'emporte.
Le candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon à Tourcoing, dans le nord de la France, le 8 janvier 2017
AFP/Archives
Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise, semble vouloir enterrer sans attendre son ancien parti. "A quoi bon un candidat du PS ?", interroge-t-il. "En réalité, le vrai choix des électeurs du PS, c’est de trancher entre l’orientation gouvernementale amplifiée, telle que la porte M. Macron, et la tradition de l’humanisme émancipateur de la famille culturelle, que j’incarne", explique M. Mélenchon.
Quant au secrétaire général d'En marche!, le député PS Richard Ferrand, il avait appelé début janvier le vainqueur de la primaire à se ranger derrière M. Macron.
Mercredi dernier, lors de ses voeux à Solférino, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis s'est évertué à défendre la place centrale du PS, seul à même selon lui de construire une majorité et de porter la gauche aux responsabilités, alors que MM. Mélenchon et Macron seraient chacun bloqués dans leur "couloir".
"Quel que soit le résultat des élections présidentielle et législatives, le Parti socialiste sera là, et bien là. Il continuera sa stratégie de rassemblement, au-delà de ce qu'il est lui-même", a-t-il promis.
D'où la revendication, chez Manuel Valls comme chez Arnaud Montebourg, Vincent Peillon ou Benoît Hamon, d'une position centrale à gauche.
"Moi, je me situe au coeur des progressistes, de Macron à Montebourg, qui, tous, assument la responsabilité de l'exercice du pouvoir", dit ainsi Manuel Valls.
"Mon projet se situe au coeur des différentes gauches", veut aussi croire Arnaud Montebourg, qui promet, s'il gagne le 29 janvier, de se tourner immédiatement vers Jean-Luc Mélenchon et le candidat EELV Yannick Jadot pour leur proposer un accord de gouvernement.
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