Les bénéficiaires des principaux régimes spéciaux de retraite (SNCF, RATP...), déjà réformés, devraient massivement faire grève jeudi pour...
Retraites: la défense des régimes spéciaux au centre du bras de fer
Les bénéficiaires des principaux régimes spéciaux de retraite (SNCF, RATP...), déjà réformés, devraient massivement faire grève jeudi pour...
Par Elisabeth ROLLAND
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Les bénéficiaires des principaux régimes spéciaux de retraite (SNCF, RATP...), déjà réformés, devraient massivement faire grève jeudi pour défendre des dispositifs que l'exécutif juge injustifiés et trop coûteux, au risque d'un long bras de fer.
"On a du mal à comprendre pourquoi l'État verse chaque année 8 milliards d'euros – sur nos impôts ! – pour équilibrer" les finances de ces régimes, qui "ne se justifient plus", s'enflammait le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, ce week-end dans Le Journal du Dimanche.
C'est "une affirmation simplificatrice", lui rétorquait sur Twitter Sébastien Mariani de la CFDT-Cheminots, qui appelle à une grève illimitée à la SNCF. S'il est favorable à un système de retraite universel, ce syndicat défend aussi le maintien du régime spécial des salariés du rail sous statut de cheminot (130.000 personnes), en vertu des "engagements pris en 2018" par le gouvernement lors du vote de la réforme ferroviaire.
Les régimes de retraite en France
AFP
"Simplificatrice" car "dans un premier temps", expliquait M. Mariani, "la fermeture d'un régime spécial accentue son déséquilibre: il faut continuer à payer les retraités alors qu'il y a de moins en moins de cotisants", donc "la différence est payée par les impôts pendant de nombreuses années".
Et "si tout est fondu dans le régime général, c'est ce régime qui assumera la solidarité intergénérationnelle" pour payer les pensions des régimes spéciaux supprimés, a tweeté Laurent Brun de la CGT-Cheminots, qui appelle à une grève illimitée à la SNCF avec l'Unsa ferroviaire et SUD-Rail.
Le régime spécial, "c'est un contrat moral et social entre la SNCF et ses salariés sous statut", en contrepartie de "salaires inférieurs à ceux du privé, de la mobilité, des conditions de travail... La récompense, c'est une retraite calculée sur les six derniers mois de salaire", souligne auprès de l'AFP Didier Mathis de l'Unsa ferroviaire. Et les cheminots cotisent 13% de plus que les salariés du régime général "pour payer ça", précise Erik Meyer de SUD-Rail.
- "Que des perdants" -
Départs de moins en moins tôt à la retraite, durée de cotisation de plus en plus longue, mise en place d'un système de décote/surcote: les régimes spéciaux de la SNCF, la RATP et des industries électriques et gazières (IEG) ont déjà plusieurs fois été réformés depuis 2007.
Alors "pourquoi garder notre régime spécial? Parce que, avant d'arriver à la convergence avec le régime général, il y a une montée en charge progressive des réformes précédentes", avec "pendant encore quelques années, des agents qui pourront partir à 56, 57, 58 ans à la retraite. Le contrat social est déjà très écorné, mais on tient à la progressivité de la fin de ce régime-là", explique Thierry Babec de l'Unsa RATP, le syndicat à l'origine de la mobilisation ce 5 décembre.
Les agents de la régie (41.000 personnes au statut) sont "excédés par la stratégie du gouvernement de pointer du doigt les régimes spéciaux", alors que son projet ne fera "que des perdants, sauf les très basses pensions", proteste Frédéric Ruiz de la CFE-CGC-RATP.
Après une très forte mobilisation le 13 septembre à la RATP, "le 5 décembre sera encore une grosse journée de grève", prédit Bertrand Hammache de la CGT-RATP. "Les sondages d'opinion ne lui étant pas favorables, le gouvernement cherche à diviser" en ciblant les régimes spéciaux, analyse-t-il.
Inquiétudes également au sein des IEG (EDF, Engie, Enedis, RTE, GRDF, etc., 140.000 salariés au statut), où "la réforme pourrait se traduire par une baisse de près de 30% du montant des retraites", selon la CFE-CGC.
Et les syndicats des IEG font valoir que leur régime spécial "ne pèse pas sur le régime général": il est financé essentiellement par les employeurs et les salariés de la branche.
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