Retraites agricoles : le gouvernement va-t-il réutiliser le vote bloqué face au Sénat ?
La proposition de loi pour augmenter les retraites agricoles revient en discussion au Sénat, ce mercredi. Le gouvernement, qui avait utilisé le vote bloqué il y a 2 mois, reste opposé à ce texte.  

Retraites agricoles : le gouvernement va-t-il réutiliser le vote bloqué face au Sénat ?

La proposition de loi pour augmenter les retraites agricoles revient en discussion au Sénat, ce mercredi. Le gouvernement, qui avait utilisé le vote bloqué il y a 2 mois, reste opposé à ce texte.  
Alexandre Poussart

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Il y a 2 mois, les sénateurs avaient dénoncé « le coup de force » du gouvernement qui avait utilisé la procédure du « vote bloqué » pour neutraliser une proposition de loi communiste revalorisant les retraites agricoles, en utilisant l’article 44.3 de la Constitution. Alors que les sénateurs communistes, ayant placé ce texte à l’ordre du jour, avaient décidé d’en reporter l’examen, cette proposition de loi est de nouveau examinée par le Sénat, ce mercredi.  

Le gouvernement reste opposé à ce texte

« J’ai rencontré la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn et elle m’a signifié que le gouvernement restait opposé à cette proposition de loi en l’état », explique Dominique Watrin, sénateur communiste et rapporteur du texte.

Cette proposition de loi, qui augmente les pensions de retraite des non salariés agricoles à 85% du Smic agricole net (987 euros par mois) contre 75% actuellement, déjà votée par l’Assemblée nationale, a des chances d’être adoptée par le Sénat dans les mêmes termes, et donc d’être appliquée immédiatement.   

Reporter la hausse des pensions en 2020

Le gouvernement opposé à ce texte, souhaite intégrer la hausse des pensions des retraités agricoles dans sa réforme globale du système des retraites qui sera lancée en 2019. Pour arriver à ses fins, début mars, le gouvernement avait utilisé l'article 44.3 de la Constitution, qui oblige l’assemblée saisie à se prononcer sur le texte en ne retenant que les amendements proposés ou acceptés par le gouvernement. En l'occurrence, un texte avec l’amendement qui reporte son application à 2020. Ce mercredi, le gouvernement aimerait éviter de passer par cette procédure qui avait fait polémique lors du premier examen, le 7 mars.

La colère des sénateurs

Vote bloqué par le gouvernement : Gérard Larcher dénonce la méthode
00:47

Agnès Buzyn et Christophe Castaner, qui étaient présents en séance ce soir-là, avaient subi une bronca des sénateurs, tous groupes confondus, pour dénoncer ce « coup de force ». Gérard Larcher avait même réuni en urgence la conférence des Présidents, et dénoncé les méthodes du gouvernement.

Le groupe communiste doit s'est réuni mardi pour décider de l’avenir de ce texte, s’il est examiné mercredi ou de nouveau reporté. Selon, la sénatrice communiste Cécile Cukierman, en charge de ce texte pour son groupe, “il faut mettre le gouvernement face à ses responsabilités vis-à-vis des retraités agricoles” et donc terminer l’examen de cette proposition de loi, même s’il est encadré par la procédure du vote bloqué.

Des retraités agricoles dans l’hémicycle mercredi soir

Les retraités agricoles seront présents, ce soir dans l’hémicycle, pour assister au débat. A noter que l’examen de ce texte sera suivi d’un débat sur l’évolution des droits du Parlement face à l’exécutif...  

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS: Campagne municipale, affichage je vote 2 fois aux 2 tours
4min

Politique

Municipales 2026 : la campagne est lancée, quelles sont les règles ?

Équité du temps de parole, pluralisme : à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, les règles encadrant la couverture de la campagne par les médias audiovisuels se renforcent. Depuis ce lundi 2 février, les chaînes de télévision, les radios et certaines plateformes numériques sont entrées dans une période de vigilance accrue.

Le

Retraites agricoles : le gouvernement va-t-il réutiliser le vote bloqué face au Sénat ?
2min

Politique

Mazarine Pingeot sur François Mitterrand : « J'étais insolente avec mon père »

Grandir dans l’ombre du pouvoir oblige à se construire autrement, a fortiori lorsque votre existence relève du secret d’Etat. Mazarine Pingeot, « fille cachée » de François Mitterrand y est parvenue. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, la philosophe publie ces jours-ci Inappropriable (ed. Climats Flammarion), un essai ambitieux sur la relation entre l’homme et l'intelligence artificielle. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle revient sur une enfance hors du commun.

Le

Retraites agricoles : le gouvernement va-t-il réutiliser le vote bloqué face au Sénat ?
6min

Politique

Crise du Groenland : "Quand l'Europe montre ses muscles, Trump recule" se félicite l'eurodéputé Bernard Guetta

La tension est redescendue après l'inquiétante escalade de Donald Trump sur le Groenland. Mais l’épisode n’est peut-être pas clos, tant le contenu du fameux accord conclu à Davos reste opaque. Il a laissé des traces et beaucoup de questions. Emmanuel Macron parle d'un appel à un réveil stratégique pour les 27. À l'inverse, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a mis en garde les Européens contre toute tentation de divorce. Alors jusqu’où devons-nous et pouvons-nous nous émanciper des États-Unis ? Faut-il en particulier s’empresser de ratifier l'accord commercial conclu au mois de juillet ? Ici l'Europe ouvre le débat avec les eurodéputés Bernard Guetta (France, Renew), Zeljana Zovko (Croatie, PPE) et Rasmus Nordqvist (Danemark, Verts/ALE).

Le

Paris: Auditions candidats elections Mairie de Paris sur l exclusion
8min

Politique

Vent de fronde chez Les Ecologistes pour les municipales : une « manœuvre » de « déstabilisation » de LFI, dénonce le sénateur Thomas Dossus

A Paris, Montpellier ou Avignon, quelques élus des Ecologistes prennent leur distance avec le parti pour rejoindre LFI. Ils dénoncent la stratégie d’alliance locale avec le PS. « C’est marginal », minimise le sénateur Thomas Dossus, qui y voit un mouvement d’humeur « opportuniste » de certains. Malgré les tensions, il espère encore des rapprochements avec les Insoumis au second tour.

Le