RTL prend ses distances avec Eric Zemmour
RTL met fin à sa collaboration avec le polémiste Eric Zemmour, sans toutefois lui fermer totalement la porte de ses émissions,...

RTL prend ses distances avec Eric Zemmour

RTL met fin à sa collaboration avec le polémiste Eric Zemmour, sans toutefois lui fermer totalement la porte de ses émissions,...
Public Sénat

Par Séverine ROUBY

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RTL met fin à sa collaboration avec le polémiste Eric Zemmour, sans toutefois lui fermer totalement la porte de ses émissions, après le tollé suscité par son discours anti-immigration et anti-islam, qui a entraîné l'ouverture d'une enquête pour "provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence".

"Eric Zemmour ne participera plus au débat de 8H20 le vendredi, auquel il ne collaborait déjà plus que ponctuellement", a indiqué à l'AFP la station jeudi, confirmant une information du site Puremédias, et précisant qu'au cours du dernier trimestre, il n'était intervenu que trois fois à l'antenne.

"Dans le cadre de la pluralité des opinions à laquelle RTL est attachée, la porte ne lui est pas fermée" en tant qu'invité lors d'émissions, a toutefois souligné la radio.

La station du groupe M6 considère en effet que "suite à sa prise de position, Eric Zemmour a changé de statut" et ne peut plus être considéré comme un journaliste lambda, précise une source en interne.

Le polémiste, lors d'une réunion organisée par les proches de l'ancienne députée d'extrême droite Marion Maréchal, s'en était pris samedi, dans un violent discours, aux immigrés "colonisateurs" et cité l'écrivain Renaud Camus, théoricien du "grand remplacement" de la population blanche et chrétienne par une population immigrée musulmane.

Ce discours a entraîné l'ouverture d'une enquête par le parquet de Paris pour "provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence" et a suscité de nombreuses réactions dans le monde politique, associatif et dans les médias.

"Le bureau de la SDJ salue le fait que la direction a (...) contacté Eric Zemmour pour lui faire de son profond désaccord tant sur la forme que sur le fond. Tout en restant très attachée à la diversité des opinions, elle lui a signifié que ses thèses sont incompatibles avec l'esprit des débats auxquels il participait à l'antenne, et plus largement avec le +Vivre ensemble+ qui caractérise RTL", a salué la société des journalistes de la radio, dans un message interne.

- 2.500 saisines -

La SDJ du Figaro, autre employeur d'Eric Zemmour, avait également interpellé sa direction, qui a fait savoir sa "réprobation à l'intéressé" sans sanction à son encontre, faisant valoir que "ses propos (...) n'engagent en rien" le journal.

Sur Paris Première, lors de l'émission "Zemmour et Naulleau" diffusée mercredi, Éric Zemmour a défendu et maintenu ses propos, et notamment sa charge anti-islam. "Je n'injurie personne", a-t-il lancé, estimant également que "tous les journalistes font de la politique" et qu'"on a le droit de critiquer une religion".

La direction de Paris Première (chaîne qui appartient au Groupe M6, comme RTL) avait fait savoir avant la diffusion qu'elle avait convoqué le polémiste mardi, "afin de revenir sur sa participation récente à des événements politiques et sur les propos particulièrement choquants et provocateurs" qu'il avait tenus, et qu'il lui avait "été rappelé fermement les conditions de sa participation" à "Zemmour et Naulleau".

La chaîne d'info LCI (groupe TF1) est elle aussi toujours prise dans les remous nés de sa décision de diffuser intégralement et en direct le discours samedi

Dans une tribune publiée par Le Monde, la journaliste et ancienne membre du CSA Mémona Hintermann-Afféjee, a estimé que "LCI a failli à sa mission pour non-maîtrise de son antenne et doit être sanctionnée de façon exemplaire", par exemple en lui retirant son autorisation d'émettre.

De son côté, le CSA a indiqué à l'AFP avoir reçu plus de 2.500 saisines de téléspectateurs.

La chaîne d'info du groupe TF1 avait reconnu dès dimanche une "erreur d'appréciation" estimant que "la diffusion du discours en l’état n'était pas le format approprié pour notre chaîne".

CNews, chaîne d'info du groupe Canal+ qui selon plusieurs médias envisage de confier une émission quotidienne à Eric Zemmour, ne s'est pas exprimée depuis le début de cette affaire.

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