Sénatoriales : les surprises et les conséquences des trois partielles
Pour remplacer Jean-Pierre Raffarin, François Baroin et Henri de Raincourt, trois élections partielles avaient lieu dimanche. Elles ont souri aux centristes et pourraient changer le poids des groupes au Sénat, où le RDSE pourrait se retrouver devant le groupe LREM.

Sénatoriales : les surprises et les conséquences des trois partielles

Pour remplacer Jean-Pierre Raffarin, François Baroin et Henri de Raincourt, trois élections partielles avaient lieu dimanche. Elles ont souri aux centristes et pourraient changer le poids des groupes au Sénat, où le RDSE pourrait se retrouver devant le groupe LREM.
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Trois élections sénatoriales partielles avaient lieu dimanche, dans la Vienne, l’Aube et l’Yonne. Des élections causées par le retrait de trois sénateurs LR : Jean-Pierre Raffarin avait décidé d’arrêter la politique pour créer une ONG, François Baroin a choisi sa mairie de Troyes pour cause de cumul des mandats et Henri de Raincourt a démissionné de son mandat, trois ans avant son terme.

Alors que les trois sièges étaient détenus par LR, deux candidats centristes ont gagné. Dès dimanche soir, le groupe Union centriste du Sénat s’est félicité sur Twitter de ce résultat.

« Je me satisfais de ce résultat qui témoigne du dynamisme de nos candidats et de notre courant » réagit Hervé Marseille, président du groupe UC du Sénat, qui cependant tempère : « Il ne faut pas résumer tout cela à une stricte lecture politique, ce sont des partielles. Mais c’est un signe prometteur et encourageant. On avait eu de très bons résultats aux sénatoriales de septembre. Nous sommes le troisième groupe du Sénat et nous formons avec les LR la majorité sénatoriale ».

Le groupe RDSE devant le groupe LREM à la faveur des partielles ?

Le groupe centriste va-t-il passer 49 à 51 membres ? Pas encore certain. Si Dominique Vérien, élue dans l’Yonne, a confirmé à Hervé Marseille son intention de rejoindre le groupe UC, ce n’est pas encore le cas pour Evelyne Perrot, qui l’emporte dans l’Aube. Va-t-elle rejoindre le groupe UC ou le groupe RDSE, que certains sénateurs radicaux de droite ont déjà rejoint à la faveur du rapprochement avec les radicaux de gauche ? « Je ne sais pas encore » affirme à publicsenat.fr Evelyne Perrot ce lundi midi. « Il faut que je regarde d’un peu plus près tout ça ». « Plutôt de centre droit », elle est « UDI de cœur », mais n’a « plus (sa) carte ». « J’ai fait une campagne apolitique. Je n’avais aucune investiture et je ne suis rattaché à aucun parti » explique la nouvelle sénatrice, qui ne cache pas faire l’objet de « démarchage depuis ce matin »…

Si elle décide de rejoindre plutôt le groupe RDSE, son choix ne serait pas anodin. Il ferait passer le groupe RDSE devant le groupe LREM. Les deux groupes ont actuellement chacun 21 membres. Le groupe RDSE en aurait ainsi un de plus… Dans les faits, cela ne changerait pas grand-chose. Reste le symbole.

Vienne : un amateur de Punk remplace Jean-Pierre Raffarin

Le successeur de l’ancien premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, s’appelle Yves Bouloux. maire de Montmorillon, il a été élu au premier tour dans la Vienne. Plus de 1.000 grands électeurs se sont prononcés. Soutenu par Jean-Pierre Raffarin, Yves Bouloux est aussi président de l'association des maires de la Vienne. Deux bonnes raisons pour l’emporter. Philippe Brottier a fait 215 voix et Véronique Wuyts-Lepareux, candidate de La République En Marche, est arrivée en troisième position, avec 169 voix.

Bien que « sage, sobre et discret », cet ancien de l’UDF est, selon Centre Presse, « du genre à écouter du rock et de la musique punk et même à jouer de la guitare électrique. Se définissant comme un "sanguin qui se maîtrise bien" »… Punks not dead.

Aube : élection serrée avec une surprise à la clef

Surprise dans l’Aube, c’est la candidate de centre droit, Évelyne Perrot, maire de Dosches depuis 1995, qui l’emporte. L’élection s’est jouée dans un mouchoir de poche. Elle a battu le candidat LR soutenu par l’ancien ministre François Baroin. Depuis 2014, elle était pourtant la suppléante au Sénat du maire de Troyes…

Au premier tour, Évelyne Perrot et Bernard de la Hamayde (divers droite), sont arrivés en tête avec 288 voix, suivis d’Alain Balland avec 274 voix, qui était présenté comme le favori. Au second tour, Évelyne Perrot a été  élue avec 366 voix, contre 330 pour Bernard de La Hamayde et 240 pour Alain Balland.

Certains voient dans ce résultat une victoire du rural sur l’urbain. Mais interrogé par L’Est républicain, François Baroin ne partage pas l’analyse : « Nous avons un trop petit département pour se permettre un match urbain-rural. Cette élection s’est plutôt faite sur des critères personnels ».

Yonne : une UDI prend le siège d’Henri de Raincourt

C’est une membre de l’UDI, Dominique Vérien, qui l’a emporté dans l’Yonne. La sénatoriale partielle faisait suite à la démission de l’ancien ministre LR Henri de Raincourt, par ailleurs mis en examen dans l’enquête pour détournement de fonds présumé au sein de l’ex-groupe UMP du Sénat.

Là aussi l’ordre d’arrivée a changé entre le premier et le second tour. Comme le raconte France 3 Bourgogne Franche-Comté, le candidat divers droite Mahfoud Aomar est arrivé en tête au premier tour et Dominique Vérien seconde. Mais au final, c’est bien elle qui l’emporte avec 29 voix d’avance (389 contre 360) sur Mahfoud Aomar.

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