Emmanuel Macron n’envisage « pas de dissolution » et réfléchit au « cap » pour la suite
< p > Au lendemain de l’adoption de la réforme des retraites, le chef de l’Etat écarte tout retrait du texte et prépare la suite. Il a demandé à ses troupes de faire « & nbsp ; d’ici deux à trois semaines maximum & nbsp ; » des « & nbsp ; propositions & nbsp ; » en vue d’un « & nbsp ; changement de méthode et d’agenda des réformes & nbsp ; ». < /p >

Emmanuel Macron n’envisage « pas de dissolution » et réfléchit au « cap » pour la suite

< p > Au lendemain de l’adoption de la réforme des retraites, le chef de l’Etat écarte tout retrait du texte et prépare la suite. Il a demandé à ses troupes de faire « & nbsp ; d’ici deux à trois semaines maximum & nbsp ; » des « & nbsp ; propositions & nbsp ; » en vue d’un « & nbsp ; changement de méthode et d’agenda des réformes & nbsp ; ». < /p >
François Vignal

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Alors que la contestation et les manifestations spontanées continuent chaque soir, depuis le recours au 49.3 pour adopter la réforme des retraites, Emmanuel Macron tente de reprendre la main. Mais comme souvent, lors de crises politiques, le chef de l’Etat n’entend pas se laisser dicter son agenda. Au lendemain du vote sur la motion de censure, dont l’adoption a été manquée de peu, à seulement 9 voix près, il enchaîne les rendez-vous institutionnels.

« On est quand même lucide. Il y a un risque d’enflammement, de blocage »

Lors d’une réunion qui a rassemblé ce mardi matin les responsables du camp présidentiel (présidents de partis et de groupes, ministres), « on a parlé stratégie et évoqué toutes les embûches », rapporte à publicsenat.fr l’un des convives.

Devant les cadres de sa majorité présidentielle, Emmanuel Macron n’a pas montré de signe d’inquiétude, selon l’un des participants. « Le Président est très résilient dans les crises, quelles qu’elles soient. Il ne laisse pas paraître ses états d’âme. Il était concentré, motivé et à l’écoute », soutient un macroniste qui a suivi les échanges. « Maintenant, on est quand même lucide. Il y a un risque d’enflammement, de blocage. Il faut l’éviter à tout prix », ajoute le même.

« La dissolution n’a été envisagée ce matin par personne »

Emmanuel Macron a exclu toute décision précipitée. « Pas de dissolution, pas de remaniement, pas de référendum », a résumé l’un des participants à l’AFP. Ce n’est en tout cas pas prévu « à date », a confirmé à l’agence un ministre qui était présent.

« Il ne l’a pas dit formellement », nous précise un autre participant de la réunion, mais « Elisabeth Borne nous a convoqués hier pour nous dire qu’elle continuait. De facto, ces hypothèses ne sont pas envisagées. Y faire référence aujourd’hui n’a pas de sens. La dissolution n’a été envisagée ce matin par personne ». D’autant que le camp macroniste sait bien qu’il n’y gagnerait rien, au contraire. « Aujourd’hui, il y a une France tripartite, qui empêche de définir une solution dans l’immédiat, car entre l’extrême droite et l’extrême gauche, une élection ne donnerait pas une assemblée gouvernable », avance ce responsable de la majorité présidentielle.

Pour un parlementaire de la majorité, le « problème n’est pas de couper des têtes », mais plutôt de retrouver « un ADN nouveau ». Selon ce député Renaissance, « Emmanuel Macron a tout à gagner à rester disruptif et à être là où on ne l’attend pas ».

« Gérald Darmanin a dit qu’il faut mettre de l’empathie », « Bruno Le Maire de faire attention au blocage »

Lors du tour de table, « Gérald Darmanin a dit qu’il faut mettre de l’empathie », rapporte l’un des présents, « et Bruno Le Maire a dit de faire attention au blocage du pays. Les trois jours qui vont être difficiles, c’est jeudi, vendredi et samedi ».

Le même précise qu’« on ne va pas répondre par un chèque, au moment où on a fait un discours sur l’équilibre financier du régime de retraites ». Ce qui complique la recherche de pistes pour l’exécutif.

« Identifier quelques projets clairs »

Si des annonces viendront, ce sera semble-t-il dans un second temps, bien que le Président soit l’invité demain des 13 heures de TF1 et de France 2. Le chef de l’Etat a demandé à ses troupes de faire « d’ici deux à trois semaines maximum » des « propositions » en vue d’un « changement de méthode et d’agenda des réformes ».

Ce délai de trois semaines ne vient pas de nulle part, comme l’explique un cadre de la macronie :

On a trois semaines pendant que le Conseil constitutionnel examine le texte de loi, a dit le Président. Donc pendant ce temps-là, on redéfinit un cap et la méthode pour renouer le dialogue avec les Français.

Le même évoque le « pouvoir d’achat, l’écologie. Les institutions, on ne les a pas trop évoquées ce matin en revanche ». L’idée est d’« identifier quelques projets clairs, sur un agenda clair » et une méthode tout aussi « claire ». L’objectif serait d’« éviter de se retrouver dans une contestation de la légitimité d’un texte ».

« Peut-être qu’à l’avenir, les solutions ne sont pas toutes législatives, mais aussi réglementaires »

Alors que la recherche de majorité s’annonce encore plus difficile, après la réforme des retraites où les LR, avec qui le gouvernement avait pourtant négocié, se sont montrés divisés, « Emmanuel Macron a dit que peut-être, à l’avenir, les solutions ne sont pas toutes législatives, mais aussi réglementaires », selon un président de groupe. Manière de faire le constat de la difficulté de trouver des majorités de circonstance et des compromis. « Plutôt que faire des grandes lois qui sont applicables dans un an et demi, je préfère un décret qui facilite la vie des Français dans l’immédiat », résume ce parlementaire.

La journée de consultation d’Emmanuel Macron s’est poursuivie avec un déjeuner avec la présidente Renaissance de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, et le président LR du Sénat, Gérard Larcher, avant que le chef de l’Etat ne reçoive ce soir les parlementaires de la majorité présidentielle à l’Elysée. Dans la crise, il faut resserrer les rangs et panser les plaies.

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