Procès Urvoas: le député Solère affirme n’avoir « rien demandé » au ministre
Le député LREM Thierry Solère a affirmé jeudi n'avoir "pas demandé d'informations" sur l'enquête le visant au garde des Sceaux...

Procès Urvoas: le député Solère affirme n’avoir « rien demandé » au ministre

Le député LREM Thierry Solère a affirmé jeudi n'avoir "pas demandé d'informations" sur l'enquête le visant au garde des Sceaux...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le député LREM Thierry Solère a affirmé jeudi n'avoir "pas demandé d'informations" sur l'enquête le visant au garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas, jugé pour "violation du secret professionnel" devant la Cour de justice de la République.

"Je ne cherche aucune information sur le dossier qui me concerne. Je n'ai rien demandé au ministre. Quand je parle à un médecin, je ne lui demande pas d'informations sur la santé d'un tiers, sans quoi je lui demanderais de violer le secret médical", a déclaré le député des Hauts-de-Seine à la barre.

L'ancien ministre socialiste (janvier 2016-mai 2017) est jugé pour avoir transmis les 4 et 5 mai 2017 au député (alors LR) Thierry Solère des éléments de l'enquête qui le visait pour fraude fiscale, via la messagerie cryptée Telegram.

M. Urvoas ne nie pas la matérialité des faits, mais conteste que les documents transmis soient couverts par un quelconque secret.

A la barre, il affirme avoir voulu "défendre l'institution judiciaire" face aux attaques du camp du candidat à la présidentielle de 2017 François Fillon, dont Thierry Solère était le porte-parole.

Le député ne renie pas ses déclarations sur un "cabinet noir" et reste persuadé qu'il n'aurait "jamais été la cible d'une enquête d'une administration fiscale s'il n'avait pas été l'organisateur de la primaire à droite".

Mais il n'a "pas le souvenir de s'être plaint de sa situation personnelle" au ministre, contrairement à ce que dit ce dernier en évoquant une discussion à la Chancellerie en avril 2017.

"Je ne m'attendais pas à recevoir un document de Jean-Jacques Urvoas. Je l'ai envoyé à mon avocat qui m'a dit de le détruire. (...) Ensuite, j'ai veillé à ne plus avoir de relations avec Jean-Jacques Urvoas, je n'ai pas répondu à ses messages d'encouragement et de félicitation pour mon élection à l'Assemblée", a expliqué Thierry Solère.

Se tournant vers l'ancien ministre, le président de la Cour Jean-Baptiste Parlos lâche: "Mais qu'est-ce qui vous a pris?"

Jean-Jacques Urvoas défend à nouveau son bilan, qu'il voyait "ruiné" par la campagne de dénigrement de la droite, et revient sur les "fiches d'action publique" reçues de son administration sur la base de remontées d'informations des parquets.

"Cette note (la fiche sur le dossier Solère) avait été raffinée (filtrée, ndlr) par les magistrats pour être transmise au ministre. Si on me donne un document, c'est pour que je m'en serve!", lance-t-il, excédé.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Vivendi Bollore
5min

Politique

Tribune anti-Bolloré :  Maxime Saada, patron de Canal + nie toute « liste noire »

Même si le président du directoire de Canal+ réfute toute « liste noir », il affirme que le groupe tiendra désormais compte de « la considération portée à Canal+ » dans ses choix de financement. Des propos qui ravivent les tensions avec une partie du monde du cinéma, mobilisée contre l’influence de Vincent Bolloré.

Le

Cour d appel et d ‘assises de Lyon
6min

Politique

Le procès « French Bukkake » aux assises : « Le but est de reconnaître toute la dimension criminelle de l’industrie pornographique », se félicite Laurence Rossignol

Le premier grand procès de l’industrie pornographique se tiendra finalement devant les assises et non devant une cour criminelle départementale. Une victoire pour la cinquantaine de victimes de la plateforme French Bukkake. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a retenu le caractère sexiste et raciste des viols, tout comme l’avait relevé le rapport de la mission d’information du Sénat sur les dérives de l’industrie pornographique remis en 2022.

Le

Ecole maternelle Volontaires, Violences dans le periscolaire, Paris
4min

Politique

Périscolaire : une liste noire de personnels ayant eu des « comportements inappropriés » est-elle faisable ?

Le projet de loi sur la protection de l’enfance présenté mercredi en Conseil des ministres vise notamment à apporter une réponse aux récentes affaires d’agressions sexuelles dans le périscolaire parisien. Le ministre de l’Éducation a annoncé la création d’une « liste noire » pour les personnels ayant des comportements problématiques sur des enfants, même s’ils n’ont pas été encore condamnés. Mais quelle forme légale peut prendre cette liste ?

Le

ILLUSTRATION CHALEUR
10min

Politique

« Disparue des radars », l’écologie fera-t-elle son retour pour la présidentielle de 2027 ?

Alors que la France subit une nouvelle canicule, les enjeux climatiques sont pourtant globalement moins prégnants dans l’opinion, les médias et chez les politiques. Entre les écologistes ou les socialistes qui entendent faire remonter le sujet en haut de la pile, ou certains LR qui veulent définir « une écologie de droite », l’environnement fera-t-il son grand retour en 2027 ? A voir.

Le