Ruralité : un sénateur demande un plan d’urgence au gouvernement
Le sénateur du Cantal, Bernard Delcros, alerte le gouvernement sur la nécessité de mettre en place au plus vite un plan pour la ruralité. La poussée du RN dans les territoires ruraux est pour lui une énième alerte lancée par les habitants des campagnes. Et, ce, alors que la nomination d’un ministre ou d’un secrétaire à la ruralité se fait toujours attendre.

Ruralité : un sénateur demande un plan d’urgence au gouvernement

Le sénateur du Cantal, Bernard Delcros, alerte le gouvernement sur la nécessité de mettre en place au plus vite un plan pour la ruralité. La poussée du RN dans les territoires ruraux est pour lui une énième alerte lancée par les habitants des campagnes. Et, ce, alors que la nomination d’un ministre ou d’un secrétaire à la ruralité se fait toujours attendre.
Simon Barbarit

Par Public Sénat avec l'AFP

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« 57 % des communes de moins de 1 000 habitants ont voté pour Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle ». Fort de ce constat, le sénateur centriste, Bernard Delcros, envoie un signal d’alarme à l’exécutif.

Au second tour des législatives, le RN l’a emporté dans 9.633 communes sur près de 34.000, la plupart d’entre elles dans des zones rurales qui représentent 33 % de la population nationale et 88 % du territoire.

Poussée du RN dans les territoires ruraux : « un sentiment de colère et d’incompréhension », pour Bernard Delcros

« Ce n’est pas un vote d’extrême droite, c’est un sentiment de colère et d’incompréhension qui s’est traduit dans les urnes », estime le sénateur, élu cette semaine président du Parlement rural, organisme qui regroupe des élus, des chefs d’entreprise et des associations.

Le premier geste attendu par Bernard Delcros, c’est la nomination dans le futur gouvernement d’un ministre ou d’un secrétaire d’Etat en charge de la ruralité. « Nous avons besoin d’un interlocuteur clairement identifié, au fait de ces enjeux et pleinement consacré à cette mission », précise-t-il.

De son côté, Michel Fournier, président de l’Association des maires Ruraux de France, est d’autant plus convaincu du besoin d’un ministère qu’il craint l’arrivée de nouveaux députés à l’Assemblée nationale ne connaissant pas forcément les enjeux dans les campagnes.

« Ce ne sont pas des territoires où vivent beaucoup de responsables politiques et nous craignons une méconnaissance de beaucoup de candidats élus, comme en 2017 avec des gens qui n’ont pas forcément exercé de responsabilités locales », explique-t-il à l’AFP.

Pour mémoire, le grand débat national après la crise des gilets jaunes avait initié un agenda rural, conduit et abouti à la création d’un poste de secrétaire d’Etat à la ruralité en 2020, occupé par Joël Giraud. « Avec Joël Giraud, nous avons pu travailler. Des choses ont été faites, comme le déploiement des maisons France Services. Au Sénat, nous avons remis il y a quelques mois au Premier ministre un rapport sur la revitalisation des zones rurales. Mais ce n’est pas suffisant », insiste Bernard Delcros, en citant la défection des services publics ou la flambée des prix du carburant.

« Pacte de confiance entre l’Etat et les territoires »

L’Association des petites villes de France (APVF), présidée par Christophe Bouillon, maire socialiste de Barentin (Seine-Maritime), a aussi demandé « solennellement » à Emmanuel Macron et au gouvernement de prendre en compte « un vote de colère et de profonde inquiétude ».

Dans un communiqué, elle appelle à « créer sans tarder les conditions de l’élaboration d’un pacte de confiance entre l’Etat et les territoires en portant une attention beaucoup plus soutenue aux petites villes et au monde rural ».

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Ruralité : un sénateur demande un plan d’urgence au gouvernement
7min

Politique

Présidentielle 2027 : pourquoi l’élection française inquiète déjà les Européens

À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).

Le

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le