Retraites : quel est le calendrier de l’examen du texte au Parlement ?
Coup d’envoi ce lundi de l’examen du budget rectificatif de la Sécurité sociale, véhicule législatif de la réforme des retraites. Députés et sénateurs disposent de 50 jours pour se prononcer sur le texte. Dans le cas contraire, la réforme pourrait passer par ordonnance. Explications.

Retraites : quel est le calendrier de l’examen du texte au Parlement ?

Coup d’envoi ce lundi de l’examen du budget rectificatif de la Sécurité sociale, véhicule législatif de la réforme des retraites. Députés et sénateurs disposent de 50 jours pour se prononcer sur le texte. Dans le cas contraire, la réforme pourrait passer par ordonnance. Explications.
Simon Barbarit

Par Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

« Nous pensons qu’il y a largement le temps de débattre, de proposer différents amendements, de voter les articles et le texte. Evidemment après, ça dépend des oppositions. S’il y a obstruction (parlementaire), ça va compliquer le temps de débat », a résumé Franck Riester, invité d’Audition publique, le 23 janvier dernier.

  • 7 000 amendements à examiner en trois jours

Ce lundi, la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale démarre l’examen de la réforme des retraites. Environ 7 000 amendements ont été déposés sur le texte de 20 articles. La majorité est l’œuvre des élus Nupes : 3.345 amendements pour LFI, 1.282 pour les écologistes, 1.053 pour les socialistes, à l’exception des communistes (272). Le groupe LR porte un total de 617 amendements et le RN 75.

Pour mémoire, lors de la dernière tentative de réforme des retraites en 2020, les députés Insoumis, à eux seuls, avaient déposé à eux seuls 19.000 amendements en commission et 23.000 en séance.

Les députés de la commission ont jusqu’à mercredi soir pour venir à bout de ces milliers d’amendements. Et conformément à la règle pour les textes budgétaires, c’est le texte du gouvernement qui sera examiné dans l’hémicycle.

En effet, le véhicule législatif choisi par le gouvernement pour faire passer sa réforme des retraites, est un projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale. Conformément à l’article 47-1 de la Constitution, le temps de l’examen au Parlement est limité à 50 jours.

  • Même sans vote de l’Assemblée, le texte part au Sénat

A partir du 6 février, l’Assemblée nationale examinera la réforme qui prévoit un recul de l’âge légal de 62 à 64 ans et une accélération de l’allongement de la durée de cotisation. De nombreux amendements se concentrent sur l’article 7 du projet de loi, pour s’opposer au report de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans. Mais la Première ministre s’est d’ailleurs montrée ferme en affirmant à franceinfo que le report de l’âge légal n’était « plus négociable ».

Quoi qu’il en soit, les débats à l’Assemblée doivent se terminer au plus tard le 17 février à minuit. Si le texte n’est pas voté, il partira quand même au Sénat.

  • Débat au Sénat la semaine du 27 février

Après la pause parlementaire, prévue entre le 20 et le 26 février, les sénateurs examineront à leur tour le projet de réforme. Il s’agira soit du texte adopté par l’Assemblée, ou à défaut du texte initial du gouvernement modifié par les amendements que l’Assemblée aura eu le temps de voter et auxquels l’exécutif est favorable. La commission des affaires sociales pourrait commencer ses travaux la semaine du 27 février. L’examen du texte en séance publique est prévu jusqu’au dimanche 12 mars.

Aux alentours du 13 mars, députés et sénateurs tenteront de s’accorder en commission mixte paritaire rassemblant 7 députés et 7 sénateurs. S’il y a accord, celui-ci devra être validé par les deux chambres. Sinon le texte fera une dernière navette et l’Assemblée aura le dernier mot.

  • 26 mars date limite pour le Parlement

Le Parlement a jusqu’au 26 mars pour se prononcer sur la réforme des retraites. Faute de quoi les dispositions de la réforme pourront être mises en œuvre par ordonnance conformément à l’article 47-1 de la Constitution. Un cas de figure qui pour le moment ne s’est jamais produit. « S’il y a obstruction, peut-être qu’on sera trop court dans ces deux semaines et la Constitution s’appliquera », a prévenu Franck Riester.

Partager cet article

Dans la même thématique

Illustration of the posters for the first round of the municipal elections in Paris
8min

Politique

Municipales 2026 : les enjeux du second tour parti par parti

De nombreux enseignements seront à tirer du second tour des municipales dimanche 22 mars. La France Insoumise et le RN vont tenter de confirmer leur implantation locale par des victoires dans quelques grandes villes. Au PS et chez les LR, une victoire à Paris sera déterminante. L’union des partis de gauche sera-t-elle payante à Lyon, Toulouse ou encore Nantes ? Le parti Renaissance pourra-t-il s’appuyer sur des victoires symboliques à Annecy et Bordeaux ?

Le

Retraites : quel est le calendrier de l’examen du texte au Parlement ?
5min

Politique

« Certains souhaitaient la fusion, d’autres non » : à Paris, le camp de Pierre-Yves Bournazel divisé sur le choix de rejoindre Rachida Dati au second tour

La décision du candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel de fusionner avec la liste de Rachida Dati, tout en se retirant à titre personnel, pourrait relancer la droite dans un scrutin parisien très mal embarqué. Mais le choix de rejoindre Rachida Dati ne fait pas consensus dans son camp, ni chez ses électeurs, reconnait à Public Sénat l’ex-député macroniste Clément Beaune, qui a refusé de figurer sur la liste d'union et reste vague sur ses intentions de vote au second tour.

Le

Scenes from the Paris Municipal Elections: Polling in Action
4min

Politique

Paris, Le Havre, Toulouse : que disent les derniers sondages à deux jours du second tour ?

À l’approche du second tour, les équilibres restent fragiles dans plusieurs grandes villes. Entre triangulaires, alliances contestées et reports de voix incertains, les dernières enquêtes d’opinion confirment une chose : rien n’est encore joué. Paris, Le Havre et Toulouse sont les trois premières villes à avoir été sondées avant le deuxième tour.

Le

Illustration of the posters for the 2026 municipal elections
10min

Politique

Municipales 2026, une élection de contorsionnistes

Les élections municipales sont marquées par un décalage entre les principes énoncés par les partis et la réalité. Les accords PS/LFI renvoient les deux formations à leurs propres contradictions. Chez LR, Bruno Retailleau veut faire « battre » le RN, mais joue l’ambiguïté à Nice, face à Eric Ciotti, allié du RN. Renaissance est plus au clair sur les alliances, mais ferme les yeux quand les LR, à qui ils sont alliés, peuvent profiter des voix d’extrême droite, comme celles de Sarah Knafo à Paris.

Le