Retraites : « On a pendant 2 ans maltraité le dialogue social, on s’apprête à maltraiter le débat parlementaire » pour Boris Vallaud
La réforme des retraites est examinée à partir d’aujourd’hui à l'Assemblée nationale au sein d'une commission spéciale. Les députés ont jusqu'à jeudi après-midi pour déposer leurs amendements.

Retraites : « On a pendant 2 ans maltraité le dialogue social, on s’apprête à maltraiter le débat parlementaire » pour Boris Vallaud

La réforme des retraites est examinée à partir d’aujourd’hui à l'Assemblée nationale au sein d'une commission spéciale. Les députés ont jusqu'à jeudi après-midi pour déposer leurs amendements.
Public Sénat

Par Océane Blanchard

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Après sa présentation en conseil des ministres, la réforme des retraites arrive ce mardi en commission spéciale à l’Assemblée, où elle sera examinée par 70 députés. Laurent Pietraszewski sera auditionné, tout comme les partenaires sociaux et des membres du Conseil d’orientation des retraites.

Un programme chargé, qui provoque la colère des parlementaires. « Le gouvernement travaille depuis plus de 2 ans et demi sur cette réforme. Et nous avons reçu vendredi à peu près 1500 pages à étudier, à comprendre, à amender, et nous allons devoir en parler dès ce soir. 4 jours. 4 jours pour examiner un texte incomplet » dénonce le député socialiste Boris Vallaud, membre de la commission. « On se moque du monde. »

L’élu socialiste met notamment en cause l’inaction du président de l’Assemblée. « Richard Ferrand devrait faire respecter l'Assemblée Nationale. En acceptant ce calendrier, en acceptant cette étude d’impact indigente, il ne défend pas le Parlement. Est-ce que je m'en étonne ? Non. On a pendant 2 ans maltraité le dialogue social, on s'apprête à maltraiter le débat parlementaire. »

Une saisine du Conseil constitutionnel ?

Pour Boris Vallaud, le calendrier imposé par le gouvernement sur cette réforme est aussi révélateur d’un manque de fond crucial du texte.  « Qu'on soit pour ou contre, la réalité qu'on observe c'est qu'on va dans le mur. Le gouvernement est incapable de conduire cette réforme, tout est approximatif, tout est partiel ou partial. »

Parmi ses récriminations, l’étude d’impact fournie par le gouvernement pour apprécier le futur calcul des pensions de retraites selon les situations. « Cette étude d'impact sur les cas d'espèce, elle est très insuffisante. Ils sont orientés, tronqués, fondés sur des hypothèses aléatoires » dénonce-t-il.

Un bilan qui pourrait conduire les différents groupes politiques de l’Assemblée à des actions ciblées. Les communistes appellent à un référendum et Les Républicains envisagent de faire appel au Conseil constitutionnel. Du côté socialiste, rien n’est sûr : « Si nous avons à saisir le Conseil constitutionnel, on le fera comme l'a fait depuis 2 ans et demi avec la France Insoumise et le Parti communiste » conclut-il.

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