Retraites : « On a raté l’occasion de dire des choses simples », confesse Patrick Mignola
La défiance de l’opinion publique à la réforme des retraites tient en une explication simple, selon le patron des députés MoDem : la majorité a manqué de pédagogie. Quant à la suite de la navette parlementaire, le député approuve la demande de report de deux semaines, formulée par Gérard Larcher.

Retraites : « On a raté l’occasion de dire des choses simples », confesse Patrick Mignola

La défiance de l’opinion publique à la réforme des retraites tient en une explication simple, selon le patron des députés MoDem : la majorité a manqué de pédagogie. Quant à la suite de la navette parlementaire, le député approuve la demande de report de deux semaines, formulée par Gérard Larcher.
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Comment expliquer que l’opposition à la réforme des retraites ait progressé par rapport au mois de février ? À en croire un sondage YouGov, six Français sur dix souhaiteraient le retrait du texte. Pour le député Patrick Mignola, invité des chaînes parlementaires et du Figaro Live, la majorité présidentielle s’y est mal prise, dès le début. « Je pense qu'on a raté l'entrée en matière et, surtout, on a raté une occasion de dire des choses simples », a expliqué le président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale. D’après le parlementaire savoyard, les Français ne seraient pas opposés aux différents aspects de la réforme pris séparément : suppression des régimes spéciaux, régime à points ou encore nouveaux droits familiaux.

En d’autres mots, les députés n'auraient pas suffisamment insisté sur les aspects « injustes » et les « angles morts » du système actuel. « On n’a pas dit suffisamment ce qu’était le système d’aujourd’hui. Amenez-moi un Français qui connaît sa situation actuelle, il est en très grande difficulté pour reconstituer sa carrière, en particulier quand il a une carrière hachée », a-t-il affirmé. Selon lui, ce cas de figure concernerait tous les Français qui n’ont pas eu la chance d’avoir une carrière linéaire : environ les « trois quarts ». En réalité, les simulateurs, du site officiel Info-retraite, donnent déjà une sérieuse estimation du montant projeté d’une pension, en fonction du passé professionnel et de la date de liquidation des droits, là où le système universel promis par le gouvernement ne propose qu’un certain nombre de cas types.

Cette prétendue méconnaissance des Français dans le système actuel semble faire partie d’un nouvel élément de langage, mis en avant par la majorité présidentielle. Le 6 mars, dans Parlement hebdo, la députée LREM Marie Lebec affirmait : « Si la réforme des retraites suscite des inquiétudes, des interrogations, peut-être même des oppositions, c'est parce que les Français ne savent pas le système dans lequel ils sont aujourd'hui. »

« L'extrême gauche est en train de nationaliser les élections municipales »

Interrogé sur le calendrier de la réforme, que le gouvernement veut voir adoptée « avant l’été », Patrick Mignola a précisé que ce dernier se justifiait par l’entrée en vigueur dès « le 1er janvier 2021 » de la revalorisation des petites retraites. Des « progrès sociaux » que le gouvernement doit traduire dans les lois de finances de l’automne, et donc les arbitrages budgétaires estivaux. Pour autant, le patron des députés MoDem voit d’un bon œil la demande de Gérard Larcher, président du Sénat, de décaler de deux semaines le début de l’examen au Sénat, afin de tenir compte des résultats de la Conférence de financement, attendus pour la fin du mois d’avril. « Au fond, pourquoi pas. Si ça leur permet d'avancer », a admis le député.

Peu dupe des intentions des oppositions à l’Assemblée nationale, qui ont mené une « opération escargot », selon ses termes, Patrick Mignola a néanmoins reconnu que l’adoption du texte via le 49-3 pourrait avoir un effet sanction sur les listes de la majorité aux municipales. « Oui, ça peut avoir un impact », a-t-il averti, avant d’accuser une frange de la gauche d’instrumentaliser le dossier des retraites au plan local. « Ce que je ressens sur le terrain, c’est une très forte mobilisation de l'extrême gauche qui, au fond, est en train de nationaliser les élections municipales. C’est un peu regrettable. »

Selon un sondage réalisé pour Public Sénat et La Tribune, 43% des électeurs estiment que les municipales seront influencées par la réforme des retraites.

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