RTL prend ses distances avec Eric Zemmour
RTL met fin à sa collaboration avec le polémiste Eric Zemmour, sans toutefois lui fermer totalement la porte de ses émissions,...

RTL prend ses distances avec Eric Zemmour

RTL met fin à sa collaboration avec le polémiste Eric Zemmour, sans toutefois lui fermer totalement la porte de ses émissions,...
Public Sénat

Par Séverine ROUBY

Temps de lecture :

4 min

Publié le

RTL met fin à sa collaboration avec le polémiste Eric Zemmour, sans toutefois lui fermer totalement la porte de ses émissions, après le tollé suscité par son discours anti-immigration et anti-islam, qui a entraîné l'ouverture d'une enquête pour "provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence".

"Eric Zemmour ne participera plus au débat de 8H20 le vendredi, auquel il ne collaborait déjà plus que ponctuellement", a indiqué à l'AFP la station jeudi, confirmant une information du site Puremédias, et précisant qu'au cours du dernier trimestre, il n'était intervenu que trois fois à l'antenne.

"Dans le cadre de la pluralité des opinions à laquelle RTL est attachée, la porte ne lui est pas fermée" en tant qu'invité lors d'émissions, a toutefois souligné la radio.

La station du groupe M6 considère en effet que "suite à sa prise de position, Eric Zemmour a changé de statut" et ne peut plus être considéré comme un journaliste lambda, précise une source en interne.

Le polémiste, lors d'une réunion organisée par les proches de l'ancienne députée d'extrême droite Marion Maréchal, s'en était pris samedi, dans un violent discours, aux immigrés "colonisateurs" et cité l'écrivain Renaud Camus, théoricien du "grand remplacement" de la population blanche et chrétienne par une population immigrée musulmane.

Ce discours a entraîné l'ouverture d'une enquête par le parquet de Paris pour "provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence" et a suscité de nombreuses réactions dans le monde politique, associatif et dans les médias.

"Le bureau de la SDJ salue le fait que la direction a (...) contacté Eric Zemmour pour lui faire de son profond désaccord tant sur la forme que sur le fond. Tout en restant très attachée à la diversité des opinions, elle lui a signifié que ses thèses sont incompatibles avec l'esprit des débats auxquels il participait à l'antenne, et plus largement avec le +Vivre ensemble+ qui caractérise RTL", a salué la société des journalistes de la radio, dans un message interne.

- 2.500 saisines -

La SDJ du Figaro, autre employeur d'Eric Zemmour, avait également interpellé sa direction, qui a fait savoir sa "réprobation à l'intéressé" sans sanction à son encontre, faisant valoir que "ses propos (...) n'engagent en rien" le journal.

Sur Paris Première, lors de l'émission "Zemmour et Naulleau" diffusée mercredi, Éric Zemmour a défendu et maintenu ses propos, et notamment sa charge anti-islam. "Je n'injurie personne", a-t-il lancé, estimant également que "tous les journalistes font de la politique" et qu'"on a le droit de critiquer une religion".

La direction de Paris Première (chaîne qui appartient au Groupe M6, comme RTL) avait fait savoir avant la diffusion qu'elle avait convoqué le polémiste mardi, "afin de revenir sur sa participation récente à des événements politiques et sur les propos particulièrement choquants et provocateurs" qu'il avait tenus, et qu'il lui avait "été rappelé fermement les conditions de sa participation" à "Zemmour et Naulleau".

La chaîne d'info LCI (groupe TF1) est elle aussi toujours prise dans les remous nés de sa décision de diffuser intégralement et en direct le discours samedi

Dans une tribune publiée par Le Monde, la journaliste et ancienne membre du CSA Mémona Hintermann-Afféjee, a estimé que "LCI a failli à sa mission pour non-maîtrise de son antenne et doit être sanctionnée de façon exemplaire", par exemple en lui retirant son autorisation d'émettre.

De son côté, le CSA a indiqué à l'AFP avoir reçu plus de 2.500 saisines de téléspectateurs.

La chaîne d'info du groupe TF1 avait reconnu dès dimanche une "erreur d'appréciation" estimant que "la diffusion du discours en l’état n'était pas le format approprié pour notre chaîne".

CNews, chaîne d'info du groupe Canal+ qui selon plusieurs médias envisage de confier une émission quotidienne à Eric Zemmour, ne s'est pas exprimée depuis le début de cette affaire.

Partager cet article

Dans la même thématique

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le

L’Assemblée nationale valide la suspension de la réforme des retraites
4min

Politique

Travail le 1er mai : après son rejet à l’Assemblée, le texte file en commission mixte paritaire où députés et sénateurs devront s’accorder

Les députes macronistes ont fait rejeter vendredi à l’Assemblée une proposition de loi sénatoriale qu’ils soutenaient visant à autoriser les salariés des boulangeries et fleuristes à travailler le 1er mai. Une manière de s’éviter des débats tendus face à une gauche vent debout contre la mesure. Les députés de la majorité espèrent s’accorder avec les sénateurs en commission mixte paritaire dans les prochains jours.

Le