Retraites: à peine démarrée, la conférence de financement se crispe
Nouvelles crispations sur le front de la réforme des retraites: la CGT a posé un "ultimatum" au gouvernement mercredi, menaçant...

Retraites: à peine démarrée, la conférence de financement se crispe

Nouvelles crispations sur le front de la réforme des retraites: la CGT a posé un "ultimatum" au gouvernement mercredi, menaçant...
Public Sénat

Par Bertille OSSEY-WOISARD, Aurélie CARABIN

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Nouvelles crispations sur le front de la réforme des retraites: la CGT a posé un "ultimatum" au gouvernement mercredi, menaçant de quitter la conférence de financement chargée de ramener le système à l'équilibre d'ici à 2027 et dont les travaux ont démarré dans la douleur mardi.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez a expliqué qu'après avoir présenté leurs propositions la veille "la balle était dans le camp du gouvernement" et qu'il attendait sa réponse d'ici la prochaine réunion de la conférence consacré précisément au financement "le 10 mars".

Une position que Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT, qualifiait un peu plus tôt, sur BFMTV, d'"ultimatum".

Dans un communiqué publié mercredi matin, la CGT avait précisé que sans réponse du gouvernement à ses propositions (hausse des salaires, égalité homme-femmes, etc.), elle interrogerait "dès la semaine prochaine" ses "instances dirigeantes" quant à "la pertinence de maintenir sa présence" à cette conférence initialement suggérée par la CFDT et menée parallèlement à l'examen du projet de loi pour le futur système universel de retraites par points à l'Assemblée nationale.

Une forme de rétropédalage après les propos tenus encore plus tôt par la négociatrice retraites du syndicat, Catherine Perret. "La CGT a décidé de quitter la conférence de financement et d'organiser" avec les syndicats opposées au projet de loi sur les retraites (FO, Solidaires, FSU, CFE-CGC) "sa vraie conférence de financement", avait-elle affirmé sur Radio Classique.

"Je regrette qu'un grand syndicat représentatif français claque la porte de ce type de dialogue", avait immédiatement réagi sur RMC/BFMTV Laurent Pietraszewski, le secrétaire d'État aux Retraites.

Des syndicats dits réformistes ont également déploré l'attitude de la CGT, les discussions devant permettre de trouver d'ici fin avril des alternatives à l'âge pivot - qui atteindrait progressivement 64 ans entre 2022 et 2027 pour une retraite complète - afin de combler un déficit attendu à 12 milliards d'euros en 2027.

"C'est dommage, certains comme nous ont bossé pour apporter un maximum de préconisations", a réagi mercredi la négociatrice CFTC Pascale Coton, au lendemain de la première réunion du groupe de travail consacrée au financement du système à court terme et à la veille de la première séance sur la gouvernance du futur régime.

Opposée depuis le départ au principe même de la réforme, "la CGT s'est mise hors jeu depuis longtemps", a relativisé Frédéric Sève (CFDT).

- "Contre-conférence" -

"Tout le monde a intérêt à ce qu'on trouve un compromis acceptable", a abondé le négociateur Unsa, Dominique Corona, évoquant "une entrée de négo un peu compliquée" où "tout le monde pose des lignes rouges de partout", et notamment le Medef. Son patron, Geoffroy Roux de Bézieux, a rappelé mercredi dans les Echos sa volonté d'une mesure d'âge.

Côté majorité aussi, les enjeux sont posés. Les organisations syndicales savent qu'elles "ont collectivement une obligation de résultat", a estimé mercredi un des co-rapporteurs du projet de loi, Jacques Maire (LREM). "Comment est-ce que vous voulez que des acteurs qui n'ont pas réussi cette phase de démarrage puissent ensuite se voir confier les 320 milliards du régime universel?", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

"Les partenaires sociaux ont déjà montré qu'ils étaient capables de gérer un régime par points" avec l'Agirc-Arrco (retraites complémentaires des salariés du privé), s'est agacée Pascale Coton.

La conférence n'est pas un "exercice de gestion mais de calibrage fondateur", a renchéri M. Sève, rappelant la responsabilité de l'Etat employeur dans le déficit projeté.

De leur côté, les syndicats opposés à la réforme tentent de maintenir la pression en organisant jeudi une dixième journée de manifestations interprofessionnelles, FO se réservant le droit de quitter la conférence "au moment opportun", selon un communiqué publié mercredi.

"On est dans la phase de préparation d'une conférence dont le nom n'est pas encore défini, qui pourrait s'intituler +contre-conférence+", a par ailleurs précisé à l'AFP Éric Beynel, porte-parole de Solidaires, non convié à celle organisée par le gouvernement.

bow-ac-chl-dec/lum/it

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