Radicaux de droite et de gauche fêtent leurs « fiançailles » à Montpellier
Les militants des deux familles radicales, le PR et le PRG, se sont retrouvés ce week-end à Montpellier pour des universités d'été communes,...

Radicaux de droite et de gauche fêtent leurs « fiançailles » à Montpellier

Les militants des deux familles radicales, le PR et le PRG, se sont retrouvés ce week-end à Montpellier pour des universités d'été communes,...
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Par Stéphanie LEROUGE

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Les militants des deux familles radicales, le PR et le PRG, se sont retrouvés ce week-end à Montpellier pour des universités d'été communes, premier acte public d'une réunification qui doit leur permettre de "peser" davantage dans le paysage politique.

"De nous voir aujourd'hui tous réunis m'emplit d'émotion, de joie et d'espoir", a déclaré dimanche devant quelque 600 personnes l'ancien président du PRG Jean-Michel Baylet, l'un des rares à avoir connu le parti avant sa scission en 1972.

La réunification, qui semble globalement avoir l'assentiment de la majorité des militants des deux formations, sera entérinée lors d'un Congrès à Paris les 9 et 10 décembre - une date emblématique des combats des radicaux, puisque c'est le 9 décembre 1905 qu'a été adoptée la loi sur la laïcité.

Dans un premier temps, les présidents des deux partis, Laurent Hénart (PR) et Sylvia Pinel (PRG), se partageront la co-présidence du nouveau parti. Le nom de ce dernier, soumis à une consultation, sera décidé lors du congrès.

Objectif de cette "renaissance": peser davantage dans le paysage politique, "construire la colonne vertébrale du grand parti humaniste dont a besoin notre pays", selon les mots du député de la Meuse Bertrand Pancher (PR).

Pour la plupart des radicaux, Emmanuel Macron et son mouvement En Marche ont le mérite d'avoir ouvert un espace au centre, ce qu'ils n'avaient su faire pendant tant d'années. Mais le parti du président de la République manque selon eux d'ossature politique et idéologique.

"Nous n'avons jamais considéré que l'engagement politique c'était un ramasse-tout (...) le centrisme ce n'est pas une nébuleuse, un trou noir", cingle le premier vice-président exécutif du PRG, Guillaume Lacroix, dont le parti compte deux membres au sein du gouvernement.

La première pierre de l'édifice sera la constitution au Sénat, et si possible à l'Assemblée, de deux groupes réunissant élus du PR et du PRG.

"C'est de là que repartira (la) reconquête, en faisant entendre notre voix et nous positionnant haut et fort à l'Assemblée nationale et au Sénat", affirme M. Baylet.

Candidate aux sénatoriales en Gironde, la secrétaire générale du PR Nathalie Delattre a annoncé dimanche son intention de rejoindre les radicaux de gauche du groupe RDSE au Sénat.

- 'Exigeants et vigilants' -

Laurent Henart (c), président du Parti radical (PR), le 12 octobre 2016 à Paris
Laurent Henart (c), président du Parti radical (PR), le 12 octobre 2016 à Paris
AFP/Archives

A l'Assemblée, les choses seront plus difficiles, puisque les députés PR et PRG ne sont que huit, et qu'il faut quinze membres pour constituer un groupe - une première tentative, avant l'été, s'était soldée par un échec.

Mais les radicaux devraient pouvoir compter sur le député DVG Olivier Falorni, qui a annoncé qu'il prendrait sa carte du parti radical réunifié, et sans doute sur des députés ex-PR ou PRG élus sous l'étiquette REM, comme Philippe Huppé, Stéphanie Kerbarh ou Alain Tourret.

Quel sera le positionnement du nouveau parti radical vis-à-vis de la majorité ? "Le maître-mot c'est l'indépendance", souligne Guillaume Lacroix.

Pour M. Baylet, "naturellement nous nous inscrivons dans (la) majorité, mais les radicaux n'ont jamais été des godillots", et députés comme sénateurs auront leur mot à dire, notamment sur la baisse des APL, la diminution des emplois aidés ou la baisse des dotations aux collectivités locales.

Dans un texte transmis à la presse, l'ancien ministre des Collectivités trace pourtant une perspective plus ambitieuse pour le futur parti, affirmant que les radicaux ne veulent pas "participer au pouvoir" mais "l'exercer". Bertrand Pancher se prend lui aussi à rêver que les radicaux soient "majoritaires demain", quand la députée européenne Virginie Rozière (PRG) parle d'incarner une "alternative crédible à la politique actuelle".

"Oui, nous partageons les grandes orientations du président de la République, mais nous serons aussi très exigeants et vigilants sur certains dossiers", tranche Sylvia Pinel, qui s'est montrée particulièrement critique, dimanche, sur les projets du gouvernement en matière de logement, dont elle a été ministre durant le quinquennat Hollande.

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