Salon de l’agriculture : la visite d’Emmanuel Macron « a été très compliquée » détaille Christiane Lambert  
Le salon de l’agriculture bat son plein depuis une semaine au Parc des expositions. Alors qu’ils ont reçu la visite de nombreux politiques, les agriculteurs continuent d’alerter sur leur situation.

Salon de l’agriculture : la visite d’Emmanuel Macron « a été très compliquée » détaille Christiane Lambert  

Le salon de l’agriculture bat son plein depuis une semaine au Parc des expositions. Alors qu’ils ont reçu la visite de nombreux politiques, les agriculteurs continuent d’alerter sur leur situation.
Public Sénat

Par Océane Blanchard

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Il n'y a pas ‘trop’ d'agriculteurs en France. Il y a une agriculture extrêmement diversifiée » réagit Christiane Lambert, présidente du FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles). Tiraillés entre une agriculture plus saine et des situations économiques très difficiles, le monde agricole appelle à l’aide.

Invitée de la matinale de « Bonjour Chez Vous », Christiane Lambert revient sur la visite d’Emmanuel Macron au Salon de l’agriculture. « Ça a été très compliqué la visite d’Emmanuel Macron, il a fallu travailler en amont. Il y a des décisions qui ont été prises que les agriculteurs ont du mal à accepter » analyse-t-elle. Parmi elles ? Les zones de « non-traitement ».

Depuis le 1er janvier, les agriculteurs doivent respecter des « zones de non-traitement » entre cultures et habitations lors de la pulvérisation de pesticides. Mais cet arrêté, qui limite la zone de culture agricole, n’a pas prévu de compensation. « Nous avons demandé 2 choses : une compensation économique, […] et que les agriculteurs ne soient pas en insécurité juridique » explique Christiane Lambert.

Autre point de discorde : la retraite des agriculteurs. Au salon, le président a affirmé l’impossibilité de passer les pensions actuelles à 85% du Smic « dans l’immédiat ». « Est-ce qu'on peut dire sincèrement que des agriculteurs qui ont travaillé toute leur vie perçoivent 740€ pour les hommes, 580€ pour les femmes, alors que la retraite moyenne des Français est de 1380 € ? » interpelle la présidente du FNSEA.

« Ce n’est pas aux agriculteurs de payer le Brexit »

Mais les revendications des agriculteurs ne se cantonnent pas aux politiques nationales. À l’échelle européenne, le budget de la PAC inquiète, au moment où la sortie du Royaume-Uni va coûter cher aux états membres. « La France a peut-être trop tardé à s'exprimer » déclare Christiane Lambert, qui reconnaît les efforts récents d’Emmanuel Macron sur le sujet. Le Président a en effet affirmé que « ce n’est pas aux agriculteurs de payer le Brexit ».

« Le Brexit est passé, c'est moins 12 milliards d'euros dans le budget général. C'est moins 3 milliards d'euros pour la PAC. On ne peut pas demander plus aux agriculteurs français et européens et dire on va diminuer le budget » estime-t-elle.

La présidente de la FNSEA tire également la sonnette d’alarme sur les négociations internationales, notamment concernant le secteur viticole. Donald Trump a en effet décidé d’imposer des taxes sur les vins français en réponse au conflit Airbus/Boeing et aux taxations des GAFAM. « C'est catastrophique pour le secteur du vin. Il faut que le gouvernement français continue à pousser, la décision elle est au niveau européen » conclut Christiane Lambert.

Partager cet article

Dans la même thématique

Salon de l’agriculture : la visite d’Emmanuel Macron « a été très compliquée » détaille Christiane Lambert  
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le