Qatargate : « Si on n’arrive pas à plus de transparence, ça va vraiment faire mal aux élections européennes », prévient cet eurodéputé allemand
Le Parlement européen est secoué depuis plusieurs semaines par l’affaire du « Qatargate », une affaire de corruption mettant en cause des députés européens, et jusqu’à une vice-présidente. De nombreux eurodéputés s’inquiètent. Sans réponse forte et rapide de l’institution, ce scandale risque d’étioler un peu plus la confiance entre les citoyens européens et leurs élus, alors que les prochaines élections européennes auront lieu l’année prochaine.

Qatargate : « Si on n’arrive pas à plus de transparence, ça va vraiment faire mal aux élections européennes », prévient cet eurodéputé allemand

Le Parlement européen est secoué depuis plusieurs semaines par l’affaire du « Qatargate », une affaire de corruption mettant en cause des députés européens, et jusqu’à une vice-présidente. De nombreux eurodéputés s’inquiètent. Sans réponse forte et rapide de l’institution, ce scandale risque d’étioler un peu plus la confiance entre les citoyens européens et leurs élus, alors que les prochaines élections européennes auront lieu l’année prochaine.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Très choquée, déçue, ce sont des manœuvres terribles ». Sylvie Guillaume n’a pas de mots assez durs contre ses collègues, dont l’ancienne vice-présidente du Parlement européen, la socialiste grecque Eva Kaili, soupçonnés d’avoir reçu des pots-de-vin pour redorer l’image du Qatar, du Maroc, voire de la Mauritanie. « Ce discrédit qui est l’objet de certaines personnes, de certains collègues rebondit sur nous autres, nous tous, rebondit aussi sur une certaine idée de l’Union européenne. On s’approche des élections européennes. Il faut qu’on réagisse très vite, très fort, qu’il n’y ait absolument pas de « business as usual » dans le Parlement et ailleurs. », clame haut et fort l’eurodéputée socialiste française.

Transposer au plan européen la Haute autorité de la transparence de la vie publique

Sylvie Guillaume plaide pour des règles contraignantes et ambitieuses pour mieux contrôler et encadrer l’activité et les revenus des députés européens. « Il y a quelque chose qui existe en France qui est tout à fait intéressant et qu’on devrait transposer au plan européen qui est la haute autorité. C’est-à-dire, une autorité indépendante qui contrôle vos avoirs au début de votre mandat, qui contrôle à la fin et qui dans l’intervalle a un certain nombre de pouvoirs. Et donc on peut voir qui s’est enrichi ou pas et de quelle manière. »

« Mais pourquoi je voterai encore pour le Parlement européen ? »

La présidente du Parlement européen, la maltaise Roberta Metsola, n’y est pas opposée. Il y a une dizaine de jours, elle a proposé 14 mesures pour renforcer les règles d’intégrité des députés européens et durcir les sanctions. « Si on n’arrive pas maintenant à renforcer les règles, à augmenter la transparence et à vraiment sanctionner quand il y a violation des règles, je crains qu’un grand nombre des électeurs va se dire : mais pourquoi je voterai encore pour le Parlement européen ? Ou ils voteront pour des populistes, des gens d’extrême droite. Et j’ai extrêmement peur », alerte Daniel Freund.

Le député européen allemand (Les Verts) redoute le conservatisme de certains. Déjà certains députés s’interrogent sur les mesures proposées : « Entre le vote de décembre, où il y avait quasi-unanimité, et déjà maintenant, plein de conservateurs nous disent : ‘oui mais en fait cette règle on n’en a pas besoin, cette règle de publication des réunions avec les lobbyistes : pourquoi ? Ça c’est toute la question. Est-ce qu’on va arriver maintenant à avoir une majorité ? Si on n’y arrive pas, ça va vraiment faire mal aux élections européennes. »

Revoir l’intégralité de l’émission en replay

Partager cet article

Dans la même thématique

Blois: Socialist Party figure at the Socialist Party summer camp
4min

Politique

Sénatoriales : après l’aval des socialistes en Seine-Maritime, l’accord national PS-Ecologistes n’est plus menacé

L’accord national entre les socialistes et les écologistes pour les sénatoriales a failli partir à vau-l’eau. Les réticences de la fédération PS de Seine-Maritime pour céder la deuxième place à une écologiste ont entraîné un bras de fer entre Verts et Roses. Bras de fer qui s’est soldé par un retour au calme et un gentlemen’s agreement entre les deux parties.

Le

Paris : Sarah Knafo – Meeting au Dome de Paris
8min

Politique

Présidentielle : Sarah Knafo, une campagne peut en cacher une autre

À quelques mois de la présidentielle de 2027, Sarah Knafo s’impose comme l’un des visages les plus en vue de Reconquête !. Omniprésente dans les médias, en librairie le 2 septembre avec « Le Casse du siècle », l’eurodéputée de 33 ans assure pourtant qu’Éric Zemmour reste le « candidat naturel » du parti. Une complémentarité revendiquée entre les deux, mais qui nourrit inévitablement une question, derrière la campagne de Éric Zemmour, Sarah Knafo prépare-t-elle aussi la sienne ?

Le

Bapteme du grand amphitheatre du ministere des Armees du nom de Pierre Messmer.
4min

Politique

Mort d’Édouard Balladur : « Serviteur exigeant de la France » pour Emmanuel Macron, « un mentor », salue Nicolas Sarkozy

L’ancien Premier ministre Édouard Balladur, rival honni de Jacques Chirac lors de la campagne présidentielle de 1995, est décédé, lundi soir, à l’âge de 97 ans. « Un serviteur exigeant » pour la France », a salué Emmanuel Macron. « Un exemple, un mentor et un ami », pour Nicolas Sarkozy. De nombreux hommages lui ont été rendus de la part des responsables politiques.

Le