Quels sont les pays engagés dans un processus d’adhésion à l’UE ?
L’Ukraine et la Moldavie pourraient obtenir d’ici la fin de semaine le statut de candidat à l’Union européenne. Ces deux pays viendraient ainsi rejoindre la liste des cinq Etats déjà officiellement engagés dans un processus d’adhésion, à des stades plus ou moins avancés.

Quels sont les pays engagés dans un processus d’adhésion à l’UE ?

L’Ukraine et la Moldavie pourraient obtenir d’ici la fin de semaine le statut de candidat à l’Union européenne. Ces deux pays viendraient ainsi rejoindre la liste des cinq Etats déjà officiellement engagés dans un processus d’adhésion, à des stades plus ou moins avancés.
Romain David

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Une séquence décisive s’ouvre pour l’Ukraine ce jeudi 23 mai. Réunis en sommet à Bruxelles jusqu’à vendredi, les dirigeants de l’Union européenne se penchent sur l’avenir européen de ce pays, envahi depuis le 24 février par la Russie. Au vu des déclarations de soutien des uns et des autres, notamment celle de la France qui occupe actuellement la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, Kiev devrait obtenir sans grande difficulté le statut de candidat à l’UE, déjà approuvé la semaine dernière par la Commission européenne. Il en va de même pour la Moldavie, sur laquelle vont également se pencher les chefs d’Etat européen. Pays le plus pauvre du continent, la Moldavie a accueilli plus de 400 000 réfugiés depuis le début du conflit.

Le statut de candidat à l’UE ouvre la voie au processus d’adhésion, un cheminement long et complexe vers lequel sont actuellement engagés cinq autres pays, pour la plupart issus de l’ancien bloc yougoslave, à des stades plus ou moins avancés.

La Macédoine du Nord

La Macédoine du Nord a obtenu son statut de pays candidat en décembre 2005. Depuis 2009, ses ressortissants n’ont plus besoin de visas pour voyager en Europe. Mais les discussions à proprement parler sur son adhésion ont mis plus d’une dizaine d’années avant de démarrer, en raison notamment de vives tensions avec la Grèce, qui revendique aussi le nom de « Macédoine » pour l’une de ses régions. En 2019, ce sont la France et les Pays-Bas qui freinent des quatre fers, réclamant une réflexion sur l’approfondissement de l’Union avant d’envisager un nouvel élargissement. Les négociations d’adhésion se sont officiellement ouvertes en mars 2020.

Le Monténégro

Le processus d’adhésion du Monténégro est corrélé à son indépendance, obtenue à l’issue du référendum de 2006, qui acte la dissolution de l’entité Serbie-et-Monténégro, mise en place après la fin de la République fédérale de Yougoslavie en 2003. Petite particularité : le Monténégro a choisi d’adopter l’euro comme monnaie dès 2002, sans pour autant faire partie de jure de la zone euro. Sa demande officielle d’adhésion a été déposée en décembre 2008, et le statut de candidat obtenu un an plus tard. La Commission européenne estime que le Monténégro pourrait rejoindre l’UE d’ici trois ans, à condition de fournir davantage d’efforts dans la lutte contre la corruption au sein des institutions et contre la criminalité organisée.

La Serbie

La demande d’adhésion de la Serbie s’est faite dans la foulée de celle du Monténégro, du fait de leur histoire commune. Belgrade a obtenu le statut de candidat en 2011, après l’arrestation et l’extradition vers le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie de deux criminels de guerre. L’ouverture des négociations d’adhésion a toutefois été retardée par les stigmates de la guerre du Kosovo, certains pays, comme la Roumanie, réclamant des garanties sur la protection des minorités. En 2012, l’adoption d’une loi controversée pour réduire le déficit du pays a également soulevé l’inquiétude de l’Union européenne.

L’Albanie

L’Albanie a lancé en 2011 un vaste plan de réformes pour répondre aux exigences de Bruxelles quant à une éventuelle adhésion. Trois ans plus tard, Tirana obtient le statut de candidat à l’UE. Les négociations auraient dû démarrer en 2018, la Commission européenne ayant estimé que les avancées du pays en matière de lutte contre la criminalité, en faveur du respect des droits de l’homme et pour réformer ses institutions avaient été significatives. Un avis qui n’était pas celui de plusieurs pays membres, dont la France, et qui demandent des efforts supplémentaires pour freiner la corruption et la criminalité. À ce stade, les négociations officielles n’ont pas encore démarré.

La Turquie

La Turquie est officiellement candidate à une adhésion à l’Union européenne depuis 1999. La possibilité d’une adhésion turque à l’Union européenne a déclenché d’âpres débats au sein des pays membres, en particulier sur la question des frontières de l’Union. En 2004, la Commission européenne estime néanmoins que la Turquie satisfait aux critères de Copenhague, qui listent les conditions que doit remplir un pays pour prétendre à une adhésion. Les négociations démarrent dans la foulée. L’arrivée au pouvoir du président Erdogan, puis la détérioration des relations avec les Occidentaux, à l’occasion de la crise migratoire de 2015, du coup d’Etat avorté de juillet 2016, et plus récemment face aux ambitions turques en Méditerranée occidentale, ont porté un coup d’arrêt aux discussions. Depuis 2019, le Conseil de l’UE estime qu’elles sont « au point mort ».

Également dans la salle d’attente…

Par ailleurs, outre l’Ukraine et la Moldavie, deux autres Etats espèrent également obtenir un statut de candidat : la Bosnie-Herzégovine et la Géorgie. À rebours, l’Islande est sortie du processus d’adhésion en 2015. La crise financière de 2009 avait poussé la gauche au pouvoir à demander une adhésion. Mais la droite, de retour aux manettes en 2013, s’était engagée à y mettre fin.

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