Requête de Lactalis sur les étiquettes de lait : « C’est scandaleux », s’insurge Julien Denormandie
Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation s’est indigné de la requête du groupe Lactalis devant le Conseil d’Etat, qui a obtenu gain de cause. L’étiquetage de l’origine géographique du lait n’est plus obligatoire.

Requête de Lactalis sur les étiquettes de lait : « C’est scandaleux », s’insurge Julien Denormandie

Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation s’est indigné de la requête du groupe Lactalis devant le Conseil d’Etat, qui a obtenu gain de cause. L’étiquetage de l’origine géographique du lait n’est plus obligatoire.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

C’est une décision du Conseil d’Etat de mars qui fait vivement réagir. Un décret du gouvernement rendait obligatoire, sous peine de sanction, l’indication par étiquetage de l’origine géographique du lait (« origine UE » ou « origine non UE »). Le groupe Lactalis, qui avait saisi la plus haute juridiction administrative française, a obtenu gain de cause : l’annulation du texte, contraire au droit européen. Le Conseil d’Etat s’est notamment référé à un arrêt de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) du 1er octobre. Il a estimé qu’il n’y a pas de propriété du lait qui puisse être reliée à son origine géographique.

Invité de l’émission Audition publique, sur les chaînes parlementaires ce 12 avril 2021, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation s’est indigné de la démarche de la multinationale agroalimentaire française. « C’est scandaleux. Qu’une entreprise française, un fleuron industriel, puisse aller devant la Cour de Justice de l’Union européenne demander que l’origine des produits ne soit plus indiquée sur les briques de lait, les bras m’en tombent ! C’est absolument aberrant. »

Un décret « d’ici l’été » pour préciser l’origine de la viande dans la restauration

La CJUE avait déclaré que le cadre européen harmonisé sur l’étiquetage alimentaire « n’empêchait pas les États membres de prendre des mesures fournissant davantage d’informations sur l’origine et la provenance des denrées alimentaires ». Toutefois, ces mesures nationales doivent être justifiées par plusieurs critères. La protection de la santé publique et la prévention de la fraude alimentaire en sont les principaux.

Reconnaissant que « le politique n’est pas au-dessus des décisions de justice », Julien Denormandie s’est dit toutefois prêt à « mener » la bataille au niveau européen afin de « bouger les lignes » sur les questions d’origine géographique. Il souhaite également agir au niveau national. « A défaut de mettre l’origine France, au mois que ce soit l’origine Union européenne, ça, on peut le faire, on est en train de modifier les textes pour le faire », a-t-il affirmé.

Il a en outre annoncé la publication d’un décret, « d’ici l’été », qui « imposera l’origine de la viande partout dans la restauration ». « Le consommateur doit en être informé », a-t-il souligné. Il s’agissait d’une des dispositions prévues par la loi du 10 juin 2020 relative à la transparence de l’information sur les produits agricoles et alimentaires.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le

Requête de Lactalis sur les étiquettes de lait : « C’est scandaleux », s’insurge Julien Denormandie
6min

Politique

Elections sénatoriales en Gironde : la droite favorite, le RN veut créer la surprise 

En Gironde, la droite et le centre abordent les élections sénatoriales en position de force, après plusieurs victoires aux dernières municipales. À gauche, cinq listes se disputent les voix des grands électeurs, tandis que le Rassemblement national espère profiter de la dispersion pour décrocher, pour la première fois, un siège dans le département.

Le