Remaniement : le come-back surprise de Roselyne Bachelot, nouvelle ministre de la Culture
Huit ans après avoir quitté la vie politique, Roselyne Bachelot fait un retour inattendu au ministère de la Culture. Le nom de cette femme aussi médiatique que politique a commencé à circuler dans les rédactions, il y a tout juste trois jours, à la nomination de Jean Castex.

Remaniement : le come-back surprise de Roselyne Bachelot, nouvelle ministre de la Culture

Huit ans après avoir quitté la vie politique, Roselyne Bachelot fait un retour inattendu au ministère de la Culture. Le nom de cette femme aussi médiatique que politique a commencé à circuler dans les rédactions, il y a tout juste trois jours, à la nomination de Jean Castex.
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Qui aurait parié sur le retour au Roselyne Bachelot il y a encore un mois ?  Elle-même rejetait cette hypothèse, mi-mai, sur le plateau des Grosses Têtes. Redevenir ministre ? « Ah mon Dieu ! Quel malheur ! Oh non, mais attendez c’est un cauchemar ! », s’était-elle écriée, le visage entre ses mains.

Pourtant, Roselyne Bachelot a été la première à prendre place dans son ministère, ce lundi soir. « Sans doute, n’ai-je pas tout réussi », a confessé son prédécesseur, Frank Riester. « Et, en premier lieu, à conjurer la malédiction de voir le titulaire de ce ministère changer tous les 18 mois, mais je crois que nous pouvons être fiers du travail accompli ensemble ! »

Le président du parti Agir laisse à Roselyne Bachelot le soin de relever un secteur durement touché par l’épidémie de coronavirus : « La mission que m’a confiée le président de la République est de mettre la culture au cœur du plan de reconstruction de notre pays laminé par une crise économique, sanitaire, sociale et morale. »

Des « états généraux des festivals » se tiendront « dans les prochains jours »

Une enquête estime à 4000 le nombre de festivals annulés du fait de la crise sanitaire. D’après David Assouline, sénateur PS de Paris et membre de la commission de la culture, « environ 8 milliards d’euros » seraient nécessaires pour remettre à flot les acteurs du secteur.

« Au-delà de son aspect fondamental pour l’âme de notre pays, la culture est un enjeu économique, d’attractivité et d’emploi », insiste le parlementaire socialiste. « J’espère qu’elle mettra donc toute sa verve politique au service de la culture, qui nécessite d’abord des moyens plus que des belles paroles. »

La nouvelle ministre de la Culture a, dès son discours de prise de fonction, déterminé son agenda des prochaines semaines : « Pour moi, l’urgence absolue, en ce début d’été, sera d’aider à la remise en route et en état des lieux de culture. […] C’est quasiment une question de vie ou de mort pour tant de personnes. »

Roselyne Bachelot a ainsi annoncé la tenue, « dans les prochains jours », d’« état généraux des festivals pour que la saison prochaine retrouve sa vitalité artistique ». « Je serai la ministre des artistes et la ministre des territoires », ajoute cette ancienne élue locale, passée par la quasi-totalité des fonctions électives.

La réforme de l’audiovisuel public « remise aux calendes grecques »

« C’est un poids lourd politique », reconnaît la présidente de la commission culture du sénat, Catherine Morin-Desailly, qui « attend beaucoup de la ministre » : « Les acteurs de la culture sont en souffrance. Ils ont été dramatiquement impactés par la crise du Covid19 et resteront durablement affectés, probablement jusqu’en 2021. »

Cette passionnée de l’opéra, proche du nouveau Premier ministre Jean Castex, aura également à parachever la réforme de l’audiovisuel, déjà détricotée par le gouvernement depuis la crise du Covid. Frank Riester avait mis les bouchées doubles pour introduire les directives « Services de médias audiovisuels » (SMA) dans le droit français, en délaissant la réforme du service public : « Il n’y a pas grand monde pour croire qu’il s’agit d’une priorité », estime aujourd’hui David Assouline. « Cette loi est déjà remise aux calendes grecques. »

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