Prix agricoles: « solution de compromis » votée à l’Assemblée selon Travert
L'Assemblée nationale a "clarifié" jeudi le rôle des interprofessions agricoles dans l'élaboration des indicateurs de prix, une ...

Prix agricoles: « solution de compromis » votée à l’Assemblée selon Travert

L'Assemblée nationale a "clarifié" jeudi le rôle des interprofessions agricoles dans l'élaboration des indicateurs de prix, une ...
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

L'Assemblée nationale a "clarifié" jeudi le rôle des interprofessions agricoles dans l'élaboration des indicateurs de prix, une "solution de compromis" selon le gouvernement qui a assuré avoir entendu l'inquiétude du secteur, sans convaincre l'opposition.

Un amendement au projet de loi alimentation et agriculture du rapporteur Jean-Baptiste Moreau (LREM), adopté en nouvelle lecture, contraint les organisations interprofessionnelles à élaborer et à diffuser ces indicateurs, qui doivent servir de référence dans les négociations commerciales, alors que jusque-là ce n'était pas une obligation.

"Nous avons bien entendu l'inquiétude des professionnels", a affirmé le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert, défendant auprès des députés une "solution de compromis" et une "avancée significative" qui "clarifie" le rôle des interprofessions et va les "mobiliser".

Les agriculteurs souhaitaient que les filières puissent s'appuyer sur l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires (OFPM) pour établir ces indicateurs, pour éviter que les acteurs les plus puissants - distributeurs et transformateurs - n'imposent leur volonté.

Mais le gouvernement estime pour sa part que c'est aux filières de prendre leurs responsabilités, par le biais de la négociation.

L'OFPM pourra aider les interprofessions, comme le médiateur des relations commerciales, représentant de l'Etat, mais "n'a pas à venir valider" les indicateurs, a indiqué le rapporteur.

Plusieurs élus, de droite comme de gauche, ont estimé que l'amendement n'allait "pas assez loin", plaidant pour "revenir aux fondamentaux des Etats généraux de l'alimentation" et éviter que "la loi du plus fort" ne l'emporte.

Pour le chef de file du groupe LR, Christian Jacob, l'amendement ne va "absolument rien changer" car rien n'est prévu si l'interprofession n'élabore pas d'indicateur.

"Si l'Etat n'assume pas son rôle de régulateur dans une économie de marché, le déséquilibre dans le rapport de force risque de perdurer", a aussi affirmé le socialiste Guillaume Garot.

"Ce que vous faites, c'est une mèche lente sur un bâton de dynamite, parce qu'il va y avoir des déceptions", a lancé le communiste André Chassaigne.

"On demande aux paysans de se mettre d'accord avec l'industrie alimentaire et la grande distribution (...) si ça marche au pays des bisounours, tant mieux", mais "je ne fais pas confiance", a aussi affirmé l'Insoumis François Ruffin.

Partager cet article

Dans la même thématique

Prix agricoles: « solution de compromis » votée à l’Assemblée selon Travert
3min

Politique

« Ce sont des centaines de milliers de patients qui sont aujourd’hui en train de mourir », alerte ce médecin généraliste installé en Haute-Vienne

En France, neuf millions de personnes vivent dans un désert médical. L’augmentation de ce chiffre ne cesse d’inquiéter les professionnels de santé qui appellent le personnel politique à agir au plus vite, car derrière les statistiques se cache un véritable enjeu sanitaire. Raccourcir les parcours de formation des médecins ? Aller aux devants des patients avec des bus médicalisés ? Axel De Tarlé reçoit la sénatrice Corinne Imbert et le médecin généraliste Martial Jardel pour en débattre dans l’émission Et la Santé ça va ?.

Le

Documentaire De Gaulle, histoire d’un géant de Jean-Pierre Cottet
4min

Politique

Comment de Gaulle a construit l’image de la France dans le monde

États-Unis, Allemagne mais aussi Sénégal quand le monde apprend la démission du président de Gaulle en avril 1969, c’est une onde de choc politique. Celui qui était au pouvoir depuis 1958 avait en effet tissé des liens avec le monde entier. Construction d’une politique européenne pour se préserver notamment de l’influence de l’Amérique, décolonisation… Charles de Gaulle avait imprimé sa marque, ses opinions en matière de politique étrangère, laissant ainsi son héritage. C’est l’un des chapitres que nous propose de feuilleter le réalisateur Jean-Pierre Cottet dans le documentaire De Gaulle, histoire d’un géant diffusé sur Public Sénat.

Le