Sécu: l’Assemblée adopte « le reste à charge zéro »
L'Assemblée nationale a adopté vendredi le remboursement intégral par la Sécu et les complémentaires santé de certaines lunettes, prothèses...

Sécu: l’Assemblée adopte « le reste à charge zéro »

L'Assemblée nationale a adopté vendredi le remboursement intégral par la Sécu et les complémentaires santé de certaines lunettes, prothèses...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L'Assemblée nationale a adopté vendredi le remboursement intégral par la Sécu et les complémentaires santé de certaines lunettes, prothèses dentaires et auditives, une promesse du président Emmanuel Macron qui fait craindre à certains une augmentation des tarifs des mutuelles.

"C'est un investissement que j'assume et que nous allons partager", avait lancé le chef de l’État en juin dernier lors du congrès de la Mutualité française.

Près d'un Français sur trois a renoncé à se faire soigner au cours des 12 derniers mois, dans la moitié des cas en raison d'un reste à charge trop élevé, selon un sondage CSA paru début octobre.

Le principe de la mesure, votée dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2019, est d'offrir à tous les Français un accès à des soins d'optique, dentaire et d'audiologie intégralement pris en charge.

Une concertation avec l'ensemble des acteurs du secteur a abouti à la définition d'un panier "100% santé" comprenant des équipements de soins répondant aux besoins de santé publique dans les trois domaines concernés.

Cette offre sera accessible à tous les assurés et prise en charge à 100% par l'assurance maladie obligatoire et les complémentaires santé, et donc sans reste à charge pour les patients.

Pour la bonne information des assurés, les opticiens et les audioprothésistes seront tenus de proposer ces offres et d'établir un devis faisant systématiquement apparaître un équipement sans frais.

L'offre "100% santé" doit être disponible à compter du 1er janvier 2019 pour les aides auditives, du 1er avril 2019 pour les prothèses dentaires et du 1er janvier 2020 pour les équipements d'optique.

- "Ambitieux mais atteignable" -

"Il y a eu un élan de l'ensemble des parties prenantes pour faire aboutir cette réforme, considérant que c'était ambitieux mais atteignable", a expliqué la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

"L'assurance maladie prend 75% de la dépense, soit 750 millions d'euros. Les complémentaires santé se sont engagées sur 250 millions d'euros", a-t-elle précisé.

"Nous avons tablé sur environ 20% des Français qui accéderaient à cette offre. Nous avons un comité de suivi de la réforme (...) et si nous voyons une dérive, nous travaillerons avec l'ensemble des secteurs pour voir comment nous adapter", a-t-elle indiqué.

"Il ne faut pas laisser croire aux Français qu'il s'agit d'une cagnotte invisible", a mis en garde Stéphane Viry (LR), inquiet de voir les complémentaires tentées de compenser leur engagement en majorant d'autres dispositifs pour trouver l'argent nécessaire.

Même préoccupation pour Alain Brunel (PCF) qui s'est également demandé quelle serait la situation des assurés qui voudraient sortir du panier imposé. "Il est probable que les tarifs vont alors exploser", a-t-il dit.

Également inquiète de voir "les mutuelles augmenter leurs tarifs", l'Insoumise Caroline Fiat a estimé qu'un 100% sécurité sociale aurait été préférable.

Édouard Philippe avait déclaré jeudi n'avoir "aucune raison a priori de ne pas croire en la parole donnée par les mutuelles", en réponse aux craintes d'augmentation de cotisations.

Partager cet article

Dans la même thématique

Sécu: l’Assemblée adopte « le reste à charge zéro »
3min

Politique

Venezuela : « Tout contrevient au droit international dans cette affaire », relève Sébastien Lecornu

Interrogé aux questions d’actualité au gouvernement du Sénat sur la stratégie de la France face aux velléités impérialistes des Etats-Unis au Venezuela et demain au Groenland, Sébastien Lecornu a rappelé que le prochain débat au Parlement sur le sujet, prévu dans les 15 jours, permettra d’aborder la question de l’autonomie stratégique de la France et de l’Europe.

Le

Retailleau travail
7min

Politique

« La fête est finie » : Bruno Retailleau veut supprimer les 35 heures, inciter à la reprise d’activité et plafonner les aides sociales pour relancer l’emploi

Le président des LR a présenté sa recette pour inciter au travail et permettre aux Français de gagner plus, faite de « zéro cotisation » au-delà des 35 heures, de plafonnement à 70 % du Smic des aides sociales et de relance de la réforme de l’allocation chômage. « Il faut changer totalement de modèle. Il va falloir renverser la table », prévient Bruno Retailleau.

Le