Réduction en vue d’une aide pour les personnes âgées non dépendantes, colère des oppositions
Le gouvernement va supprimer l'an prochain un avantage accordé spécifiquement aux personnes âgées de plus de 70 ans qui emploient...

Réduction en vue d’une aide pour les personnes âgées non dépendantes, colère des oppositions

Le gouvernement va supprimer l'an prochain un avantage accordé spécifiquement aux personnes âgées de plus de 70 ans qui emploient...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le gouvernement va supprimer l'an prochain un avantage accordé spécifiquement aux personnes âgées de plus de 70 ans qui emploient une aide à domicile, en le réservant aux seuls seniors dépendants, a indiqué lundi la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye.

Cette mesure, prévue dans le prochain projet de loi de finances qui doit être présenté vendredi, a immédiatement suscité de vives critiques de la part des oppositions, à gauche comme à droite.

"Nous souhaitons au final recentrer les choses pour que les aides, quand elles existent, s'adressent aux personnes qui en ont le plus besoin", a déclaré Mme Ndiaye sur LCI, confirmant une information des Echos. Le dispositif ne doit en effet pas servir à aider les seniors bien portants, au-delà des abattements accordés à tous les Français, à se payer des "travaux de jardinerie", a fait valoir la porte-parole.

Concrètement, le gouvernement, qui cherche des pistes d'économies pour financer les baisses d'impôts promises par Emmanuel Macron, entend concentrer l'exonération totale de charges patronales, dont bénéficient automatiquement les personnes de plus de 70 ans qui emploient une aide à domicile, sur celles en situation de dépendance (bénéficiant de l'APA, l'allocation personnalisée d'autonomie), ou de handicap.

Cette mesure est motivée par le constat que "le critère de l'âge est non pertinent, car il y a des gens dépendants avant 70 ans et d'autres autonomes après cet âge", a précisé une source gouvernementale.

Décidée dans un souci "de justice sociale", la mesure n'a pas pour objectif premier de réaliser des économies, même si, en l'occurrence, elle pourrait permettre de dégager 310 millions d'euros "au maximum", selon la même source.

Un certain nombre de septuagénaires pourraient en effet continuer à bénéficier de la même exonération, non plus en raison de leur âge - puisque ce critère sera supprimé -, mais en faisant valoir leur dépendance - un critère qui existe déjà, et qui sera maintenu. Le nombre de personnes concernées n'est cependant pas précisément connu.

Au total, ce dispositif d'exonération créé en 1987, et accordé actuellement sur critère d'âge, de dépendance ou au titre de l'aide à domicile pour un enfant handicapé, coûte 1,8 milliard d'euros par an à l'Etat.

Cet épisode survient après la hausse de la CSG et la sous-indexation par rapport à l'inflation des pensions de retraites supérieures à 2.000 euros. Pour autant, Mme Ndiaye a réfuté toute "politique anti-vieux" de la part du gouvernement. D'autres avantages fiscaux restent applicables, a-t-elle rappelé, comme le crédit d'impôt ou l'exonération sociale de 2 euros par heure travaillée.

L'annonce de Mme Ndiaye a cependant été vivement critiquée sur Twitter par les oppositions.

"Indigne", ont fustigé les Républicains. "Honte à Emmanuel Macron qui abandonne nos retraités !", a commenté Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France). Pour le député et porte-parole du Rassemblement national Sébastien Chenu, les retraités sont "de nouveau victimes de la politique anti-sociale" d'Emmanuel Macron.

A gauche, le sénateur socialiste Rachid Temal s'est étonné "qu'un gouvernement qui parle de solidarité et de progressisme puisse prendre cette décision", tandis que le secrétaire national du PCF Fabien Roussel dénonçait "encore un mauvais coup pour le pouvoir d'achat des personnes âgées". Pour le leader communiste, "le gouvernement cherche à faire payer par tous les moyens nos aîné-es".

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le