Quatrième vague : l’inévitable retour du couvre-feu ?
Le seuil d’alerte était fixé à 50 cas pour 100 000 habitants. Une quarantaine de départements l’ont d’ores et déjà dépassé. Pour freiner la quatrième vague, les sénateurs, de droite comme de gauche, sont majoritairement favorables au retour de mesures de restriction.

Quatrième vague : l’inévitable retour du couvre-feu ?

Le seuil d’alerte était fixé à 50 cas pour 100 000 habitants. Une quarantaine de départements l’ont d’ores et déjà dépassé. Pour freiner la quatrième vague, les sénateurs, de droite comme de gauche, sont majoritairement favorables au retour de mesures de restriction.
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Par Steve Jourdin

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« Nous sommes entrés dans la quatrième vague », selon Gabriel Attal, qui s’exprimait lundi au sortir du Conseil des ministres. En une semaine, le taux d’incidence a augmenté « de près de 125 % » sur le territoire national, ajoute le porte-parole du gouvernement. Un nouveau Conseil de défense sanitaire se déroule demain mercredi, et à l’issue, Jean Castex sera l’invité du 13 heures de TF1. Le premier ministre pourrait annoncer de nouvelles mesures face à la progression du variant Delta, certains départements ont décidé de passer à l’action. Dans les Pyrénées-Orientales, département frontalier de l’Espagne où le taux d’incidence atteint désormais 289,8 cas pour 100 000 habitants, le préfet a décidé de rétablir le couvre-feu, obligeant cafés et restaurants à fermer à 23 heures.

 

Le spectre du couvre-feu


Une initiative qui donne des idées à certains. « Dans le Bassin dArcachon, la fête bat son plein. Les gens ne se protègent pas suffisamment, les gestes barrières ne sont pas toujours respectés. Une explosion des cas est très probable. Un couvre-feu, par exemple à minuit, pourrait permettre d’éviter ça », estime Florence Lassarade, sénatrice LR de la Gironde, un département actuellement sous surveillance (111 cas pour 100 000 habitants).

Jérôme Bascher n’est pas surpris du retour des mesures de restriction. « Il faut s’habituer à vivre avec le virus et ses différents variants. Nous ne pourrons pas reprendre une vie normale avant le mois d’octobre, compte tenu du faible taux de vaccination. On est donc obligés de prendre des mesures de restriction comme avant », note le sénateur LR de l’Oise, qui considère que la décision de rouvrir les discothèques est une « faute politique » du gouvernement.

Alors que les manifestations contre le passe sanitaire se multiplient dans l’hexagone, la question de l’acceptabilité des restrictions est à nouveau au cœur des débats. « Parle-t-on de couvre-feu de type sanitaire ou est-on en train d’essayer de gérer les troubles à l’ordre public ? », demande malicieusement le sénateur LR de l’Essonne, Jean-Raymond Hugonet, qui écarte l’idée d’un couvre-feu préventif. « Il faut faire du cas par cas, en fonction du taux de vaccination et surtout du taux d’hospitalisation département par département ».

A gauche, le couvre-feu ne rencontre pas d’opposition de principe. « Si aujourd’hui il y a un danger, nous devons y répondre, selon les recommandations des scientifiques. Mais le cœur de la réponse doit passer par la vaccination, qu’il faut rendre obligatoire pour tous afin de ne pas susciter de divisions au sein de la société », juge Rachid Temal, sénateur socialiste du Val-d’Oise. Les sénateurs et députés PS ont d’ailleurs fait un communiqué commun en ce sens. Alors que les zones touristiques sont les plus touchées par la reprise de l’épidémie, le sénateur de Paris Rémi Féraud (PS) ne « croit pas à la nécessité d’un couvre-feu imminent », et rappelle que si le taux d’incidence est élevé dans la capitale (126 pour 100 000 habitants), il est encore loin de celui de certains départements du littoral.

 

Choisir les bons outils

En dehors du couvre-feu, d’autres outils sont à la disposition des autorités. « La politique du gouvernement depuis la reprise de l’épidémie est de différencier géographiquement en fonction du taux d’incidence. Cette solution est la bonne, car il ne faut pas imposer de mesures identiques sur l’ensemble du territoire », observe Claude Malhuret, patron du groupe Les Indépendants. « L’épidémie repart très fort, mais les gens ne s’en aperçoivent pas encore. C’est exponentiel. Dans 15 jours, tout le monde ne parlera que de ça. Mais il faut laisser aux préfets et aux Agences régionales de santé (ARS) le soin de choisir les mesures adaptées à la situation qu’ils rencontrent sur le terrain », ajoute l’ancien président de Médecins sans frontières.

En Charente-Maritime, le taux d’incidence est passé en une semaine de 14 à 145 cas pour 100 000 habitants. En conséquence, depuis mardi, le masque est de nouveau obligatoire dans 45 communes du département, comme à l’Ile de Ré ou La Rochelle. « C’est une mesure nécessaire et indispensable compte tenu du niveau d’incidence. Notre département est un département touristique, où l’épidémie circule de plus en plus vite. On ne peut pas baisser la garde dans le contexte actuel », avertit Corinne Imbert, sénatrice LR de Charente-Maritime.

Les vacances d’été sont dans toutes les têtes. L’afflux massif de touristes dans certaines zones du territoire aussi. Pour éviter l’apparition de clusters, des élus du littoral n’excluent pas de revenir à une limitation des déplacements interrégionaux. « Il faut que les habitants de ces régions puissent vivre normalement. Si l’on s’aperçoit que la situation se dégrade, il faudra peut-être envisager une interdiction de circuler d’un département à l’autre, ou d’une région à l’autre », considère Jérémy Bacchi, sénateur communiste des Bouches-du-Rhône. Le mois d’août sera chaud.

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